TdM


Guy Laflèche, Université de Montréal

TGdM

  • Prologues
  1. Le texte imprimé et le texte électronique
  2. L'« ILE » des simoniaques, un bel exemple
  3. Le copyright et le droit d'auteur, CONTRE !
  4. Historique des sites littéraires sur la toile
  5. Droit de reproduction sur la toile, POUR !
  6. La bibliothèque électronique de Google, POUR !
    1. La République française contre Google
    2. La BNQ /les « BANQ » à l'ère de Google
    3. L'Encyclopédie de la Francophonie contre Wikipédia
    4. Le discours de la République : baroud d'honneur
IMEC / Laflèche
Ref. Cabinet Pierrat (Paris)

Droits de reproduction sur la toile
(copyrights sur le Web)
dans les sites personnels sur les oeuvres littéraires

La bibliothèque électronique de Google (1 bis)


La République française contre Google

— Bibliographie critique —

 

      On ne trouvera pas ci-dessous les références de mon analyse critique sur le discours de la République contre Google, mais bien les exposés complémentaires ou ceux que l'on peut lui opposer. Je n'en avais trouvé que deux lors de la rédaction de la première version de mon épilogue, ceux de Jean-Michel Salaün et d'Olivier Vilaça. Je consigne toutes celles que je trouve ou qu'on me signale, pour peu qu'il s'agisse véritablement d'analyse critique.

      Je commence toutefois par enregistrer les documents « Google », pièces maîtresses depuis qu'ils sont du domaine public, puis le panorama de formats-ouverts. Et enfin les ouvrages techniques sur les questions reliant l'informatique à la bibliothéconomie.



Préliminaires

1. Les pièces documentaires

Google/Université du Michigan, Cooperative Agreement between Google and the University of Michigan, [2004].

      Le document se trouve en version html sur le site de l'Université à l'adresse suivante :

< www.lib.umich.edu/michigan-digitization-project/michigan- digitization-project-umgoogle-cooperative-agreement >

Google/Université de Californie, Cooperative Agreement between Google and the University of California, 27 juillet 2006.

      Le document se trouve en version pdf sur le site de l'Université à l'adresse suivante :

< www.cdlib.org/services/collections/massdig/docs/ uc_google_agreement.pdf >

Google/Universités de l'Illinois, du Texas, de Virginie et du Wisconsin.

      Quatre autres contrats sont maintenant publics (en février 2009). On en trouvera les adresses sur le serveur de l'OCLC (avec une importante bibliographie) :

http://www.oclc.org/programs/ourwork/collectivecoll/massdigresour celist.htm

—— Ces contrats ont été rendus publics en vertu des lois sur l'accès à l'information. S'il s'agit de documents juridiques, qui doivent être interprétés adéquatement, ils n'en confirment pas moins clairement ce que les universités partenaires de Google disaient depuis le début (sur les coûts, les responsabilités, le respect des droits de reproduction et les droits de diffusion et de propriété des fichiers électroniques). En revanche, la comparaison des six contrats est extrêmement significative, notamment sur les droits des Universités qui, contrairement à ceux de Google, doivent être explicitement précisés (ne serait-ce que pour protéger le travail de la compagnie commerciale afin qu'il ne soit pas volé par des tiers). Ils sont de mieux en mieux protégés.

Google/Bibliothèque municipale de Lyon

medias.francetv.fr/bibl/url_autres/2009/11/27/59238762.pdf

      Le contrat a été rendu public par la ville de Lyon, à la suite d'une demande formelle d'accès à l'information, le 26 novembre 2009. Il se consulte sur France Culture 2. Ce contrat ne nous a rien appris. Il est dans la suite logique des contrats antérieurs, sauf qu'il n'empêche pas la bibliothèque de mettre ses fichiers, sur son site internet public, à l'investigation des autres systèmes de recherches. C'est encore une nouvelle percée des négociations avec Google.

      Le coût de l'opération étant entièrement aux frais de Google, depuis les scanners jusqu'aux assurances, il me semble qu'un droit exclusif d'exploiter commercialement les fichiers, réservé à Google durant 25 ans, ce n'est vraiment pas trop cher payé. Vingt-cinq ans c'est beaucoup, beaucoup trop ? Si l'on compte correctement, c'est quatre fois moins que le prétendu droit d'auteur qui s'étire durant 70 ans après la mort de l'écrivain, soit en moyenne au moins un siècle...


2. Données bibliographiques

formats-ouverts.org, « Dossier Bibliothèque numérique (européenne ou non) », document du 15 septembre 2005, mis à jour le 9 février 2007 (dernière entrée, 13 nov. 2007). Formats-ouvert de Thierry Stoehr et de Sylvain Lhullier a été fondé le 1er juillet 2004. Il se consulte à l'adresse suivante :

< formats-ouverts.org/ >

Attention : sur le site, il faut chercher « Bibliothèque numérique » dans la section Catégories (en bas de la colonne de gauche, avant les Archives), puis lancer la recherche (avec la commande « rechercher dans cette page » de son système de communication) « Dossier de synthèse ». On trouve alors une chronologie des diverses actions de la BNF en « réaction » à Google, conduisant à Europeana (2007-2008). Il s'agit d'une très précise et très précieuse chronologie commentée. Pour la seconde édition de mon analyse (septembre 2007), cet exposé factuel a remplacé toutes mes sources de la première édition et tous les documents que j'avais accumulés depuis.

