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Édition critique interactive
des Chants de Maldoror du comte de Lautréamont par Isidore Ducasse

sous la direction de Guy Laflèche, Université de Montréal
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Édition

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Deux entrées pour les lecteurs pressés

Maldoror
Lautréamont


Éditorial


« L'étude des hispanismes. — Il [Guy Laflèche] a été l'un des premiers à en souligner l'importance dans le texte de Lautréamont. L'accord s'est fait aujourd'hui pour reconnaître leur présence. Est-elle aussi constante que le dit M. Laflèche ? Les Chants de Maldoror sont-ils un « texte entièrement pensé en espagnol AVANT d'avoir été ensuite rédigé en français » comme il l'écrit ? Seul son travail achevé permettra de répondre à ces questions. Il nous demande d'accepter l'idée que nous n'avons à peu près rien compris au texte jusqu'à présent, ce qui naturellement est difficile à concevoir a priori. L'enjeu est donc de taille, et radical, puisque c'est plus d'un siècle de recherche critique qui se verrait anéanti, si M. Laflèche a raison ! Je ne saisis pas s'il mesure exactement la violence de sa proposition ».

—— Ducassologue anonyme, automne 2003.

Le présent site est toujours répertorié de manière amusante sur le magazine Maldoror.org.

Un événement

Les gallicismes de Maldoror en espagnol
Création de Manuel Serrat Crespo
dans sa quatrième traduction des Chants

      En présentant le bilinguisme d'Isidore Ducasse, Jean-Jacques Lefrère demandait avec humour, pour se moquer des puristes qui auraient peur des hispanismes : « en viendra-t-on à traduire en français une édition espagnole des Cantos de Maldoror pour disposer d'un texte "correct" de cette oeuvre ? » (Ducasse, p. 687). Évidemment, c'est plutôt le mouvement inverse qui est problématique, puisque les hispanismes et l'hispanisme se perdent forcément dans la traduction castillane, par définition. En ce qui concerne l'hispanisme, les traducteurs n'y peuvent rien, tandis que la culture française des Chants est bien assez importante pour le remplacer. Restent les hispanismes proprement dit, lexicaux et autres, au sens linguistique du terme. Et là, forcément, c'est toute une perte pour le lecteur de la traduction.

      En effet, nous avons vu dès l'édition de la première strophe que le style des Chants de Maldoror se caractérise par trois importantes figures. Ce sont, dans l'ordre alphabétique, la comparaison, l'hispanisme et le tête-à-queue de style artiste (comme la grue la plus vieille, sans se désorienter et le marécage de ces pages).

      Or, il suffit pour rétablir l'hispanisme de l'inverser : ce sera le gallicisme. Isidore Ducasse, Conde de Lautréamont, los Cantos de Maldoror, traducción de Manuel Serrat Crespo, prólogo de Ruy Câmara, Barcelona, La otra orilla (Grupo Editorial Norma), 2007, 253 p. La note du traducteur présente d'abord la question que je viens d'exposer, soit l'étrange sonorité de cette « lave liquide », dont une bonne part vient de l'espagnol et échappe aux hispanophones, même lorsqu'ils lisent le français. Manuel Serrat Crespo termine sa présentation par les lignes suivantes que je vous propose dans ma traduction : « L'objectif était donc et continue d'être de transformer les hispanismes lautréamoniens en gallicismes pour sa traduction en espagnol. Voilà ce que j'ai tenté de faire à partir de ma traduction de 1988, alors que je dois préciser que le gallicisme n'est pas — ne saurait être — parallèle avec l'hispanisme identifié. J'ai tenté, plutôt, de reproduire jusqu'à un certain point cet aura d'exotisme que comporte le français de Lautréamont en supprimant quelques-unes des enclises dans l'utilisation des pronoms [ainsi, desorientarse devient se desorientar], par exemple, en cherchant les expressions et les constructions typiquement françaises pour les traduire mot à mot en espagnol dans ma traduction [ainsi, par exemple, en 2.13 : le rez-de-chaussé de la mer (= la planta baja del mar) devient, a ras del calzada del mar (p. 107), traduction littérale de rez-de-chaussé en castillan]. Voilà ce que j'offre maintenant au lecteur, sachant bien que je ne fais qu'ouvrir la voie d'une longue route ».

