TdM


Guy Laflèche, Université de Montréal

TGdM

  • Prologues
  1. Le texte imprimé et le texte électronique
  2. L'« ILE » des simoniaques, un bel exemple
  3. Le copyright et le droit d'auteur, CONTRE !
  4. Historique des sites littéraires sur la toile
  5. Droit de reproduction sur la toile, POUR !
    1. Les cowboys de la toile selon A. Compagnon,
      alias Lucas, Sédallian et al.
    2. Gallimard, héros du droit d'auteur sur la toile
    3. Autopsie de l'« action Gallimard » contre le site Céline
    4. Index, notes et références
  6. La bibliothèque électronique de Google, POUR !
IMEC / Laflèche
Ref. Cabinet Pierrat (Paris)

Droits de reproduction sur la toile
(copyrights sur le Web)
dans les sites personnels sur les oeuvres littéraires

Droits de reproduction sur la toile (4)


Index, notes et références

 

Index des auteurs cités (bibliographie)

Alméras, Philippe — (44)
Archimbaud, Serge — (17)
Ballarin, Fabienne — (39)
Barbraud, Pascal — (3)
Bernard, Michel — (52)
Bodin, Magnus — (17)
Boué, Jérôme — (15) et (20)
Braffort, Paul — (16)
Chapman, Stanley — (17)
Compagnon, Antoine — (1) et passim
Dauphin, Jean-Pierre — (44)
Delcroix, Olivier — (39)
Denize, Antoine — (19)
Derval, André — (42)
Desvérité, David — (36) et (48)
Donnedieu de Vabres, Renaud — (53)
Esposito-Farese, Gilles — (17)
Feury, Stéphane — (17)
Fouché, Pascal — (44)
Fragomeni, Antonio Massimo — (34)
Gallimard, Antoine — (35)
Gallimard, Éditions Gallimard — (15) et passim
Gonod, Michel — (5) et (6)
Gübler, Claude — (5) et (6)
Heuré, Gilles — (49)
Hugenholtz, P. Bernt — (2)
Indart, Hélène Maurel — (30)
Institut « Mémoires de l'Édition Contemporaine », IMEC — (41)
Jeanneney, Jean-Noël — (51)
Kennelly, B. Gordon — (37)
Laflèche, Guy — (40), (41)
Laudelout, Marc — (37) et (39)
Lemarchand, Stéphane — (7) et suiv.
Leroy, Christian — (15) et (20)
Linglet, Monique — (26)
Lucas, André — (26) et (28)
Magné, Bernard — (19)
Maurel Indart, Hélène — (30)
Mollier, Jean-Yves — (1)
Mizio, Francis — (17), (20) et (32)
Ottetto de Grosseto (association) — (17)
Pallesco, Daniel — (17)
Pascal-Mousselard Olivier — (49)
Perec, Georges — (19)
Perroud, Pierre — (2)
Pierrat, Emmanuel — (41)
Queneau, Raymond — (19)
Radio Suisse Romande — (38)
Rebollar, Patrick — (39)
Roger, Philippe — (1)
Roubaud, Jacques — (16)
Rudolfink, Dr. — (17)
Sédallian, Valérie — (5) et suiv.
Smullyan, Jacob — (17)
Templeton, Brad — (2)
Thomas, Réjean — (17)
Thoumyre, Lionel — (22) et suiv.
Tonnellier, Marie-Hélène — (7) et suiv.
Vandendorpe, Christian — (30)
Verroust, Gérard — (16) et (17)
Warusfel, Bertrand — (29)
Zalmanski, Alain — (17) et (18)

Notes

(1) Antoine Compagnon, « Un monde sans auteurs ? », chapitre 13 du recueil de Jean-Yves Mollier, Où va le livre ?, Paris, La Dispute, 2000, p. 229-246. Antoine Compagnon est professeur à la Sorbonne de Paris (Paris IV) et à la Columbia University de New York. Ironie du sort, son premier livre, sa thèse de doctorat, porte sur les formes et les utilisations de la citation : la Seconde Main ou le Travail de la citation (Paris, Seuil, 1979, rééd. 1987, 1992 et 1998), tandis qu'il donne au moins depuis 2003 à la Sorbonne le cours de Théorie de la littérature : qu'est-ce qu'un auteur ? (cours de licence LLM 316 F2), dont la dixième leçon, « La disparition élocutoire du poète », porte sur le plagiat ! On en trouve le texte ou le synopsis sur le site de fabula.org, consulté le 5 janvier 2003 :

< http://www.fabula.org/compagnon/auteur10.php >.

Par ailleurs, c'est Antoine Compagnon qui présente, avec Philippe Roger, l'ouverture du numéro de Critique intitulé « Copier, voler : les plagiaires » (nos 663-664, août-septembre 2002).