Davie A. Vise et Mark Malseed, « A virtual library », the Google Story, New York, Delacorte Book (Randam House), 2005, 326 p., p. 228-239.

      C'est l'histoire factuelle et événementielle de la mise en place de Recherche de livres, 2002-2004, un chapitre de l'histoire de l'entreprise commerciale et intellectuelle de « Larry and Sergey ».


3. Informatique et bibliothéconomie

Alain Jacquesson et Alexis Rivier, Bibliothèques et documents numériques : concepts, composantes, techniques et enjeux, Paris, Électre (Édition du Cercle de la librairie), 1999, 377 p.

      Recherche de livres de Google ne figure pas dans l'édition originale de ce manuel d'introduction aux bibliothèques virtuelles et électroniques (je n'ai pas vu sa réédition de 2005). C'est pourtant là qu'on trouvera décrite la réalisation de ces bibliothèques, depuis la nature du document informatique jusqu'à sa mise en banque, en passant par la présentation des divers types de scanneurs. Du point de vue qui est le nôtre, un chapitre essentiel de l'ouvrage ne manque pas, dont le titre dit tout : « Mythes et limites des bibliothèques numériques » (p. 355-359). En effet, les bibliothécaires sont bien placés pour expliquer la nécessité de conserver et de donner accès aux livres et manuscrits originaux, d'abord parce que la version électronique est toujours un « filtre » de l'original et ensuite parce que l'étude bibliographique ne peut se réaliser que sur l'objet matériel (impositions, encres, papiers, filigranes, reliures, etc.). En revanche, ils sont également bien placés pour faire comprendre que « les bibliothèques ne maîtrisent plus comme auparavant leur devenir informatique » (p. 359), tout simplement parce que les normes bibliographiques se sont commercialisées et qu'avec l'avènement des bibliothèques virtuelles et électroniques les bibliographes ne peuvent ni contrôler ni ignorer les normes bibliographiques du marché, à moins de se couper du public (public, comme dans bibliothèque publique). Bref, les experts de la manipulation, de la conservation et du cataloguage des livres et des manuscrits, les bibliothécaires, doivent maintenant accepter de composer avec les règles de l'information bibliographique sur l'internet. Et le manuel de Jacquesson et de Rivier est là pour montrer qu'il n'y réussissent pas trop mal.

      La preuve en est que tout ouvrage d'ensemble sur la bibliothéconomie contient aujourd'hui son chapitre consacré aux bibliothèques virtuelles et électroniques, sans compter les nombreux ouvrages qui traitent exclusivement de la question. En voici, pour illustration, deux exemples récents.

      G. G. et Sudatta Chowdhury, Introduction to Digital Libraries, Cornwall, Facet Publishing, 2003, 359 p.

      Fabrice Dapy, éd., les Bibliothèques numériques, Paris, Lavoisier (coll. « Hermes Science Publications »), 2005, 220 p.


 Bibliographie critique

Courant, Paul, Au courant : Paul Courant's blog about librairies, economics, publics policy, and other stuff.

< paulcourant.net >

      Le site internet du professeur de l'Université du Michigan défend avec autant de rigueur que de vigueur le projet Recherche de livres de Google où il a engagé son université.

Ertscheid, Olivier, Affordance. Blogue d'O. Ertscheid, professeur à l'Université de Nantes, maître de conférence en Sciences de l'information et de la communication. Thèse remarquable publiée sur le site.

Affordance.info

      Au fil des ans, dans son blogue sur les questions bibliographiques liées à l'informatique, l'auteur a publié régulièrement des billets qui réagissaient aux informations de la presse quotidienne sur Google et sur son système de Recherche de livres, de sorte qu'il s'agit d'une importante bibliographie courante de la presse à ce sujet sur la toile. Pour le contenu des billets, les strates successives sont chaque fois articulées et développées. Voir par exemple son billet de la rentrée de l'automne 2009, le 24 septembre : « Scanne moins fort, y'a le petit qui dort ». Il s'agit, toutefois, de billets d'humeur, on ne doit pas l'oublier, ce qui correspond aux éditoriaux de nos journaux. Or, il s'agit aussi, mine de rien, du développement universitaire du discours de la République contre Google, dans l'esprit de son alter ego de Montréal, Jean-Claude Guédon. Du genre : « Bravo, Lyon ! Vous voilà complice d'un magnifique hold-up culturel ! » (4 septembre 2009), opinion qu'Olivier Ertscheid dit partager entièrement.

