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bibliographie littéraire de la Nouvelle-France
TdM Présentation Errata/addenda Complementum : vol. I, vol. II Index TGdM
 
  Histoire littéraire de la Nouvelle-France  
 
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Bibliographie littéraire de la Nouvelle-France

Guy Laflèche

Bibliographie littéraire de la Nouvelle-France,
Laval, Singulier (coll. « Les cahiers universitaires du Singulier », no 2), 2000.

Complementum II, auteurs (1)

Augustines de Québec (5.2.0 bis)

      Voir l'Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec, 1751, bg. 81-82.

2017, PICHÉ, Genevière, « "Ma très chère mère du Canada" : perceptions et représentations des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec dans la correspondance des mères de France (XVIIe-XIXe siècles) », Cahier franco-canadien de l'ouest, vol. 29, no 1, p. 11-41. Commentaire de Jean Valenti, Université de Saint-Boniface, p. 33-37; réponse de G. Piché, p. 38-41. Cf. no 2448. [2525

   Analyse de la représentation française de la situation des Hospitalières de Québec, d'abord à leur arrivée dans un « pays barbare », ensuite dans un monde qui évolue de la Conquête aux développements de la culture québécoise.

Bacqueville de la Potherie,
Claude Charles Le Roy, sieur de (5.2.2)

2009, CARTMILL, Constance, « l'Ensauvagement comme stratégie rhétorique dans trois relations épistolaires de la Nouvelle-France : La Potherie, Lahontan et Charlevoix », Métis Histories and identities/ Histoires et identités métisses, hommage à Gabriel Dumont, éd. de Denis Gagnon, de Denis Combet et de Lise Gaboury-Diallo, Winnipeg, Presses universitaires de Saint-Boniface, 440 p., p. 305-323. [2526

Baron, Denis (5.2.2 bis)

2013, DOUTRELEPONT, Charles, « Essai sur "D'une nouvelle terre", cantique de guerre à la Vierge (1755) », Relire le patrimoine lettré de l'Amérique française, édition de Sébastien Côté et de Charles Doutrelepont, Québec, Presses de l'Université Laval, xii-262 p., p. 55-79. [2527

2015, DOUTRELEPONT, Charles, « les Vers funèbres du fort Duquesne (12 juillet 1755 », Francophonies d'Amérique, vol. 40, no 1, p. 55-81. [2528

Bégon, Élisabeth (5.2.3)

2014, SMART, Patricia, « "Te dire que je suis là" : la correspondance d'Élisabeth Bégon » (premier chap. de la deuxième partie, « Écrire pour l'autre : la correspondance (1718-1862) », De Marie de l'Incarnation à Nelly Arcan : se dire, se faire par l'écriture intime, Montréal, Boréal, 432 p., p. 103-128. [2529

Biard, Pierre (5.2.4)

2012, WESTRA, Haijo, « les Premières Descriptions du Canada par le jésuite Pierre Biard : du témoignage oculaire à sa réécriture », Tangence, no 99, « Nova Gallia : recherche sur les écrits latins de Nouvelle-France », édition de Jean-François Cottier, p. 9-17. [2530

      L'étude stylistique (et grammaticale) et l'étude thématique (idéologique et ethnologique) montrent que le « In Novam Franciam, seu Canadiam, missio » paru dans les Annuae Litterae Societaris Jesu de 1618 n'est pas seulement une « édition », mais bien une rédaction de Philibert Monet, contrairement à ce que croyait Lucien Campeau (MNF, 2: 6-38, qui édite le texte). On comprend facilement qu'en éditant un volume de 150 documents, L. Campeau n'ait pu se livrer à l'étude menée ici par Haijo Westra, qui compare systématiquement le récit de Biard en 1612, et sa Relation de 1616, avec ce texte ampoulé de 1618, très négatif vis-à-vis des Micmacs, ce qui prouve que Lucien Campeau affirmait un peu vite qu'« il ne semble pas douteux que le P. Biard soit l'auteur de ce document » (p. 7).

      Cet article fait la preuve que le travail monumental de Lucien Campeau doit être repris et poursuivi, notamment avec la traduction française des documents latins qu'il a édités, et l'édition des « inédits » des jésuites de la Nouvelle-France, et particulièrement les correspondances encore inédites, inaccessibles. Par ailleurs, l'analyse de Haijo Westra montre que ce travail doit être fait par des latinistes expérimentés. En effet, si les spécialistes des écrits de la Nouvelle-France savent déchiffrer ces textes latins, il n'en est pas de même s'il s'agit de les commenter et de les évaluer. La preuve en est que l'analyse philologique des textes de Biard et de Monet sera pour plusieurs spécialistes de la Nouvelle-France un rare plaisir de lecture.