      Moi qui ai eu la chance de parler de ce projet très souvent avec mon ami Manuel, je ne crois pas trop ce que la modestie lui fait écrire. Serrat Crespo est non seulement un redoutable traducteur de métier qui a fait découvrir de très nombreux et très importants auteurs français en Espagne et dans tout le monde hispanique, mais c'est un très grand écrivain et (ce qui est essentiel pour ses traductions des Chants) un grand poète de la prose.

      Ce sont les lecteurs de langue espagnole qui peuvent apprécier cette création littéraire et artistique originale. Je soupçonne que Manuel Serrat Crespo n'aura pas eu autant d'audace(s) que le comte de Lautréamont, mais il faudrait être téméraire pour prétendre rivaliser sur ce point avec le Montévidéen.

Édition de la strophe 1.12

Bienvenue à toi aussi dans les Chants
ô grand Shakespeare

      Me voici donc de retour, après un ans en Nouvelle-France. C'est long, toute une année à délaisser un exercice aussi amusant et passionnant que l'édition critique des Chants de Maldoror; alors j'y reviens maintenant pour longtemps, plusieurs mois.

      Avec la strophe 1.12, on le savait tous, on aurait droit à une mise en scène de Maldoror dans le cimetière d'Hamlet, prince du Danemark, un dialogue entre lui et un fossoyeur.

      En réalité, on le verra, si Shakespeare inspire la mise en scène, s'il donne évidemment le cadre et le sujet de la strophe, c'est Byron qui en donne le ton. Le Maldoror qu'on y trouve, fidèle au portrait qui avait été dessiné de lui jusqu'ici, se rapproche bien plus de Manfred que de Hamlet. Certes, la rhétorique est bien ici celle de la tragédie, mais, sans Ophélia, cela tourne au drame byronien.

      L'étude de la genèse ne permet pas encore de dater précisément la mise au point de la troisième édition de la strophe et par conséquent l'addition du premier paragraphe, mais des indices les situent assez tard dans le travail de rédaction. L'étude des sources ajoute Blake et Baudelaire aux auteurs évoqués. L'étude des variantes ne permet pas de développer ou de préciser l'intervention du correcteur de Ducasse (et encore moins de l'identifier à Dazet, comme on en fait l'hypothèse).

      Il ne me reste plus qu'une longue strophe, 1.13, à jouer les moines bénédictins, en appréciant une à une les variantes des trois éditions. Or, ce travail préliminaire ne me déplaît pas. J'y vois mon écrivain concrètement à l'oeuvre, la plume de pygargue roux à la main pour jouer de la virgule. Allez, Bénédictin, au travail !

   Guy Laflèche,
   23 novembre 2007.

P.S. 1   Et voici donc, dans un laps de temps qui n'aura pas été trop retardé, l'édition de l'avant-dernière strophe du Chant premier, le fameux dialogue entre le frère de la sangsue et le crapaud.

—— G. L. — 2 janvier 2008.

P.S. 2   Et voici éditée la quatorzième et dernière strophe du premier chant. Mais non, ce n'est pas un événement, sauf pour ceux d'entre vous qui êtes pressés. Allez, allez, on remet ça : au chant 2 maintenant.

—— G. L. — 8 janvier 2008.

Les éditoriaux en archives : 15 janvier 2001, 28 janvier 2001, 14 février 2001, 27 février 2001, 8-13 mars 2001, 9 mai 2001, 2002, 2003, 28 juin et 15 juillet 2006, 27 septembre 2006.

       
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