      Cela dit, si le discours est celui d'un universitaire, ce n'est pas pour autant un discours de niveau universitaire sur ces questions. La preuve en est qu'Olivier Ertscheid n'a jamais rendu compte, ni tenu compte, des ouvrages de Lucien X. Polastron sur son sujet. Il a beaucoup parlé de ses personnages, Jean-Noël Jeanneney et Bruno Racine, mais jamais il n'a présenté la moindre analyse critique de leurs ouvrages et entrevues. Au lieu de cela, Olivier Ertscheid radicalise les procès d'intentions mercantiles cachées contre Google sous le nom assez inattendu d'« eugénisme documentaire », qui désigne tout simplement la mort (présentée comme un suicide !) de la librairie et l'étouffement de la bibliothèque.

      Mais il y a une autre raison d'enregistrer le blogue Affordance dans la présente bibliographie sur le discours de la République contre Google. C'est la dernière références que l'on trouve à la fin des remerciements, à la toute fin du livre de Bruno Racine. Le président de la BNF sait utiliser les ressources de la toile. Un blogue est un site personnel où un quidam peut inscrire ses réactions, comme l'on sait. Bruno Racine y a donc écrit, noir sur blanc pour écran couleur que, non, il n'avait pas été désigné comme président de la BNF par la droite de Sarkozy, mais par la gauche de Chirac ! et que les questions informatiques et électroniques n'ont pas souvent de bonnes réponses politiques, de politique patriotique notamment ! Son intervention (auquel Olivier Ertscheid « répond » dans un message fleuve) ne pouvait évidemment pas prendre place dans son essai, s'agissant d'un excellent mauvais coup aux partisans de J.-N. Jeanneney et autres pourfendeurs de Google, dont Olivier Ertscheid lui-même, et sur son propre site.

      On peut même croire qu'il s'agit aussi, pour ceux qui savent utiliser correctement les systèmes de recherche sur l'internet, d'une référence au débat Laflèche/Bissonnette qui n'a pas eu lieu, et, plus précisément au présent essai, que n'importe qui trouvera avec deux noms propres « Google Laflèche et Europeana Bissonnette ». Bref, Bruno Racine n'est vraiment pas un petit nono.

Hancher, Michael, président, the Library of Google : Researching Scanned Books, session du congrès annuel du Modern Language Association of America, 29 décembre 2008.

      Ces trois communications au sujet de l'impact de Recherche de livres sur la recherche scientifique devraient marquer la conclusion historique de l'entreprise de Google, quel que soit son avenir. Si le système de recherche de Google n'était somme toute qu'un système parmi d'autres (et une grande réussite commerciale), il en va tout autrement dans le cas qui nous occupe, dès lors que la bibliothèque de Google dépasse les sept millions de livres. Et c'est le titre de la première communication qui le dit : les travaux sont maintenant datés, dans le calendrier grégorien des chercheurs, avant ou après Google. En tout cas (c'est la démonstration de L. Spiro), beaucoup de recherches faites avant l'apparition de Recherche de livres peuvent ou même doivent être refaites. Amanda French, « From Horse and Buggy to Hovercraft : My Research Before et After Book Search »; Lisa Spiro, « Dissertation 2.0 : Remixing a Dissertation of American Literature as Work of Digital Scholarship Using Google Books »; et Eleanor Shevlin, « When Is a Book Nor a Book ? Using Google Book Search ». Voir le résumé de ces communications à l'adresse suivante.

< mh.cla.umn.edu/MLA_SHARP.pdf >

Ichbiat, Daniel, « Secousses dans le monde de l'édition », Comment Google mangera le monde, Paris, L'Archipel, 2007, 265 p, p. 205-223, aussi p. 161-167,

      Les livres ont évidemment fait suite aux discours des notables, puis aux échos de la presse, sur les positions de la République dans l'affaire Google Print. Le discours de Daniel Ichbiah en est un bel exemple, même si le chapitre de son livre donné ici en référence est beaucoup plus sobre que ses communiqués de presse, articles et entrevues sur l'internet. Il est vrai que je pourrais donner également l'exemple du chapitre correspondant de l'ouvrage de Barbara Cassin, Google-moi : la deuxième mission de l'Amérique (Paris, Albin Michel, coll. « Banc public », 2007, 261 p.), chapitre intitulé « Des données sensibles - nos livres ! » (p. 185-225); mais dans ce cas, brouillon et nuances font trop mauvais ménage pour représenter sérieusement la pensée de la République. On ne comprend pas, finalement, ce que pense vraiment la philosophe sur la question qu'elle finit par traiter très approximativement en tant de pages.