2014, BERTHIAUME, Pierre, « l'Héritage de José de Acosta » chez Pierre Biard, Jesuit Accounts of the colonial Americas : intercultural transfers, intellectual disputes, and textualities, éd. de Marc André Bernier, de Clorinda Donato et de Hans-Jürgen Lüsebrink, University of Toronto Press, ix-464 p., p. 307-325. [2531

      Étude sur l'obligation de bien convertir les Amérindiens avant de les baptiser chez les deux auteurs (« De la nécessité qu'il y a de bien catéchiser ces peuples avant que les baptiser », Relation de 1616, chap. 10, MNF, 1: 510-516, JR, 3: 140-154). Et en effet, Biard désigne explicitement l'analyse d'Acosta (MNF, 513; JR, 144-146). L'étude conduit évidemment à envisager la nature de la conversion et son application aux Amérindiens.

2014, LACHANCE, Isabelle, « "Ils estoient si subjects à leur bouche" : la Relation de 1616 face à la topique antijésuite », Jesuit Accounts of the colonial Americas : intercultural transfers, intellectual disputes, and textualities, éd. de Marc André Bernier, de Clorinda Donato et de Hans-Jürgen Lüsebrink, University of Toronto Press, ix-464 p., p. 263-275. [2532

      Il est difficile de comprendre que la Relation de Biard soit citée dans l'édition portative de Québec (bg. 184) et non dans l'édition diplomatique de R. G. Thwaites (ou l'édition commentée de Lucien Campeau). Mais ce qui est encore plus inattendu, c'est que l'étude du Factum (1614), attribué à Poutrincourt, l'objet principal de l'article, n'utilise jamais l'analyse et l'édition critique de L. Campeau (MNF, 1: 320-406).

Boucher, Pierre (5.2.6)

2014, WIEN, Thomas, postface à l'édition de Christophe Horguelin, Histoire véritable et naturelle..., Montréal, Almanach, 245 p., p. 129-219. [2533

      Première étude scientifique d'ensemble du petit texte de propagande de Pierre Boucher. L'historien sait tirer profit des savants travaux qui accompagnaient le texte de manière magistrale lors de l'édition du centenaire (bg. 86). Les « littéraires » devraient enfin comprendre qu'une « histoire naturelle » de la Nouvelle-France n'est ni ne se veut un livre d'histoire ! Ils en faisaient même une « relation »... La modeste « postface » devrait compter dorénavant au nombre des classiques de l'historiographie sur les textes de la Nouvelle-France.

Brébeuf, Jean de (5.2.9)

2011, PODRUCHNY, Carolyn, et Kathryn Magee Labelle, « Jean de Brébeuf and the wendat voices of seventeenth-century New France », Renaissance et réforme, vol, 34, nos 1-2, p. 97-126. [2534

2012, MARTEISON, Peter, et Paul Perron, « Soi-même et les autres : en relisant les récits des premières rencontres de Cartier, Champlain et Brébeuf en Nouvelle-France », Re-reading / la Relecture : essays in honour of Graham Falconer, éd. de Rachel Falconet et d'Andrew Olivier, Cambridge Scholars Publishing, p. 131-152. [2535

2013, CLAIR, Muriel, « les Notes spirituelles de Jean de Brébeuf (1630-1640) », Relire le patrimoine lettré de l'Amérique française, édition de Sébastien Côté et de Charles Doutrelepont, Québec, Presses de l'Université Laval, xii-262 p., p. 189-218. [2536

Note critique

      Lecture classique du document juridique (produit par Brébeuf à la demande et pour Jérôme Lalemant), devenant des « notes spirituelles » (et non plus des extraits d'un journal spirituel, ce qui est déjà un progrès). Et le document est correctement situé dans le dossier, également juridique, du Manuscrit de 1652. On opposera cette interprétation à ma description et à mon évaluation du document, très correctement signalées ici (bg. 676 (1986) et SMC, 3 (1990): 218-225 et 226-258, passim sur l'utilisation du document par Paul Ragueneau dans sa biographie de Brébeuf).