(2) On aura vu au fil de l'historique du troisième prologue que la bibliographie est considérable à ce sujet, de sorte qu'on ferait bien de commencer par lire une mise en situation qui permet d'aborder du strict point de vue juridique une question à la fois précise et multiforme : The Future of Copyright in a Digital Environment, recueil préparé par P. Bernt Hugenholtz (La Haye, Kluwer Law International, 1996), éditant les actes du colloque d'Amsterdam de juillet 1995. Voir à également à ce sujet sur la toile le CONFU (The Conference on Fair Use) et les exposés de sites universitaires :

< http://www.uspto.gov/web/offices/dcom/olia/confu/ >,
< http://fairuse.stanford.edu/ >,
< http://www4.law.cornell.edu/uscode/17/ >,
< http://un2sg4.unige.ch/athena/perroud/plagiary/plagia_links.html  >.

Par ailleurs, il ne serait pas mauvais d'attirer l'attention des petits pirates des sites personnels sur l'exposé de Brad Templeton, « 10 Big Myths about copyright explained » :

< http://www.templetons.com/brad/copymyths.html >.

(3) « Pascal Barbraud a été arrêté vendredi 27 janvier [1996], parce qu'il avait été condamné à 3 mois de prison en octobre 1994 et qu'il n'avait pas effectué sa peine », Lyon Capitale, 31/01/1996. Information saisie sur la toile le 25/12/2002 :

< http://www.lyoncapitale.fr/anciens/26multi.html >.

(4) « Antoine Compagnon » (il faut des guillemets de protestation, car on ne peut pas dire que Compagnon soit l'auteur de cet extrait), « Un monde sans auteurs ? », op. cit. n. (1), p. 235. L'extrait cité est transcrit à peu près mot pour mot de Valérie Sédallian, dont le texte est cité ici à la suite et dont on trouvera la référence à la note suivante. On comprendra alors ce que peut signifier « pour complicité et recel d'atteinte »... On appréciera, évidemment, la parenthèse originale transformant un authentique criminel (dont on ne connaît toutefois pas le crime) en un mauvais payeur. Ce n'est pas Jean Genet qui apprécierait d'être confondu avec un inoffensif professeur négligeant de payer ses contraventions de stationnement ou d'excès de vitesse, voire les traites sur son ordinateur...

(5) Valérie Sédallian, Gübler, janvier 1996 (« Affaire résumée par Maître Valérie Sédallian »), dans Jurisprudence : France : résumés droit d'auteur et bases de données, juriscom.net. Les extraits cités ici ont été saisis le 1er décembre 2002 à l'adresse suivante :

< http://www.juriscom.net/txt/jurisfr/da/resum.htm >.

(6) Valérie Sédallian, ibid.. On trouvera sur la toile les démêlés du pauvre docteur Gübler avec la justice et la profession. Récemment, Gübler et Gonod ont lancé un « Wanted » sur la toile où ils permettent à l'APP de Paris de pendre haut et court ceux qui diffuseraient encore le Grand Secret, qui n'est plus un secret pour personne. Avis de recherche: « Claude GUBLER et Michel GONOD, coauteurs de l'ouvrage le Grand Secret, demande à l'APP de procéder aux constats de la reproduction et de la diffusion de tout ou partie de leur oeuvre sur Internet » (apparemment daté du 19.X.98). On trouvera cette menace ou cet avis de recherche à l'adresse suivante :

< http://www.iddn.org/gubler/ >.

Il ne fait pas de doute, évidemment, que le Dr Gübler a dû concéder cette invraisemblable et ridicule démarche à ses juges. Alors jusqu'à preuve du contraire, laissons le ridicule à la justice de la République.

(7) Marie-Hélène Tonnellier et Stéphane Lemarchand, « Droit d'auteur reconnu sur le net : première poursuite, première décision, première analyse », publié sur le site Legalis, Commentaire de l'ordonnance de référé - TGI Paris - 14 août 1996. Texte saisi sur legalis.net le 3 décembre 2002 à l'adresse suivante :

< http://www.legalis.net/jnet/commentaires/comm_ord_tgi_paris_14089 6.htm  >

(8) Antoine Compagnon, op. cit. n. (1), p. 235, copiant sans guillemets l'extrait du résumé juridique de Marie-Hélène Tonnellier et Stéphane Lemarchand dont on trouve la référence note précédente.

(9) Antoine Compagnon, ibid., p. 235, démarquant le texte de Valérie Sédallian cité à la suite et dont on trouve la référence note suivante.

(10) Valérie Sédallian, Brel et Sardou, 14 août 1996 (« Affaire résumée par Maître Valérie Sédallian »), dans Jurisprudence : France : résumés droit d'auteur et bases de données, site juriscom.net. Voir la n. (5).

(11) Ibid.

(12) Antoine Compagnon, op. cit. n. (1), p. 236. On précisera que la citation de première main, celle de Valérie Sédallian rapportée du jugement, n'a évidemment pas le même sens que sa copie de seconde main par Compagnon, où le collage de résumés, d'extraits et de citations empêche absolument de voir le contresens de la citation, devenue hors contexte.

(13) Ibid., p. 236.

(14) Marie-Hélène Tonnellier et Stéphane Lemarchand, op. cit. n. (7).