      Avec Daniel Ichbiat, cela ne fait aucun doute, tout y est, y compris la rhétorique de l'Élysée, qui multiplie les coups d'ensensoir vis-à-vis de l'entreprise Google et notamment leur bibliothèque électronique. Mais l'auteur n'a pas l'intention de donner le bon Dieu sans confession à Page et Brin (c'est, en Amérique, Larry et Sergey), d'autant qu'ils ont refusé de le recevoir ! Justement, tout est là. Si, comme tout homme d'affaire, ces deux-là n'ont, heureusement, de compte à rendre à personne, sauf à leurs employés et à leurs actionnaires, il ne suit évidemment pas que nous sommes en face d'une dangereuse secte. C'est pourtant la théorie paranoïaque du complot. Sans aucune preuve à l'appui, Ichbiat suppose que Google enregistre systématiquement des données confidentielles et personnelles sur la vie privée de ses utilisateurs, que les ramifications de l'entreprises sont souvent cachées et qu'il s'agit d'un « quasi-monopole ». Je cite : « le quasi-monopole (!) de Google implique une prise de contrôle potentielle (!) sur la plupart (!) des communications : messagerie, téléphonie, actualités, diffusion de vidéos, distribution de logiciels, commerce électronique... Chaque requête émise par un individu serait (!) mémorisée, quel que soit (!) le service de Google utilisé (recherche, cartographie, lecture d'actualités...) » (p. 19). Lorsqu'un livre s'ouvre sur de si grossières affirmations, il faut comprendre que son auteur est en croisade. D'abord pour le présent : en proposant gratuitement ses logiciels payés par la publicité, Google mettrait à mal les pauvres programmeurs et petites entreprises de logiciels ! (blâme très original, jamais lu nulle part jusqu'ici : trouvez-moi donc une compagnie commerciale dont la vocation est de ne pas nuire à la concurrence, sauf dans l'empire napoléonien de la République française, bien sûr). Ensuite pour l'avenir : que se passera-t-il lorsque Google retirera ses billes, fera faillite ou voudra monnayer sa banque Recherche de livres ? (argument bien connu, celui-là : de quoi je me mêle ?).

      Cela dit, on se reportera au livre de Daniel Ichbiat si l'on veut un exposé contradictoire au mien. Mais je pense sincèrement qu'on sera déçu, car il répète le discours de la République sans le développer d'aucune manière, sans même y mettre de l'ordre. Alors, aussi bien lire Jean-Noël Jeanneney dans le texte original.

Miller, William, et Rita M. Pellen, Libraries and Google, New York, Haworth Press, 2005, 240 p.

      Rilk Anderson, Barton Callicott, Rachel Cooke, Rebecca Donlan, Mark Y. Herring, Robert J. Lackie, William Miller, Ronald Milne, Mark Sandler, Mary Taylor et Debbie Vaughim, une baterie de spécialistes passe en revue les questions (craintes et espoirs) soulevées par la tornade Google chez les bibliothécaires, notamment avec les projets Google Scholar (le célèbre système de Recherche d'articles spécialisés), dit Schoogle, et, bien entendu, le programme Recherche de livres. Tous les articles de ce recueil recoupent exactement le sujet traité ici, mais le surtitre de l'article de Recca Donlan et de Rachel Cooke est celui qui rend le mieux compte de ma position : « Running with the Devil : Accessing Library-Licensed Full Text Holdings Through Google Scholar » (p. 149-157). Alors que la majorité des professeurs de la Florida Gulf Coast University avaient beaucoup de réticences à travailler avec Google, ils l'ont finalement accepté sous la pression du public et de leurs étudiants, simplement à cause de la popularité du système de recherche. Que le résultat ait présenté des forces et des faiblesses, ils ne l'ont évidemment pas regretté. Il faut beaucoup d'entêtement et de mauvaise foi pour refuser ce qui est à la fois gratuit et populaire sous prétexte que le prix doit en être caché et qu'on le paiera cher un jour...

Polastron, Lucien X., la Grande Numérisation : y a-t-il une pensée après le papier ?, Paris, Denoël (coll. « Impacts »), 2006, 198 p.

      Plaisir de lecture assuré ? Mieux : bonheur de lecture vraiment rare. Le comique, l'ironie et l'humour de ce pamphlet sont au service d'un art littéraire gratuit, comme tout art dont celui d'écrire, sérieux, intelligent et d'une critique modante. L'entreprise Recherche de livres de Google et ses détracteurs seront passés à l'histoire, qu'on relira encore cet essai.

      Et il s'agit bien d'un « essai », c'est son défaut, soit une dérive qui nous conduit on ne sait trop où, à partir d'une dénonciation de la mise en place de la TGB François-Mitterrand, soit la BNF de Tolbiac (« le dinosaure aux pattes en l'air »). L'argent consacré à ce monstre préhistorique de l'âge moderne aurait suffit à scanner une bonne partie des collections de la bibliothèque, de sorte que le splendide édifice de la rue Richelieu aurait été suffisant pour accueillir, en son « temple », les « adorateurs du papier ».

      Toutefois, avant de se terminer en queue de poisson, l'essai aura eu tout le temps de présenter les forces et les faibleses de l'entreprise Recherche de livres de Google en regard d'un panorama des grandes bibliothèques virtuelles et électroniques, inventaire modeste, mais précieux (p. 106-114). Le tout, comme il se devait (l'ouvrage paru en mars 2006 est bien de son temps, 2005), en regard de l'« affaire » Google Print dans la République française, 2004-2005. On a droit à plusieurs points forts tout au long de ce développement : les précurseurs français du modèle de Californie guillotinés par la République, critique des projets « nationaux » et « européens », état sommaire des problèmes, des difficultés et des fermetures des bibliothèques, rapaces juridiques des copyriths sur la toile, etc. Et les points les plus passionnants sont dans l'« et cetera », bien entendu. Pas une page où l'on s'ennuie.