      En revanche, je voudrais protester : aucun de mes textes sur la Nouvelle-France, ses missionnaires et en particulier sur les documents relatifs aux saints Martyrs canadiens (SMC) n'est polémique. Mes textes polémiques sont identifiés comme tels, Polémiques, Laval, Singulier, 1992, et son vol. 2, ci-contre. « Il n'en reste pas moins que son propos polémique pose des difficultés aux littéraires et aux historiens » (p. 212, n. 118) : non, ce ne sont ni les littéraires ni les historiens qui ont des « difficultés » avec mes analyses critiques (dénigrées sous l'appellation de « propos polémique »), ce sont plutôt les prédicateurs et soi-disant chercheurs qui oeuvrent sur ces textes, lorsqu'il s'agit d'évaluer des questions religieuses, et notamment les religieux, voire des croyants, qui se livrent à la catéchèse, prenant ces textes pour prétexte.

      Cela dit, l'analyse de Muriel Clair est extrêmement éclairante en ce qui concerne l'étude des images ou, plutôt, de l'imagerie, au fil des visions, dont la plus originale et la plus significative est la représentation du Christ en croix sous les traits d'un lépreux (qui s'interprète évidemment en regard de nos crucifix). Je crois que Muriel Clair serait bien avisée de prolonger son étude en la doublant de représentations iconographiques (en créant celles de Brébeuf pour les opposer aux reproductions qu'elles transforment). En revanche, le rapprochement de la spiritualité de Brébeuf avec celle de Benoît de Canfield (p. 204) ne me paraît nullement justifié : dans le domaine des études de sources, on s'attend à ce que la désignation de telles « influences » s'appuient rigoureusement sur des attestations historiques, des citations ou du moins des recoupements textuels précis. Autrement, nous sommes dans l'ordre de la projection, ce que l'analyse critique interdit.

2013, GOMEZ-GÉRAUD, Marie-Christine, « Entre savoir expérimental et science livresque... », cf. no 2479. [2537

2013, LABELLE, Kathryn Magee, « "Faire la chaudière" : the wendat feast of souls, 1636 », French and Indians in the heart of North America, 1630-1815, éd. de Robert Englebert et de Guillaume Teasdale, East Lansing et Winnipeg, Michigan State University press et University of Manitoba press, xxiv-219 p., p. 1-20. [2538

      Étude ethno-historique de l'événement, mettant en relief sa portée politique dans l'alliance des Hurons avec les Français. Le document essentiel à l'analyse est le chapitre 2.9 de la Relation huronne de 1636 de Brébeuf, souvent étudié dans le domaine des études littéraires : « De la feste solennelle des morts » (JR, 10: 278-310).

2016, CARSON, James Taylor, « Brébeuf was never martyred : reimagining the life and death of Canada's first saint », the Canadian historical review, vol. 97, no 2, p. 222-243. — Cf. no 2744 . [2539

*2016, GOMEZ-GÉRAUD, Marie-Christine, « la Mission comme expérience de la kénose : lettres et écrits de Jean de Brébeuf », Zwichen den texten : die übersetz an der schnittstelle von sprach- und kulturwissenschaft, éd. de Christina Ossenkop et de Georgia Valdre-Gerner, Stuttart Ibidem, 224 p., p. 115-124. [2540

—— Réimp. Vertu du dénuement, éd. d'Élisabeth Pinto-Mathieu, Presses universitaires de Rennes, 2017, 294 p. L'article de M.-C. Gomez-Géraud y figure sous le même titre, p. 115-124. [2541

      Étude de la spiritualité de Brébeuf construite sur le thème de la kénose, le dénuement (littéralement l'« évidement »), entendu au sens matériel, puisque le missionnaire a littéralement tout quitté lorsqu'il se trouve en Huronie, mais aussi et surtout au sens spirituel de l'abandon. Brébeuf s'est abandonné aux Hurons afin de pouvoir les convertir, mais il revit proprement l'abandon du Christ, au sens intransitif et passif d'« être abandonné ».

Caillot, Marc-Antoine (5.2.10 bis)

2016, CÔTÉ, Sébastien, « Marc-Antoine Caillot, a company man : the remarkable french-atlantic voyage of a clerk for the Company of the indies », @nalyses, revue des littératures franco-canadiennes et québécoise (Université d'Ottawa), vol. 11, no 3 (automne), p. 183-195. [2542

      Compte rendu de l'édition et entretien (p. 187-195) avec l'éditrice du manuscrit, Erin M. Greonwald.