(15) Ce qui est un peu ennuyeux, en l'occurrence, c'est que nous tous, lecteurs obligés (au double sens du mot) des ouvrages de Gallimard, nous n'ayons rien à dire dans ces frais de bureaux d'avocats et de services juridiques et judiciaires, que nous finançons évidemment en achetant nos livres auprès de l'éditeur. Est-ce que l'entreprise (ses propriétaires et ses actionnaires) ne pourrait pas, ce serait la moindre des choses, commander un sondage, par une compagnie crédible, auprès de ses auteurs et de ses clients avant de se lancer dans de telles actions juridiques ? Est-ce que les dirigeants de Gallimard ne comprennent pas qu'ils ont un rôle social, dont ils sont redevables à leurs auteurs, à leurs clients et même à l'État français qui précisément leur accorde des privilèges auxquels doivent correspondre quelques devoirs ? S'agissant ici de la « protection des créations », des créateurs et de leurs lecteurs, il faudrait comprendre que le code civil de la République doit être au service de ses citoyens, comme Gallimard au service de ses oeuvres ! si je puis dire. En tout cas, ce sont deux étudiants qui sont poursuivis. Jérôme Boué soutient sa thèse de doctorat cette même année 1997, sous la direction de Jean Arlat, à l'Université de Toulouse (sciences appliquées, INP) : Test de la tolérance aux fautes par injection de fautes dans des modèles de simulation VHDL (elle porte comme on le voit à son titre sur le langage VHDL et plus particulièrement le langage MEFISTO, « Multi-level Error and Fault Injection Simulation TOol »). En ce qui concerne Christian Leroy, il a fait carrière en lettres classiques. Aujourd'hui enseignant au Lycée Henri-IV de Paris, il a publié deux livres remarqués, dont probablement sa thèse qui paraît l'année des affaires : les « Filles du feu », « les Chimères » et « Aurélia », ou la Poésie est-elle tombée dans la prose ? (Paris, Champion, 1997) et la Poésie en prose française, du XVIIe siècle à nos jours (Paris, Champion, 2001). — Cela dit, n'oublions pas le chef-d'oeuvre : Raymond Queneau, Cent mille milliards de poèmes, Paris, Gallimard, 1961, avec une postface de François Le Lionnais. Les CMMP ne sont que très accessoirement l'objet des « affaires Queneau » : c'est un joyau de l'Oulipo. On devrait pouvoir obtenir que Microsoft et Apple installent d'office un générateur des CMMP sur tous leurs ordinateurs, avec le chiffrier et le calendrier. En tout cas, Gallimard aurait tout avantage à négocier ce bon coup.

(16) Ce récit est de Gérard Verroust pour la liste Oulipo, le 13 février 2003 :

< http://quatramaran.ens.fr/mailman/listinfo/oulipo >,
[on peut consulter les archives sur abonnement].

Tandis que Verroust rédigeait son programme en assembleur sur un IBM 1620, Braffort le faisait en PAF sur un CAB 500, le tout évidemment « à l'admiration générale ». Cela se passait tout juste après la publication des CMMP, dans les années soixante. Une décennie plus tard, Gérard Verroust se souvient d'avoir donné à ses étudiants le devoir assez simple de produire le même programme en PL/I, tandis qu'il avait lui-même « développé » le programme dans un texte construit à partir de ses commandes successives en PL/I. Il commençait ainsi : « /*O ordinateur aux circuits diligents, va me chercher la */PROCEDURE: /* dont les */OPTIONS/*écrites à la */(MAIN) : /* génèreront des*/POEMES ; /*jusqu'à la fin des temps... ». Le moment fort de son récit, se souvient-il, était la création du monarque nommé Assubstranipal, dans le passage suivant du programme oulipien, d'une parfaite efficacité informatique et poétique : « /*As*/substr/*anipal*/ ». Paul Braffort et Gérard Verroust sont, entre autre chose, des informaticiens de la littérature, au sens radical de l'expression, évidemment. Paul Braffort a été élu à l'Oulipo dès 1962 (il publiera l'Intelligence artificielle aux PUF en 1968; puis récemment Science et littérature, Paris, Diderot, 1998-1999). Avec Jacques Roubaud, Gérard Verroust et quelques autres, il a fondé en 1981 l'Atelier de Littérature Assisté par la Mathématique et les Ordinateurs, l'Alamo, dont il est toujours le directeur scientifique. Voir l'exposé de Paul Braffort :

< paulbraffort.free.fr/litterature/alamo/alamo_avant_post.html  >,

de même que la description du cours de Gérard Verroust au département Hypermedias de l'Université Saint-Denis (Paris VIII) :

< http://hypermedia.univ-paris8.fr/Verroust/cours/TABLEFR.HTM  >.

(17) Voici les cinq réalisations actuelles du jeu des CMMP sur la toile (consultées le 16 février 2003), dont la première paraît en période de rodage  :

— Dr. Rudolfink, Allemagne :

< http://www.uni-mannheim.de/users/bibsplit/nink/test/sonnets.html   >,

— Daniel Pallesco, site de Serge Archimbaud, la Classe virtuelle, France :

< http://perso.club-internet.fr/archilam/Danquen2.htm > ,

— L'association Ottetto de Grosseto, Italie :

< http://www.parole.tv/cento.asp >,

— Réjean Thomas, Collège Édouard-Montpetit, Longueuil, Québec :

< http://pages.infinit.net/mou/ >
[le fichier n'est plus accessible en version html
ce 18 juillet 2005.]