      Ses conclusions ? Pourquoi en voudriez-vous ? C'est simplement dommage que son livre s'arrête. Bon d'accord, il y en a une, si vous y tenez. Le Monde avait publié le 8 février 2005 un extrait de cet ouvrage alors en cours de rédaction sous le titre (inventé) suivant : « La BNF chez Google ? Chiche », et c'était bien la conclusion de l'article. Lucien X. Polastron a également prononcé une conférence à Genève le 29 avril 2005, qui était encore un plaidoyer pour que les Grandes Bibliothèques ne boudent pas l'entreprise de Google. Je ne connaissais pas ces deux exposés avant de les lire en annexes de son essai (le premier n'étant jamais cité dans l'Affaire de la République française contre Google, ce qui est tout de même extraordinaire). Bref, Polastron avait déjà fait connaître ses conclusions avant de publier son essai. Une bonne chose de faite. D'où le plaisir d'écrire à ce propos un texte qu'on ne lira pas pour d'autre raison, un bonheur de lecture, je l'ai déjà dit. Je vous ai parlé du style, de l'expression et de la rédaction de cet essai de langue française ? — Non. Je ne vais pas tout vous dire, sinon ce ne sera plus la peine de le lire.

Racine, Bruno, Google et le nouveau monde, Paris, Plon (coll. « Tribune libre) », 2010, 153 p.

      Il s'agit d'abord et avant tout d'une publication à visée politique, ce qui n'empêche pas l'ouvrage de figurer au nombre des exposés historiques et même scientifiques sur la question des bibliothèques électroniques.

      Le premier objectif de l'ouvrage est double. Il s'agit d'abord d'une réplique du président de la Bibliothèque nationale de France (BNF) à son prédécesseur, Jean-Noël Jeanneney. « Réplique » n'est pas le bon mot. Il s'agit plutôt de contrer l'entreprise de désinformation à laquelle J.-N. Jeanneney a présidé auprès de la classe politique et de la presse. Tout cela se passe en France, il ne faut pas l'oublier lorsqu'on étudie de discours de la République contre Google. Alors, un livre du directeur de la BNF pour contrer celui de son prédécesseur, c'est la moindre des choses. Or, sur ce plan, l'essai de Bruno Racine est vraiment bien fait. Pas une ligne de polémique, rien de pamphlétaire. C'est un grand commis de l'État qui s'exprime avec l'art d'un grand écrivain (je ne connais pas les romans ni les essais de Bruno Racine, mais je pense qu'on sera nombreux à les mettre sur nos listes de lectures). Oui, il vise directement le dithyrambe de Jean-Noël Jeanneney et il le dit très explicitement, mais cela est de l'ordre de l'enregistrement (p. 58-59, 99-101 et 111), particulièrement en ce qui concerne les critiques aberrantes sur le « vrac », censé caractériser le programme de Google en regard de celui de Gallica. De façon plus générale, mais cela dépasse de beaucoup J.-N. Jeanneney, c'est le discours patriotique de la République contre les États-Unis de Google qui est tout simplement étouffé, étranglé et mis à mort de deux ou trois coups de plumes (p. 47, 52, 54 et 97 : c'est assez). Et tout cela se fait tranquillement, sans hargne et sans rire. Cruel.

      Mais la visée politique ne consiste pas seulement à rétablir le bon sens dans l'analyse des faits. Elle consiste à exposer la stratégie politique de la France, du ministère de la Culture et de la BNF vis-à-vis de Google. Bruno Racine, à titre de président de la BNF, a choisi d'énumérer publiquement les atouts qu'il croit avoir en main, en espérant établir d'ici trois ou six ans un partenariat efficace avec la compagnie de Californie. Comme il s'agit de négociation (politique), je peux désigner rapidement les cartes que le haut fonctionnaire croit avoir dans son jeu. Sa carte maîtresse, c'est évidemment Gallica, qui compte environ un million d'entrées (mais beaucoup moins de livres), le plus grand budget d'Europe pour scanner les livres des bibliothèques de France au cours des trois prochaines années (mais ce n'est, objectivement, que 500 000 livres, dont la moitié de la BNF, ce qui n'est à peu près rien). Plus, la bonne volonté ! Et le plus extraordinaire, c'est qu'il s'agit là de son meilleur atout. Non seulement Bruno Racine n'est pas en guerre contre Google, mais il est assez intelligent pour comprendre qu'il serait du plus haut intérêt de la compagnie de s'entendre avec la BNF, en procédant par des projets cumulatifs. Le prestige de la BNF vaut son prix.

