El bozo
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Édition critique interactive
des Chants de Maldoror du comte de Lautréamont par Isidore Ducasse

sous la direction de Guy Laflèche, Université de Montréal
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Édition

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Deux entrées pour les lecteurs pressés:

Maldoror
Lautréamont

Éditorial

Ce travail est une édition critique

Cinquième envoi : voici la mise en orbite de la septième strophe des Chants de Maldoror éditée en 2001.

La dernière fois, j'ai expliqué dans quelle mesure un travail en cours et interactif est forcément un « brouillon ». C'est même le complexe du brouillon, le négatif du syndrome de la page blanche. Je me défendais évidemment contre l'inquiétude bien compréhensible de mettre ses fautes sur l'internet à la portée de tous et en particulier de ceux qui ne vous les pardonneront pas et même s'en moquerons. Mais l'antidote est un autre complexe bien connu sous le nom d'exhibitionnisme. Toute une pseudo-science bien digne du Bel âge (les anglo-saxon disent New Age, mettant ainsi le Bel âge à l'avant-garde) s'est construite là-dessus en exploitant les brouillons des écrivains : la CGMM.

Cette fois-ci, je veux profiter de l'éditorial pour expliquer une difficulté bien plus importante du travail interactif en cours, précisément dans le cas d'une édition critique véritable. Car on ne compte plus aujourd'hui les prétendues éditions qui n'ont de critique que le nom. La question est liée à la dynamique du travail de recherche, c'est-à-dire au fait tout simple que l'édition prenne en quelque sorte le contrôle des opérations de l'éditeur.

Voici ce qui vient de m'arriver et dont je dois malheureusement vous présenter MAINTENANT les conclusions, alors que j'aimerais bien ne pas vous en dire un seul mot avant des mois et des mois de réflexion. De préférence dans deux ou trois ans, lorsque j'aurais moi-même réussi à les intérioriser complètement. L'affaire est simple et se trouve expliquée en long et en large dans la note (p) du commentaire de la strophe 1.7 : l'analyse littérale (dont on trouve la liste des opérations ci-dessous, en appendice) me conduit à une toute petite découverte qui implique une correction majeure de la lettre du texte d'Isidore Ducasse, comme je ne n'en avais jamais faite jusqu'à maintenant. Elle change rien de moins que la longueur de la dernière réplique de la strophe, entre guillemets, et la signification d'un fragment de l'oeuvre. Lorsque j'ai fait cette découverte, au beau milieu de la semaine dernière, c'était pour moi une véritable catastrophe. J'ai mis au moins deux jours à essayer en vain de me prouver que je me trompais, puis toute une fin de semaine à me désintéresser complètement de mon travail. Mais après quelques jours de dépression et de décompression, il a bien fallu faire face à la réalité, à tête reposée.

Ce n'est pas moi qui décide des résultats de l'analyse et la critique implique le courage de ses convictions scientifiques et celui des intuitions de son sentiment littéraire. C'est la lettre du texte d'Isidore Ducasse que je veux établir et non reproduire ce que l'on a cru tel jusqu'ici. C'est donc la mort dans l'âme que je me suis décidé, avant-hier, mardi, le 6 mars 2001 (ah ! quelle journée !), à déplacer la fermeture des guillemets et à rédiger ma fameuse note (p).

Aujourd'hui, je me délivre complètement de l'angoisse, avec ce fragment autobiographique. Car il ne faut pas s'y tromper : la peur de l'erreur compte pour bien peu en regard de la véritable difficulté, celle d'accepter les résultats du travail de l'édition critique, lorsque ceux-ci changent notre lecture du texte. Car l'édition critique, forcément, cela demande du travail d'analyse critique et de l'esprit critique, et surtout le courage d'en accepter les conclusions imprévues, imprévisibles et surprenantes qui nous forcent à sortir du confort de ce que l'on avait toujours lu et cru avant l'analyse.

Bref, l'édition critique n'est pas de tout repos ! J'espère que vous accepterez plus facilement que moi les résultats de ma propre analyse...

Guy Laflèche,
8 mars 2001

Comme j'en suis maintenant au centre du Chant I, ayant édité sept strophes sur quatroze et que les deux plus longues et probablement les plus difficiles sont à venir, j'ai fait une petite pause. Pour le plaisir de la chose, j'ai pris quelques jours pour rédiger comme promis une version à jour du Dante de Ducasse.

G. L., 13 mars 2001.

Post-scriptum

[Même post-scriptum qu'à l'éditorial précédent].

       
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