— Magnus Bodin, Suède :

< http://x42.com/active/queneau.html >.

Ce dernier site propose également la traduction de chaque poème en anglais et en suédois. Par ailleurs, on trouve aussi actuellement sur la toile les CMMP dans la traduction anglaise de Stanley Chapman :

— Jacob Smullyan :

< http://www.smullyan.org/smulloni/queneau/ >.

Stéphane Fleury, dans un article encore inédit qu'il m'a communiqué (le 20 février 2003), parvient aux mêmes résultats qu'il commente et développe, pour conclure que le moins que l'on puisse dire est que la forme même des CMMP se prêtait à sa réalisation informatique. Jean-Marie Queneau est donc incroyable lorsqu'il affirme péremptoirement que les réalisations informatiques de Christian Leroy et de Jérôme Boué constituent « une dénaturation de l'oeuvre par sa seule diffusion mais aussi en raison de la manière dont elle a été diffusée, les 14 vers de Raymond Queneau tels qu'ils sont visualisés sur la page Web ne respectant pas la structure de l'oeuvre » (procès Boué) ou encore « une atteinte au droit au respect et à l'intégrité de l'oeuvre, motif pris que l'acte de diffusion entraîne ipso facto une dénaturation de l'oeuvre à raison de son insertion dans un cadre non neutre constitué par la page Web et qu'au surplus les vers reproduits et tels qu'ils sont visualisés ne respectent pas la structure même de l'oeuvre » (procès Leroy). C'est tout le contraire qui est vrai : la réalisation informatique des CMMP, soit avec des menus déroulants qui permettent de choisir les vers d'un poème, soit, à plus forte raison, la production aléatoire d'un poème, loin de dénaturer l'oeuvre en réalise radicalement la structure, incomparablement mieux que le livre, tout remarquable qu'il soit. Cela tombe sous le sens. Et c'est tellement évident qu'on peut se demander comment l'héritier des droits du poète a pu laisser des juristes (car il fallait au moins un avocat pour imaginer plaider la dénaturation ici !) lui dicter un tel « argument » dans son acte d'accusation, tant il contredit le caractère proprement oulipien de l'oeuvre en question et fait preuve, disons, d'une curieuse insensibilité à sa structure même. Je remercie les participants de la liste Oulipo de Quatramaran — cf. n. (16) — de m'avoir présenté avec la passion qu'elle se mérite l'histoire des réalisations informatiques des CMMP, en particulier Gilles Esposito-Farese, Francis Mizio, Gérard Verroust et Alain Zalmanski. Les archives de Quatramaran n'ont pas gardé trace des affaires Queneau de 1997. Les Oulipiens non plus ! Cela se comprend lorsqu'on lit les prouesses poétiques de gef et d'AZ plus propres à occuper l'esprit que l'argument juridique de dénaturation...

(18) Alain Zalmanski, section Queneau de Fatrazie.com, 16 février 2003 :

< http://www.fatrazie.com/MMPoemes.htm >.

(19) Antoine Denize, avec la collaboration de Bernard Magné, Machines à écrire, disque multimédia (Mac et Windows), Paris, Gallimard, 1999 : « Cent mille milliards de poèmes » et « Un conte à votre façon » de Raymond Queneau; « 243 cartes postales en couleurs véritables » de Georges Perec. Bio-bibliographies, présentations et mise en scène des oeuvres et jeux interactifs. L'un des quatre jeux produits à partir des CMMP devraient intéresser les juristes : « Bingo ». Il s'agit d'associer à la réalisation d'un poème « aléatoire » le poème « original » auquel est pris le plus grand nombre de vers. Soit une réalisation aléatoire, il faut tenter d'identifier, par exemple, les cinq vers qui appartiennent au poème numéro 2. Question : pourrait-on faire l'inverse ? Combien de lecteurs des réalisations automatiques des CMMP sur la toile, qui ne connaissent pas les poèmes originaux, parviendraient à reconstituer l'oeuvre originale par rapprochement de "citations successives" ? et en combien de temps ? — comme le demande avec humour et pertinence Réjean Thomas.

(20) Francis Mizio, « Queneau interdit de Web », Libération, cahier « Multimédia », 6 juin 1997, p. III. Je n'ai pu entrer en contact avec Christian Leroy et Jérôme Boué pour connaître leur version à ce sujet, mais à lire le compte rendu de Francis Mizio, qui avait interrogé les principaux acteurs des affaires Queneau, il est clair que Gallimard réussissait à rester sur son quant-à-soi, se retranchant derrière le droit de l'ayant droit ! D'après le journaliste, Gallimard se disait « embarrassé » par ces affaires.