      Cela dit, nous sommes ici dans le cadre d'une négociation à livre ouvert. Or, dans son essai, le raisonnement de Bruno Racine affiche deux évidentes faiblesses, sont la première est de bonne guerre. Il ne peut pas admettre, bien entendu, que c'est la BNF qui est « demanderesse » : seul Google peut scanner rapidement et efficacement ses fonds. Il n'y a aucune autre alternative actuellement. Il y a une certaine naïveté politique (je crois que cela existe) à vouloir embrigader les divers pays d'Europe dans un « protocole » qu'on (c'est-à-dire la France) imposerait ensuite à Google. Mais c'est de bonne guerre, je l'ai dit. En revanche, et là c'est tout simplement inquiétant, Bruno Racine répète souvent dans son essai que les contrats de Google avec ses partenaires bibliothécaires sont secrets et inconnus (p. 51 et 115, notamment). Le président de la BNF serait-il le seul à ignorer que ces contrats ont été rendus publics au fil du temps et sont maintenant du domaine public ? à finir par celui de la bibliothèque municipale de Lyon, dévoilé le 26 novembre 2009. Ce manque d'information explique plusieurs des erreurs de fait qu'on trouve tout au long de l'ouvrage sur les rapports de Google avec ses bibliothèques partenaires et notamment sur la propriété et l'usage de leurs fichiers informatiques. Mais ce qui ne s'explique pas, c'est la question de savoir comment le président de la BNF peut avoir déjà entrepris des négociations avec Google sans avoir en main ces contrats publics, sans que les services juridiques de son institution ou du ministère de la Culture ne les aient déjà décortiqués, pour en trouver les failles et pour y localiser les clauses à revoir en fonction des intérêts propres de la bibliothèque nationale.

      Cela dit, le dossier est à verser au débit du discours de la République contre Google, précisément parce qu'il ne s'agit nullement d'un plaidoyer faisant l'apologie du programme Recherche de livres de Google. « Google livres », comme le désigne en abrégé Bruno Racine sur le modèle de « Google books », est une affaire qui ne concerne pas l'État français, pas plus que n'importe quelle autre entreprise privée de par le monde. La République a d'ailleurs fait la preuve, avec Europeana (2007-2008), qu'elle ne pouvait même pas lui faire concurrence. Dès lors, Bruno Racine se demande simplement, et même timidement, pour ne pas heurter les enfants de la patrie, si Google ne pourrait pas aider la BNF à remplir sa mission, après que la bibliothèque de Lyon ait répondu par l'affirmative.

      Du point de vue journalistique et historique, Google et le nouveau monde est un document essentiel à l'analyse du discours de la République contre Google. Il faut y voir, je présume, le cri du coeur des responsables et des travailleurs de la BNF qui ont dû, sous le règne de Jean-Noël Jeanneney, subir l'opprobre des insanités véhiculées par l'intelligentsia et la presse de France. Les bibliothécaires, je le sais d'expérience, sont à tous les niveaux des gens sensibles aux lecteurs de leurs livres, c'est aussi simple que cela. En ce sens, les Jean-Noël Jeanneney et Robert Darnton ne sont nullement des bibliothécaires. Bruno Racine, oui, est l'un des leurs.

      Son essai se développe en neuf chapitres, de la grande et de la petite histoire de l'imprimerie et de l'informatique jusqu'aux politiques des bibliothèques électroniques que la BNF et le ministère de la Culture se proposent de mettre en oeuvre. Les deux premiers chapitres comparent judicieusement (et presque polémiquement) les révolutions du livre industriel (trois siècles, de Gutenberg à la grande presse industrielle du XIXe siècle, en passant par les Lumières) et du livre électronique (révolution éclair, qui n'a pas trois décennies). Vient ensuite le chapitre le plus modeste, mais le plus original : le président de la BNF expose, organismes à l'appui, la question qui remplace de plus en plus le casse-tête des espaces physiques de la bibliothèque traditionnelle, celle de la cueillette des données informatiques, notamment sur l'internet, et le coût de leur protection et de leur conservation. Les catalogues des bibliothèques, les collections de livres virtuelles, les collections et bibliothèques informatiques prennent de moins en moins d'espace, mais coûtent de plus en plus cher à gérer, non seulement à cause du renouvellement incessant des systèmes d'exploitation et de recherche, mais tout bonnement, et c'est ce que présente fort bien le chapitre 3, leur préservation.

      Le centre de l'essai développe le sujet désigné par le titre, le nouveau monde de l'informatique pour les bibliothèques créé sous l'impact de Recherche de livres de Google : « La révolution Google », « Google, l'éditeur et l'auteur » et « Google et la crainte du monopole » (chapitres 4 à 6). On ne sera pas surpris de lire au fil de ces pages un petit historique de la compagnie Google (avec une démonstration sommaire dédiabolisant le programme de recherche avec deux tests fort simples, l'un sur Corneille/Racine, l'autre sur la Révolution française, pour montrer que le système ne brûle pas les doigts de la Francophonie); un historique de la mise en place du projet Recherche de livres; un sommaire de la situation judiciaire en décembre 2009; et, surtout, une présentation rigoureuse de la nature des entreprises de Google en regard de sa bibliothèque électronique, soit, tout simplement, son fonctionnement économique, soit le « service public » à « financement publicitaire » : une forme du « capitalisme cognitif ». Rien de cela ne fait peur à Bruno Racine et il a bien raison. On a bien assez de combats à mener, sans en lancer aucun d'avance sur simples appréhensions.