Cartier, Jacques, voyages de Jacques Cartier par Jehan Poullet (5.2.11)

2009, HUCHON, Mireille, le Français au temps de Jacques Cartier, présentation de Claude La Charité, 2006, cf. no 1668, 2e édition, avec une reproduction photographique du Brief Récit (1645), Rimouski, Tangence (coll. « Confluences »), 186 p. [2543

2012, LITALIEN, Raymonde, « la Fortune des récits de voyages de Jacques Cartier », le Livre du monde, le monde des livres, mélanges en l'honneur de François Moureau, éd. de Gérard Ferreyroller et de Laurent Versini, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 1168 p., p. 493-508. [2544

      Exposé classique de la réception des récits de voyage de Jacques Cartier. Les récits en question sont toutefois présentés dans leur ordre historique et non dans l'ordre et l'impact de leurs publications, d'abord la publication populaire du Bref Récit du second voyage, celui de 1535-1536 (qui paraît en 1545), et ensuite les publications savantes en italien, puis en anglais. Il suffit de lire le Bref Récit pour comprendre qu'il ne saurait être une oeuvre du capitaine de navire Cartier qui ne pourrait jamais, c'est le bon sens qui le dit (il n'est tout de même pas l'égal d'un César !), parler de lui à la troisième personne, tandis qu'on a remarqué depuis longtemps que son auteur, Jehan Poullet, s'y donnait un beau rôle. Manifestement, l'« écrivain » a produit une narration à partir du journal de bord, qu'il a probablement tenu lui-même, sous la dictée du capitaine. Après celle de H. P. Biggar (en 1901, bg. 264), la lecture littérale scientifique des récits de Cartier est de Marcel Trudel dans le premier volume de son Histoire de la Nouvelle-France en 1963 (bg. 268). Ni l'un ni l'autre ne figurent dans cette présentation de la fortune littéraire et culturelle des récits de voyage de Cartier.

2012, MARTEISON, Peter, et Paul Perron, « Soi-même et les autres : en relisant les récits des premières rencontres de Cartier, Champlain et Brébeuf en Nouvelle-France », Re-reading / la Relecture : essays in honour of Graham Falconer, éd. de Rachel Falconet et d'Andrew Olivier, Cambridge Scholars Publishing, p. 131-152. [2545

2012, PIOFFET, Marie-Christine, « Dialogisme et relation de voyage : premiers éléments de réflexion tirés des écrits de Jacques Cartier et de Jean de Léry », le Livre du monde, le monde des livres, mélanges en l'honneur de François Moureau, éd. de Gérard Ferreyroller et de Laurent Versini, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 1168 p., p. 701-715. [2546

      Étude thématique de la parole et des langues autochtones dans les relations des voyages de Cartier et l'Histoire de Léry.

2013, GOMEZ-GÉRAUD, Marie-Christine, « Entre savoir expérimental et science livresque... », cf. no 2510. [2547

*2013, MAURA, Juan F., « Franceses en el Canadá español : el espía Pedro de Santiago y Jacques Cartier », Cuadernos hispanoamericanos (Madrid), no 760, p. 61-72. [2548

2015, CAHILL, Donald, et Martin Ouellet, « An analysis of Jacques Cartier's exploration of the Gaspé coast (1534) », Acadiensis, revue d'histoire de la région atlantique, vol. 44, no 2, p. 75-94. [2549

      La géographie historique de la première exploration de Cartier.

2015, LE HUENEN, Roland, « le Discours du découvreur », le Récit de voyage au prisme de la littérature, préface de Philippe Antoine, Paris, les Presses universitaires Paris-Sorbonne (coll. « Imago Mundi »), 392 p., chap. 2, p. 37-45. [2550

       Si les deux premiers chapitres donnent souvent les récits des voyages de Cartier en exemple, le second s'y attache de plus près.

2017, LA CHARITÉ, Claude, « Rabelais élève de Jacques Cartier ou Doremet disciple de Bertrand d'Argentré », l'Année rabelaisienne, no 1, p. 377-382. [2551

2018, HEBBINCKUYS, Nicolas, « Quelques exemples de scénographies viatiques dans trois récits fondateurs de la Nouvelle-France », sur le voyage de Verrazano, le premier voyage de Cartier et celui de Jean Ribault, Scénographie du récit de voyage et imaginaire viatique (XVIe-XVIIIe siècles), éd. d'Isabelle Bour et de Line Cottegnies, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 282 p., p. 13-37. [2552

      Comparaison systématique des trois récit de voyage sur quatre thèmes successifs, le territoire, les indigènes, les avenirs possibles et l'auto-congratulation. Dans l'ensemble, Cartier est le plus négatif des trois. Conclusion : il s'agit de quatre voyageurs qui écrivent et non d'écrivains qui voyagent, comme ce sera le cas bientôt en Nouvelle-France, notamment avec Lahontan.