(21) Antoine Compagnon, op. cit. n. (1), p. 236-237. Ce texte n'est pas donné entre guillemets et l'auteur, Lionel Thoumyre (voir note suivante), ni la référence n'en sont indiqués. Lorsque Lionel Thoumyre est cité en référence, au bas de la p. 237, à propos d'un autre extrait, la référence est copiée du résumé même de Thoumyre. On ne saurait donc trop conseiller aux auteurs de se citer eux-mêmes. Cf. n. suivante.

(22) Lionel Thoumyre, Queneau, Paris, 5 mai 1997 (« Affaire résumée par Maître Lionel Thoumyre »), dans Jurisprudence : France : résumés droit d'auteur et bases de données, site juriscom.net. Les extraits cités ici ont été saisis le 1er décembre 2002 à l'adresse suivante :

< http://www.juriscom.net/txt/jurisfr/da/resum.htm >.

TOUT le résumé, comme on le voit, est repris mot à mot par Antoine Compagnon, sans guillemets, ni attribution, ni référence explicite à ce texte au moment où il est ainsi recopié, p. 236-237. Sur toutes ces « affaires », on retrouvera facilement en bibliothèque les textes des jugements des tribunaux reproduits sur la toile; dans le cas de cette première affaire Queneau, on le trouvera par exemple dans la Revue internationale du droit d'auteur, no 174 (octobre 1997), p. 265-271.

(23) Antoine Compagnon, op. cit. n. (1), p. 237. Transcription sans guillemets, sans attribution ni référence au texte de Lional Thoumyre cité ici à la suite et dont on trouve la référence à la note suivante.

(24) Lionel Thoumyre, Queneau, Toulouse, 10 juin 1997 (« Affaire résumée par Maître Lionel Thoumyre »), dans Jurisprudence : France : résumés droit d'auteur et bases de données, site juriscom.net, op. cit., n. (22). TOUT le résumé, encore une fois, est repris par Antoine Compagnon, sans guillemets, sans attribution et sans sa référence, comme s'il en était l'auteur.

(25) Antoine Compagnon, op. cit. n. (1), p. 237, note 9.

(26) André Lucas interrogé par Monique Linglet, « La passion du droit d'auteur : André Lucas au coeur de l'environnement numérique », Expertises, no 206, juin/juillet 1997, saisi sur le site de celog.fr le 29 novembre 2002 à l'adresse :

< http://www.celog.fr/expertises/interview_lucas.htm >.

(27) Antoine Compagnon, op. cit. n. (1), p. 240.

(28) André Lucas, la Protection des créations industrielles abstraites, Paris, Librairies techniques, 1975; le Droit de l'informatique, Paris, PUF, 1987; Traité de la propriété littéraire et artistique (A. et H. Lucas), Paris, Litec, 1994; Droit d'auteur et numérique, Paris, Litec, 1998. Etc. ! On trouvera un sommaire de sa bibliographie à la suite de son entrevue par Monique Linglet, citée plus haut, n. (26). La dernière formulation de ses thèses, appliquée au domaine littéraire avec une remarquable érudition (juridique, évidemment, mais également littéraire) et une modération digne d'être imitée : « Le droit d'auteur et l'interdit », Critique, nos 663-664 (août et septembre 2002), p. 591-601.

(29) Les logiciels étant rédigés en « langage » informatique, et traduits en « langage » machine, ce sont donc des « oeuvres de langage » et susceptibles de la protection du droit d'auteur dévolue aux « écrivains ». Brevets d'invention et copyrights (ou droits d'auteur) garantissent théoriquement pour moitié, en France, la propriété intellectuelle des créations informatiques, l'autre existant de facto en vertu de l'action in rem verso, interdisant qu'on s'enrichisse des créations d'autrui. Comme on le voit, ce n'est pas un juriste qui rédige la présente note ! En revanche, je peux renvoyer à la bibliographie déjà considérable qui tente d'appliquer et d'interpréter (toujours en France) le droit d'auteur à l'informatique : Droit de l'informatique et des réseaux, Paris, Éditions Lamy, 2001, « Droit d'auteur et droits apparentés », par. 2528 et suiv., notamment p. 1436-1437. Voir la petite synthèse de Bertrand Warusfel, la Propriété intellectuelle et l'Internet, Paris, Flammarion (coll. « Dominos »), 2001, où la question du droit d'auteur sur les sites personnels est exposée dans la section « La sanction de la contrefaçon en ligne » (p. 31-36) : on y retrouve l'esprit des oeuvres d'André Lucas citées à la note précédente.

(30) Christian Vandendorpe présente le phénomène dans « Y a-t-il un plagiaire sur la toile ? », le Plagiat littéraire, textes réunis par Hélène Maurel Indart, Littérature et nation (Tours, Université François-Rabelais, no 27, 2002, p. 269-281). Mais s'agissant de ce que Vandendorpe appelle le « plagiat le plus banal et le plus médiocre » (p. 273), ces « plagiats de potaches » (p. 274), on pourra se demander maintenant si son étude n'est pas discriminatoire sur ce point, visant les seuls collégiens et étudiants, en épargnant par définition les professeurs...

(31) Antoine Compagnon, op. cit. n. (1), p. 238.