      Les deux derniers chapitres de l'essai, je les ai déjà présentés implicitement, car ils exposent les politiques actuelles de la BNF, d'une part en ce qui concerne les oeuvres du domaines publics (pompeusement qualifiées de patrimoniales), et d'autre part pour les oeuvres protégées par le copyright. Inutile de dire qu'on ne retrouvera pas, chez le directeur de la BNF, l'ardent opposant que je suis aux privilèges éhontés des prétendus « droits d'auteur ». En revanche, sur ce point, il est vraiment étonnant de constater que la participations des éditeurs au projet Recherche de livres de Google tient à une ligne dans cet essai : page 50, 12e ligne ! Pour qui a fréquenté un tant soit peu Recherche de livres, il y a là un évident déséquilibre en regard des pages consacrées à la présentation sur Gallica des éditeurs français scannés par le Centre national du livre (17 000 livres, franchement, on devrait oublier cela, car le programme de Google compte aujourd'hui bien plus de 17 000 éditeurs, deux fois plus !).

      Le plus mauvais chapitre de l'essai est le septième, « Splendeurs et misères d'Europeana ». Il faut dire que le président de la BNF aurait besoin d'un petit cours 101 sur la différence qu'on doit faire entre les bibliothèques virtuelles (Europeana et, encore largement, Gallica) et les bibliothèques électroniques. D'autant qu'il confond un portail et un serveur. Mais je pense que cela ne porte pas à conséquence et s'explique facilement. Le responsable de la BNF ne peut pas dire comme moi la vérité, à savoir que l'essai anti-Google que fut l'Europeana de Jean-Noël Jeanneney (2007-2008) n'aura été qu'un petit pet informatique, qui aura gaspillé beaucoup d'énergie et de fonds publics. Le portail qu'on connaît aujourd'hui est tout simplement la reprise du programme d'European Library, qui était sur l'internet depuis 2005. La France y occupe aujourd'hui la moitié de l'espace, mais c'est simplement le corpus de Gallica et des autres ressources françaises, comme celle du Louvre. Europeana (2008-2011) n'a absolument aucun rapport avec une bibliothèque électronique, d'autant que tout cela se consulte pour l'essentiel en mode image : c'est un petit musée, une bibliothèque ou plutôt des morceaux de bibliothèques virtuelles. Cela dit, en négociation avec la compagnie Google, une déclaration du genre : « On a notre Gallica, on a même un Europeana, alors, attention, on pourrait bien se passer de vous, Google ! », voilà qui est de bonne guerre, je le répète encore, même si l'argument aura plus d'impact auprès des enfants de la patrie que des citoyens états-uniens, commerçants de la Californie, spécialistes de la bibliothèque électronique, qui eux ne s'y tromperont pas.

      Si l'on oublie ce mauvais chapitre sur Europeana, on peut encore compter quelques fautes. La plus importante, à mon sens, est très fréquente. Elle consiste à imaginer que l'avenir du livre est dans l'informatique, après l'avenir bien passée du manuscrit. C'est le modèle vélo-moto-auto. Le président de la BNF ne sait pas que le livre est là pour rester, et qu'il a devant lui un avenir où ne figure pas le livrel ou la liseuse de textes virtuels ou informatiques. Lorsqu'on atteint un sommet, son policier en livre de poche, il est là pour rester, bien entendu. Ce qui n'empêche pas qu'il continuera d'évoluer, mais ni plus ni moins que nos vélos. Autre chose. En ce qui concerne Google, il est plutôt comique de voir Bruno Racine reprendre la grande question de l'« algorithme » (p. 57) secret ! Il existe quelques dizaines de systèmes de recherche sur l'internet, sur les fichiers informatiques de nos ordinateurs et sur les réseaux privés. Il n'y a aucun mystère là-dedans, s'agissant d'abord et avant tout de recherche de chaînes de caractères qui se mesurent à leur efficacité (la recherche d'« images » est encore balbutiante). Autre chose encore, autre accusation : évoquer le profilage des utilisateurs par Google, en dehors de toute preuve ou condamnation judiciaire, ne me paraît pas correct.

      De bons points et quelques fausses notes à la fois. Bruno Racine explique que la question du désordre apparent de la bibliothèque électronique est un faux problème (p. 62 et suiv.), puisqu'il ne s'agit pas de classer des livres, physiquement, sur des rayons, mais simplement de les mettre en banque, alors que l'avenir sera dans les systèmes de recherche qui permettront de les traiter de plus en plus efficacement. En revanche, il n'explique pas l'évidence, en ce qui concerne la recherche « en bibliothèque » en regard de celle qu'on mène « dans une bibliothèque électronique », alors qu'il a la réponse sur le bout de la langue : les occurrences obtenues par le système Recherche de livres de Google correspondent tout simplement aux pages et fragments que l'on a sous les yeux lorsqu'on feuillette un livre, en librairie ou en bibliothèque, rien de plus, rien de moins. Sauf que le processus est inversé. En bibliothèque électronique, on feuillette des livres qu'on n'a pas encore pris en main. Il faudrait trouver un mot pour désigner le contraire exact de feuilleter : parcourir les pages d'un objet inconnu, sans savoir de quoi il peut s'agir. Comme j'ai l'habitude de le dire, cela peut permettre de trouver plus vite plus de livres qu'on a plus de temps pour lire ! Mais la méthode traditionnelle, l'inverse, a déjà fait ses preuves. Bruno Racine ne sait probablement pas, adepte de la première (feuilleter), qu'il est en fait un battant de la seconde (défeuilleter). En tout cas, grâce à lui, la BNF pourrait bien changer de cap (ce dont il ne se doute pas) pour passer de la bibliothèque virtuelle à la bibliothèque électronique. Disons-le simplement, d'Europeana à Google.