2018, LA CHARITÉ, Claude, « Moeurs, langage et cérémonies des habitants de Canada, Hochelaga et Saguenay : la réduction de l'altérité dans le Brief récit (1545) de Jacques Cartier », French Forum (University of Pennsylvania), vol. 43, no 2, p. 189-200. [2553

2019, CAZES, Hélène, « Napou tou daman asurtat : signes d'amitié et échanges d'incompréhension dans la Première Relation de Jacques Cartier », Voix autochtones dans les écrits de la Nouvelle-France, éd. de Sandrine Tailleur, d'Émilie Urbain et de Luc Vaillancourt, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 372 p., p. 151-189. [2554

      Présentation très générale du contenu des deux premières relations de voyage de Jacques Cartier. Après la présentations de caractères généraux des relations, l'article tente de caractériser les rencontres et les échanges de l'équipage avec les Amérindiens. La conclusion dit assez explicitement que les « voix autochtones » ne s'expriment nulle part dans ces relations.

2019, DESLANDRES, Dominique, « Quand Hochelaga rencontre la France : paroles et agentivités autochtones retrouvées au XVIe siècle », Voix autochtones dans les écrits de la Nouvelle-France, éd. de Sandrine Tailleur, d'Émilie Urbain et de Luc Vaillancourt, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 372 p., p. 191-209. [2555

      Avalanche de notes infrapaginales totalement inutiles, au point que cela porte à rire. L'article n'a aucun rapport avec le thème du recueil (il expose la puissance d'Hochelaga en regard de Stadaconé). Les Iroquoiennes jouent dans ce texte « féministe » un rôle qu'on ne trouve nulle part dans le Brief Récit du voyage de Cartier. L'article ignore les travaux de John L. Steckley qui auraient été essentiels à son sujet, si l'historienne avait entrepris de le traiter, soit le puissant discours des Hochelagaiens dans le chapitre qui leur est consacré.

2019, VIDAL, Jean-Pierre, « l'Autre dans les variations du même », Voix autochtones dans les écrits de la Nouvelle-France, éd. de Sandrine Tailleur, d'Émilie Urbain et de Luc Vaillancourt, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 372 p., p. 211-229. [2556

      L'analyse se développe sur une très curieuse conception de la « fonction poétique » de Jakobson, qui ne s'exerce nulle part dans le Brief Récit. En fait, l'auteur présente à nouveau les rencontres de l'équipage avec les Amérindiens, comme on les a décrites depuis 30 ans, les rencontres de l'« Autre », depuis 50 ans. L'article n'a aucun rapport avec le sujet du recueil.

Cavelier de La Salle, Robert, et l'exploration du Mississippi (5.2.12)

2013, BROUÉ, Catherine, et Marc-André Marchand, « la Figure du voyageur Cavelier de La Salle au service de l'image de l'auteur », Travaux de littérature, no 26, « Itinéraires littéraires du voyage », éd. de François Moureau (Paris, Droz, Association pour la diffusion de la recherche littéraire), p. 266-277. [2557

      Les auteurs étudient les correspondances de Robert Cavelier de La Salle (prises de la collection de Pierre Margry, bg. 105 et suiv.) et le Journal historique de Joutel (bg. 116), avec une (fabuleuse et bizarre) notion clé de l'École de Québec : l'« héroïsation ».

Champlain, Samuel de (5.2.13)

1989, DOIRON, Normand, « le Mensonge de l'interprète : l'idéologie et l'utopie dans le Quatrième voyage de Champlain, en 1613 (1614) », Littératures (Montréal, McGill), no 3, p. 65-77. [2558

      À partir de la dédicace au prince de Condé, le littéraire tente d'expliquer l'échec de Champlain à découvrir la Mer du Nord (la Baie James), par la faute du « mensonge » de Nicolas de Vignau. Pour l'historien Marcel Trudel, Vignau n'a pas menti, c'est Champlain qui a été la dupe des Algonquins de l'île (HNF, bg. 268, vol. 2, p. 198-201, pourtant innocemment cité ici, p. 73, n. 28).

2009, MORISSONNEAU, Christian, avec la collaboration de Maryse Chevrette et d'Isabelle Lafortune, le Rêve américain de Champlain, Montréal, Hurtubise, 253 p. [2559

      Bon ouvrage de vulgarisation biographique. Voir l'étude scientifique de D. H. Fischer parue en 2008, no 1715.