(32) Dans son compte rendu, le journaliste Francis Mizio, cité plus haut n. (20), évoque cette « affaire » qu'il situe l'année précédente. Dans ce cas, dit-il, Gallimard serait intervenu avec les règles de courtoisie en vigueur sur la toile (entendez : et non comme Jean-Marie Queneau, lançant une action judiciaire). Est-ce que ce site sur les Exercices de style aurait été de Xavier Leroy, aujourd'hui chercheur à l'Institut National de Recherche en Informatique et Automatique (INRIA) ? Je pose la question parce que je trouve sur le site de Réjean Thomas (en février 2003), section Queneau,

<http://pages.infinit.net/mou/ >
[le fichier n'est plus accessible en version html
ce 18 juillet 2005]

l'ancienne adresse suivante, aujourd'hui inactive, renvoyant aux Exercices de style et qui comporte le nom de Xavier Leroy (xleroy), soit :

< http://pauillac.inria.fr/~xleroy/stuff/style > — lien inactif.

(33) Je n'ai pu trouver aucune information sur cette intervention de Gallimard : ces allégations m'ont été rapportées par des correspondants qui n'avaient gardé aucune trace documentaire des faits. Je tiens toutefois ces renseignements de deux sources indépendantes, dont le témoignage de Julien Mannoni. Toutefois, je n'ai pu entrer en contact avec le responsable du site internet où serait intervenu Gallimard et qui est apparemment toujours l'héritier du travail de Mannoni sur la toile.

(34) L'échange de courriels se trouve sur le site consacré au Petit Prince par Antonio Massimo Fragomeni, consulté le 18 décembre 2002 à l'adresse suivante :

< http://www.am-soft.com/lprince.htm >.

(35) Que pour ma part, sous le coup de la colère (c'est le cas de le dire), j'ai longtemps considéré comme un coup de cochon. Encore aujourd'hui, comme on va le voir, je n'arrive pas à m'expliquer ce comportement d'une maison d'édition aussi prestigieuse. En tout cas, comme on le voit encore sur le site Céline, j'ai immédiatement écrit à monsieur Antoine Gallimard, aussi bien pour lui expliquer la situation que pour lui faire part de mes vives protestations.

(36) David Desvérité, « Louis-Ferdinand Céline ». Le site se trouve actuellement à l'adresse suivante :

< http://www.lfceline.fr.st >.

Le site n'est pas signé par David Desvérité — et on comprend aisément pourquoi. Cela n'a aucun rapport avec les menaces de poursuites judiciaires. S'agissant d'un site sur un auteur fanatiquement revendiqué par de dangereux extrémistes, il est assez attendu que, exceptionnellement, on n'affiche ni le nom de son auteur ni aucun renseignement qui puisse permettre de retracer facilement les coordonnées qui sont aussi celles des siens. On peut toutefois contacter aisément l'auteur (lfceline@fr.st) ou s'adresser au directeur du Bulletin célinien, Marc Laudelout (celinebc@skynet.be).

(37) On trouvera le texte de cette lettre au site Céline cité à la note précédente, au no 205 du Bulletin célinien (p. 23) et dans les fichiers du professeur Kennelly (qui en publie la photographie) sur son site consacré aux Entretiens avec le professeur Y, consulté à l'adresse suivante le 17 décembre 2002 :

< http://www.webster.edu/~kennelbr/entretiensprofy.htm >.

Contrairement aux sites Queneau probablement tués par Gallimard, nous avons beaucoup d'information sur le projet d'édition génétique de Brian Gordon Kennelly : voir B. Gordon Kennelly, « D'une édition numérotée à une édition numérique : pour réinventer les Entretiens avec le Professeur Y », le Bulletin célinien, no 205 (janvier 2000), p. 13-23; et « To Publish Without Perishing in the Digital Age », First Monday, vol. 5, no 8 (août 2000), publié à l'adresse suivante :

< firstmonday.org/issue/issu5_8/Kennelly/index.html >,

article saisi le 20 décembre 2002.

(38) Ce message de la Radio Suisse Romande se trouve sur le site Céline d'où je le saisis le 29 décembre 2002 :

< http://www.lfceline.fr.st >.

(39) Message saisi le 2 janvier 2003 au site Céline de David Desvérité (cf. note précédente). Voir Marc Laudelout, « L'IMEC réclame 10 000 francs par an au site Céline », le Bulletin célinien, no 219 (avril 2001), p. 3-4. Éléments du dossier de presse : « "Fric first", aurait dit Céline », le Libre Journal, no 232 (22 mars 2001), p. 21-22; Fabienne Ballarin interroge Marc Laudelout, « Le site Céline menacé ? », Rivarol, avril 2001; M. B., « Rouen : un Rouennais crée un site sur l'écrivain le plus décrié — Céline : 200 connexions par jour », Liberté Dimanche, 27 mai 2001; Olivier Delcroix, « Le site de référence sur Céline », chronique « Internet » du Figaro, 17 mai 200l. L'affaire est résumée sommairement, mais sur un ton très justement acidulé, par Patrick Rebollar dans les Salons littéraires sont dans l'Internet, Paris, PUF, 2002, 219 p., p. 77-78.