      On verra dans douze ou quinze ans, même si son mandat doit être renouvelé tous les trois ans, s'il aura été un bon stratège politique. Bruno Racine n'est ni pamphlétaire ni polémiste, mais il désigne tout de même deux fois les « idéologues » (p. 73 et 128). Je ne connaissais pas l'emploi du mot en ce sens. Pour moi, c'est plutôt lui, l'idéologue, ses adversaires n'ayant pas deux idées. Il est vrai que je suis hégélien et que j'exige qu'un raisonnement en compte au moins trois, sous la forme de trois propositions. Bref, Bruno Racine est un fameux idéologue, capable d'articuler un excellent discours d'État, avec la maîtrise d'un écrivain.

—— Bibliographie

Jean-Louis de Montesquiou, « Google is not evil ! », BooksBlogs, 3 mai 2010.

Salaün, Jean-Michel, « Bibliothèques numériques et Google Print », Regards sur l'actualité (« La documentation française », à paraître le 1er décembre 2005, prépublication sur la toile à l'adresse suivante :

ArchiveSic
< archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00001576.html >

La première partie de l'article présente l'entreprise Google; la seconde recoupe le sujet du présent épilogue, soit le projet de Google et les attaques de ses opposants (avec les références précises aux documents de première main); toutefois, l'article se termine bien mal, avec une énumération de généralités moralisatrices et une classification fort approximative des « bibliothèques en ligne ».

      On peut à bon droit se méfier d'un pamphlet intitulé « La République française contre Google » et je me méfiais de moi-même avant de lire l'excellente analyse de Jean-Michel Salaün intitulé « Bibliothèques numériques et Google Print ». Certes, son analyse paraîtra à première vue plus pondérée que la mienne, mais cela tient simplement au fait qu'il intériorise les critiques infondées visant le projet de Google. Ainsi s'interroge-t-il sur la « pérennité » du projet de Google (de quoi je me mêle ?), y voyant des intérêts commerciaux et industriels (opposés aux intérêts « politiques » et « culturels », évidemment : de quoi je me mêle ?), allant jusqu'à s'interroger sur la pertinence de « privatiser (sic !) des index qui ouvrent l'accès à notre patrimoine culturel » ! — de quoi je me mêle ? Le tout doublé, bien entendu, d'une opposition des conceptions latine et anglo-saxonne — c'est-à-dire française et californienne ! disons-le, ou plus précisément des shérifs de la République contre Google, comme je le dis plus justement je crois, ce qui correspond très simplement aux shérifs et aux novateurs de la toile : rien de latin ni d'anglo-saxon là-dedans, et ciel ! laissons ce racisme aux dirigeants et fonctionnaires de la République.

Valensi, Michel. « Petit traité plié en dix sur le lyber », Libres enfants du savoir numérique, Paris, Éditions de l'Éclat, avril 2000; « Les petits éditeurs votent Google », Libération, 7 juin 2006 (le titre n'est pas de l'auteur, mais du quotidien); « Faut-il une grande cuillère pour signer avec Google ? », article en version préliminaire (20 septembre 2006) à paraître dans les Cahiers du Syndicat de la librairie française.

      Défense et illustration de Recherche de livres de Google par le directeur des éditions de l'Éclat (l'entente de l'éditeur français avec Google est du 25 août 2005). Il faut dire que les éditions de l'Éclat étaient probablement sur l'internet bien avant le projet de Google.

Vidal, Jérôme, « La révolution numérique et l'avenir du livre », chap. 3 de Lire et penser ensemble : sur l'avenir de l'édition indépendante et la publicité de la pensée critique, Paris, Éditions Amsterdam, 2006, p. 83-92.

      Présentation de l'implication des éditions d'Amsterdam sur l'internet. Si l'on imaginait que le présent épilogue de mon dernier prologue est le moindrement agressif, on ferait bien de lire ce chapitre où Jérôme Vidal accuse Jeanneney de désinformation et de tartufferie (notamment p. 86-88), avec une rare virulence.

Vilaça, Olivier, « Google Print : changement de support ou changement de paradigme ? », EspacesTemps.net, 1er novembre 2005 et 5 février 2006 :

< espacestemps.net/document1684.html >

      Introduction simple et efficace aux fonctions de Recherche de livres de Google telles qu'on pouvait les exploiter à ce moment. Tout ce qu'ignoraient alors le président de la République et son ministre de la culture et de la communication.


10 octobre 2005
15 septembre 2007
25 janvier 2009
12 juillet 2010.

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