2012, MARTEISON, Peter, et Paul Perron, « Soi-même et les autres : en relisant les récits des premières rencontres de Cartier, Champlain et Brébeuf en Nouvelle-France », Re-reading / la Relecture : essays in honour of Graham Falconer, éd. de Rachel Falconet et d'Andrew Olivier, Cambridge Scholars Publishing, p. 131-152. [2560

2013, TUSSEAU, Jean-Pierre, « Relire ou découvrir Samuel de Champlain : un récit de voyage en 4e [année du collège] », École des lettres des collèges, vol. 104, no 5 (mars-avril), p. 43-49. [2561

*2014, GOFF, Benjamen Noah, Samuel de Champlain and the french wars of religion, mémoire de maîtrise, Duquesne University. [2562

2014, THIERRY, Éric, « Samuel de Champlain, Voyages (1613) », Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien : aux origines d'une tradition culturelle, éd. Claude Corbo, Presses de l'Université de Montréal, 396 p., p. 37-47. [2563

2017, PIOFFET, Marie-Christine, « Samuel de Champlain devant les historiens de la Nouvelle-France », Études canadiennes / Canadian studies, no 82, p. 7-26. [2564

      Critiques, critiques assez romanesques, de quelques entreprises de Champlain, pour lesquelles on ferait mieux de s'en tenir aux analyses des historiens, à commencer par celles de Marcel Trudel. Cela dit, il n'en est pas moins amusant de voir une littéraire se mettre en frais de réécrire l'histoire, avec les opinions de Lescarbot, de Sagard et de Charlevoix, sans compter celles de « Leclercq » ! Un janséniste en Nouvelle-France est de 2003 : il y a donc quinze ans à ce moment qu'on sait que Leroux est le rédacteur du Premier Établissement de la foi en Nouvelle-France (paru sous le nom de Chrestien Leclercq en 1691).

2018, GIRARD, Stéphanie, et Marie-Christine Pioffet, « Samuel de Champlain, Gabriel Sagard et les mémoires des missions récollettes en Nouvelle-France », Textes missionnaires dans l'espace francophone, éd. de Guy Poirier, vol. 2, « L'envers du décor », Québec, Presses de l'Université Laval, 196 p., p. 11-30. [2565

      L'article s'ouvre sur la question des révisions par un jésuite des oeuvres antérieures de Champlain lors de leur réédition dans la Relation de 1632, essentiellement au sujet des récollets. Autrement, la question de l'édition en tant que telle n'a aucune portée, puisqu'on peut comparer la publication originale et sa nouvelle mise en forme. L'hypothèse est de C.-H. Laverdière (cf. bg. 64). Or, les deux auteures n'étudient pas la question, mais parlent abruptement de la Relation de 1632 comme d'une oeuvre de Champlain ou de son... réviseur, et le plus souvent sur la partie inédite de la relation, soit le récit des années 1620-1629. En fait, elles « lisent entre les lignes » afin de pourchasser les critique de Champlain à l'égard des récollets. Les textes sont pour cela assez manifestement sollicités, s'agissant d'impressions de lecture. La seconde partie de l'artile se propose d'exposer les supposées répliques de Gabriel Sagard à ces critiques dans l'Histoire du Canada (1636) qui lui est attribuée.

2018, MARRACHE-GOURAUD, Myriam, « Poétiques de la trace chez Champlain », Scénographie du récit de voyage et imaginaire viatique (XVIe-XVIIIe siècles), éd. d'Isabelle Bour et de Line Cottegnies, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 282 p., p. 39-51. [2566

      Remarquable analyse du thème de l'espace dans l'oeuvre de Champlain. Caractérisation de l'oeuvre en trois mouvements, la pure découverte (1603), l'installation (1613 et 1619) et le « désir de conversation et d'administration des lieux » (1632). L'analyse se fait ensuite sur trois dimensions : l'organisation géographique (Champlain nomme, mesure et cartographie); les interventions tangibles (les croix et les habitations); et les jalons personnels à valeur affective (les jardins, ses jardins, lieux de loisir). Le titre du recueil prend ici tout son sens : la « mise en scène » est celle de la transformation d'un pays (sauvage) en un paysage (européen).

Charlevoix, Pierre-François-Xavier de (5.2.14)

2009, CARTMILL, Constance, « l'Ensauvagement comme stratégie rhétorique dans trois relations épistolaires de la Nouvelle-France : La Potherie, Lahontan et Charlevoix », Métis Histories and identities/ Histoires et identités métisses, hommage à Gabriel Dumont, éd. de Denis Gagnon, de Denis Combet et de Lise Gaboury-Diallo, Winnipeg, Presses universitaires de Saint-Boniface, 440 p., p. 305-323. [2567

2014, BERTHIAUME, Pierre, « François-Xavier de Charlevoix, Histoire et description générale de la Nouvelle-France », Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien : aux origines d'une tradition culturelle, éd. de Claude Corbo, Presses de l'Université de Montréal, 396 p., p. 121-131. [2568