(40) Éditorial saisi en première page du site Céline sur Infonie, le 18 mars 2001, à sa première adresse (texte retiré depuis, comme on va tout de suite le voir) :

< http://perso.infonie.fr/garp01/ > — aujourd'hui :
< http://www.lfceline.fr.st >.

Comme on le voit au texte, David Desvérité était persuadé que l'IMEC espérait vraiment obtenir 10 000 francs par année de son site pour la reproduction des photographies. Pour ma part, je n'en crois rien, évidemment, mais dans mon indignation je n'ai pas mieux choisi mon vocabulaire que David Desvérité : où il parlait de « racket », j'ai parlé d'« extorsion » (dans la lettre de protestation dont il sera question à la note suivante — mais il faut dire que j'ai cru au début que la réclamation était effective et portait sur l'année écoulée). Personne ne conteste la légalité de la demande de l'IMEC, sur le plan strictement commercial, bien entendu : l'Institut peut fixer à sa guise ses droits de reproduction. Sauf que la loi du commerce ne fait pas nécessairement bon ménage avec la mission culturelle de l'Institut. Sans compter que 10 000 francs par année pour la reproduction de ces treize photos, par le site Céline d'Infonie...

(41) Je tiens ces informations de communications personnelles avec quelques rédacteurs du Bulletin célinien. La raison en est toute simple : au moment de l'action de l'IMEC, j'ai répondu à l'appel de protestation du bulletin auprès de l'IMEC, le 19 mars. Non pas, évidemment, pour contester la légalité de l'action de l'Institut, qui ne fait aucun doute, mais tout simplement pour faire part à ses responsables de mon appui énergique au site Céline, un site privé entièrement et gracieusement voué à la promotion de l'oeuvre de Louis-Ferdinand Céline. Il me semblait et il me semble toujours que l'Institut Mémoires de l'Édition Contemporaine contrevenait fâcheusement à sa mission culturelle en ne pouvant faire exception à ses pratiques commerciales en l'occurrence. Mal m'en prit, car j'ai reçu, aussi datée du 28 mars 2001, une superbe mise en demeure du Cabinet d'Emmanuel Pierrat, à titre de professeur de l'Université de Montréal. En réalité, mal en prit à l'IMEC, car la mise en demeure totalement infondée était de plus outrageusement diffamatoire à mon endroit, laissant croire que je pourrais m'opposer de quelque manière aux droits du Code de la propriété intellectuelle de la République. Comme le droit à la manifestation de ses opinions doit être également reconnu, je suppose, par le code civil de la République française, j'ai donc porté l'affaire à la connaissance du public sur la toile :

< http://mapageweb.umontreal.ca/lafleche/co/im.html >.

Ce dossier constitue aujourd'hui le corps du présent ouvrage.

(42) Plus qu'exceptionnel, ce comportement est particulièrement bizarre. Voyez par exemple celui d'André Derval, responsable des fonds Céline de l'IMEC. Il était en contact avec le site Céline d'Infonie, alors même qu'on y trouvait les treize photos incriminées, notamment pour demander qu'on corrige ou précise la présentation de la collection Céline de l'IMEC sur le site. Non seulement il n'a jamais été question des photographies de Céline avec lui, mais c'est justement lui qui aurait pu présenter le problème des droits d'auteur de la manière la plus civilisée... Or, voilà qu'après la démarche de l'IMEC et ses mises en demeure, ce même André Derval prend contact avec la direction du Bulletin célinien, en novembre et décembre 2002, pour lui expliquer que les chercheurs de l'IMEC seraient très heureux si elle reprenait l'habitude qu'elle avait avant cette malheureuse affaire d'offrir gratuitement un abonnement annuel du bulletin à l'IMEC. On ne manque pas de toupet à l'Institut !

(43) Référence de la note (31).

(44) Référence à la note (39). Référence complémentaire essentielle pour cette section : Jean-Pierre Dauphin et Pascal Fouché, Bibliographie des écrits de Louis-Ferdinand Céline, Paris, Paris VII : Bibliothèque de littérature française contemporaine, série « Bibliothèque L.-F. Céline » (coll. « Le graphomane »), 1985. — Je me suis souvent aidé de cet ouvrage pour dater les textes de Céline. Par ailleurs, pour situer correctement les pamphlets dans l'oeuvre de Louis-Ferdinand Destouches, on ferait bien de se reporter à la « thèse », car elle expose parfaitement bien les fait, de Philippe Alméras, Céline, entre haines et passion, Paris, Laffont (coll. « Biographies sans masque »), 1994. — C'est l'ouvrage qu'il faut lire, notamment pour situer la mythologie des « pamphlets » maintenue par Gallimard et les ayants droit de Céline.

(45) Message du 22 avril 1999 publié sur le site Céline, saisi le 18 décembre 2002 à l'adresse :

< http://www.lfceline.fr.st >.

(46) Plus encore, les éditeurs de Solus mettent au défi Gallimard de les poursuivre, considérant que ni l'éditeur ni les ayants droit de Céline n'ont autorité pour interdire la publication des pamphlets que Céline n'aurait jamais pu rééditer lui-même de son vivant, cela tombe sous le sens. Jamais, en revanche, il n'en aurait interdit la réédition si elle avait été possible. En tout cas, il ne peut exister absolument aucun droit moral « négatif », car ce ne serait pas aux ayants droit mais bien à la justice de poursuivre d'éventuels éditeurs des pamphlets et il est fort peu probable qu'ils soient condamnés ou que les pamphlets soient interdits de publication dans les circonstances actuelles. Je ne pense pas qu'on puisse considérer aujourd'hui la publication de Bagatelles comme un appel à la haine. Il s'agit d'un document historique, au même titre que Mon combat d'Adolf Hitler. Comme spécialiste de l'oeuvre de Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, je pourrais en tout cas témoigner que ce n'est pas en interdisant la lecture et l'étude de ses pamphlets qu'on aidera à combattre le racisme et l'antisémitisme ou à évaluer la pensée comme les faits et gestes des partisans du nazisme. En effet n'est-il pas paradoxal qu'on doive aujourd'hui, à l'aube du XXIe siècle, réclamer la libre circulation d'un document historique dont l'interdit fait justement le jeu du plus pur anachronisme ? La preuve en est que l'interdiction sert actuellement à promouvoir le racisme et particulièrement l'antisémitisme déclaré du site abbc.com, où le site solus prend place, puisqu'on lui donne à bon compte le bénéfice du courage, du bon sens, de la liberté d'esprit et de la vérité — et pire encore : la possibilité d'actualiser une idéologie méprisable de la manière la plus anachronique en donnant à Bagatelles pour un massacre un sens que le pamphlet de 1937 ne pourrait jamais avoir si on le trouvait naturellement et normalement en librairie, avec les autres oeuvres de Céline. Chose certaine, tout le monde peut trouver gratuitement les pamphlets de Céline à l'adresse suivante (site dont je vérifie à l'instant l'activité, le 4 janvier 2003) :

< http://www.radioislam.org/solus/ >.

Et c'est sans compter, évidemment, les éditions qui circulent depuis toujours en librairies spécialisées et les photocopies qu'on peut trouver partout, avec presque exactement le même impact idéologique. Honte en soit aux ayants droit de Céline et à leurs conseillers, honte en soit à Gallimard qui tolère ou favorise ce scandale intellectuel extrêmement pernicieux, promouvant l'antisémitisme primaire avec la bonne conscience hypocrite des bien-pensants.

(47) Message reproduit du site Céline, note (36).

(48) Message de David Desvérité à Gallimard en réponse à sa mise en demeure, reproduit du site Céline, note (36). Circonstanciée, un brin ironique, la réponse de Desvérité précise que son site existe depuis plus d'un an, que la référence s'en trouve dans le site Gallimard de Montréal, tandis que celui de Paris renvoie à un autre site, qui lui n'est pas inquiété; elle ajoute que les pamphlets circulent en édition pirate et qu'ils se trouvent en partie sur la toile. Je ne pensais pas, écrit-il « faire de l'ombre à votre maison d'édition en rendant accessible certains extraits de romans (Voyage au bout de la nuit et Casse pipe uniquement si vous avez pris le temps de le vérifier) ainsi que certains textes difficiles d'accès ».

(49) L'une des meilleures synthèses que j'avais pu lire sur la question était celle de Gilles Heuré et d'Olivier Pascal-Mousselard, « À l'assaut de la plus grande bibliothèque du monde », Télérama no 2888, 18 mai 2005, p. 11-18.

Dans la première version de cette analyse, mes sources étaient pour l'essentiel, le Monde, 22 janvier 2005, 17 et 18 mars, 27 avril; le Nouvel Observateur, 9 mai 2005, le Devoir, 15 (le Monde) et 16 (France-Presse) août 2005, 2 octobre. Pour la présente version (septembre 2007), j'ai utilisé pour l'essentiel la chronologie de Thierry Stoehr et de Sylvain Lhullier.

(50) Le 16 mars 2005, le président Jacques Chirac a convoqué à l'Élysée Jean-Noël Jeanneney et Renaud Donnedieu de Vabres sur la question de la « Bibliothèque virtuelle européenne ». Toute une affaire, une affaire d'État ! — Rappelons que Google est une compagnie privée états-unienne, dont le siège social se trouve à Mountain View en Californie; rappelons aussi que Google est un système de recherche parmi d'autres, bien d'autres, aussi puissant soit-il, informatiquement et commercialement. Normalement, le Saint Siège et l'Élysée ne devraient pas avoir à s'occuper de ses politiques éditoriales.

(51) Renaud Donnedieu de Vabres, « Google n'est pas la fin de l'histoire », le Monde, le 18 mars 2005.

(52) Jean-Noël Jeanneney, le Monde, 22 janvier 2005. Les interventions de l'auteur dans ce quotidien ont été reprises dans Quand Google défie l'Europe : plaidoyer pour un sursaut, Paris, Fayard sous le nom de « Mille et une nuits », 2005, 114 p.

Décembre 2002 — février 2003.
Première édition, 20 juin 2005.

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