2016, POIRIER, Guy, « Charlevoix, lecteur de Sagard », Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 97-107. [2569

2019, POIRIER, Guy, « Pierre-François-Xavier de Charlevoix : la parole autochtone et la parole canadienne », Voix autochtones dans les écrits de la Nouvelle-France, éd. de Sandrine Tailleur, d'Émilie Urbain et de Luc Vaillancourt, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 372 p., p. 325-339. [2570

      L'auteur connaît bien l'édition du Journal de Charlevoix par P. Berthiaume (bg. 72) et quelques travaux sur ce qui devait être son sujet, la « parole amérindienne » en Nouvelle-France. Sauf qu'il s'agit d'un non lieu : voilà quinze pages du recueil perdues à constater que Charlevoix n'a jamais dialogué ni n'a jamais eu le moindre contact avec les Amérindiens. Bref, exit la « parole amérindienne ».

Chauchetière, Claude (5.2.14 bis)

2016, HARINEN, Julie, « Claude Chauchetière et la mise en place d'un projet fondateur », Catherine Tekakwitha et la peinture missionnaire : stratégies de conversion en Nouvelle-France au XVIIe siècle, mémoire de maîtrise, histoire de l'art, Université de Montréal, x-112 p., chap. 2, p. 46-99, [2571

Chaumonot, Joseph-Marie (5.2.14 tertio)

2001, André Sanfaçon, « "A New Loreto in New France" : Pierre-Joseph-Marie Chaumonot, s.j., and the holy house of Loreto », Decentring the Renaissance : Canada and Europe in multidisciplinary perspective (1500-1700), éd. Germaine Warkentin et de Carolyn Podruchny, University of Toronto Press, 2001, 387 p., p. 200-220. [2572

De Pauw, Cornelius (5.2.16)

2014, ERTLER, Klaus-Dieter, « les Relations des jésuites et la construction de l'observateur européen face au monde indigène », Jesuit Accounts of the colonial Americas : intercultural transfers, intellectual disputes, and textualities, éd. de Marc André Bernier, de Clorinda Donato et de Hans-Jürgen Lüsebrink, University of Toronto Press, ix-464 p., p. 276-290. [2573

      La lecture des RJNF, de la rédaction de Paul Lejeune à la lecture de Cornelius De Pauw.

Dollier de Casson, François (5.2.18)

2017, LAFLÈCHE, Guy, « les Mémoires de Jeanne Mance », Agora Vox, < agoravox.fr >, 27 juillet. [2574

      Texte de vulgarisation à l'occasion du 375e anniversaire de la fondation de Montréal.

Goyer, Olivier (5.2.19 tertio)

2018, VAN DER SCHUEREN, Éric, « Oraison funèbre du comte de Frontenac par le père récollet Olivier Goyer (1698) », étude et édition critique, les Récollets en Nouvelle-France : traces et mémoire, éd. de Paul-André Dubois, Québec, Presses de l'Université Laval, x-560 p., 319-362. [2575

Guyart, Marie Martin de l'Incarnation (5.2.20)

1935, PENIDO, Maurílio Teixeira-Leite, « Autour de Marie de l'Incarnation », la Conscience religieuse : essai systématique suivi d'illustrations, Paris, Pierre Téqui (coll. « Cours et documents de philosophie »), vi-251 p., chapitre V, dernier chapitre, p. 177-244. [2576

      Réécriture de cinq cours donnés à l'Université de Fribourg, en Suisse. L'ouvrage publié en français n'a donc pas d'équivalent en portugais et je ne trouve pas d'autres textes de M. T.-L. Penido sur Marie Guyart.

1935, RENAUDIN, Paul, Une grande mystique française au XVIIe siècle, Marie de l'Incarnation, ursuline de Tours et de Québec : essai de psychologie religieuse, Paris, Bloud et Gay, 340 p. [2577

1936, CUZIN, Henri, Du Christ à la Trinité, d'après l'expérience mystique de Marie de l'Incarnation, ursuline de Tours et de Québec, Lyon, Librairie du Sacré-Coeur, 158 p. [2578

1938, KLEIN, Joseph, l'Itinéraire mystique de la vénérable mère Marie de l'Incarnation, ursuline de Tours et de Québec, Paris, Dillen, 240 p. [2579

1940, ROBITAILLE, Georges, Telle qu'elle fut : études critiques sur Marie de l'Incarnation, Montréal, Beauchemin, 177 p. [2580

1946, CHABOT, Marie-Emmanuel, Marie de l'Incarnation d'après ses lettres, Ursulines de Québec et Éditions de l'Université d'Ottawa, 337 p. [2581

1948, LEBRETON, Jules, « l'Union mystique dans la vie apostolique : Marie de l'Incarnation », « Tu solus sanctus » : Jésus-Christ vivant dans les saints, études de théologie mystique, Paris, Beauchesne, 269 p., p. 169-206. [2582

1954, JETTÉ, Fernand, la Voie de la sainteté d'après Marie de l'Incarnation, fondatrice des ursulines de Québec, Éditions de l'Université d'Ottawa, 226 p. [2583

1955, HATZFELD, Helmut-Antony, « Mística femenina clásica en España y Francia... », Estudios literarios..., Madrid, Gredos, 407 p., chap. 4, p. 253-290. Cf. bg. 827. [2584

      L'entrée bg. 827 doit être ainsi précisée, mais n'a pas à être corrigée. Les références données par Alessandra Ferraro (2014, no 2625, p. 189, n. 34) et par Amandine Bonesso (thèse de 1974, no 2559, en bibliographie, p. 387) sont inexactes.

1960, BAILLARGEON, Samuel, « Marie de l'Incarnation (1599-1672) », Littérature canadienne-française, Montréal, Fides, 527 p., p. 30-32. [2585

      Pour tout autre auteur de la Nouvelle-France, une telle référence bibliographique serait une véritable plaisanterie, mais pas dans le cas de Marie Guyart, soeur de l'Incarnation, comme on le verra à la chronique de Liberté en 2015 !

1961, ADOUR, Paul, Marie de l'Incarnation, ursuline missionnaire en Canada, Paris, La Colombe, 144 p. [2586

1964, CHABOT, Marie-Emmanuel, « Tant femme que rien plus » : Marie de l'Incarnation, Québec, Centre Marie de l'Incarnation, 86 p. [2587

1964, RÉTIF, André, Marie de l'Incarnation et la mission, Tours, Mame (coll. « Esprit et mission »), 173 p. [2588

1972, THIRY, André, Marie de l'incarnation : itinéraire spirituel, Paris, Beauchesne, 176 p.; introduction de Guy-Marie Oury, p. 5-23. [2589

1973, OURY, Guy-Marie, Marie de l'Incarnation (1599-1672), Tours, Société archéologique de Touraine, 2 vol., ix-607 p. [2590

1975, MICHEL, Robert, Vivre dans l'Esprit : Marie de l'Incarnation, Montréal, Bellarmin, 337 p. [2591

1980, OURY, Guy-Marie, Ce que croyait Marie de l'Incarnation et comment elle vivait sa foi, Solesmes, Abbaye Saint-Pierre, 153 p. [2592

      Le premier volet du titre reprend le titre de l'ouvrage de 1972, no 1767, mais je ne sais pas s'il s'agit d'une seconde édition.

1983, COUILLARD, Marie, « le Discours mystique de Marie de l'Incarnation : paroles de femme et/ou érotomanie ? », la Femme, son corps et la religion : approches pluridisciplinaires, 2 vol., vol. 1, éd. d'Élisabeth Jeannine Lacelle, Montréal, Bellarmin, 246 p., p. 163-173. [2593

1986, LOEW, Jacques, « la Bienheureuse Marie de l'Incarnation : Dieu dans le "tracas" », la Vie à l'écoute des grands priants, Paris, Fayard/Mame, 275 p., p. 93-139. [2594

1989, CHABOT, Marie-Emmanuel, Dis-moi ton nom : les noms divins dans les écrits de Marie de l'Incarnation, Sainte-Foy, Anne Sieger, 99 p. [2595

1993, BOISSET, Louis Félix, « Souffrir : un chemin », l'Itinéraire mystique d'une femme : rencontre avec Marie de l'Incarnation, éd. de Jean Comby, Faculté de théologie de Lyon, Paris, Cerf, 223 p., bg. 514 [7], p. 135-165. [2596

1993, GOMBERVAUX, Colette, « Un texte et son mouvement, le Douzième état d'oraison, d'un voeu à un voeu », l'Itinéraire mystique d'une femme : rencontre avec Marie de l'Incarnation, éd. de Jean Comby, Faculté de théologie de Lyon, Paris, Cerf, 223 p., bg. 514 [8], p. 167-193. [2597

1993, ROBERT, Sylvie, « la Relation indicible [la Relation de 1654] », l'Itinéraire mystique d'une femme : rencontre avec Marie de l'Incarnation, éd. de Jean Comby, Faculté de théologie de Lyon, Paris, Cerf, 223 p., bg. 514 [9], p. 195-221. [2598

1994, MENGOLI, Michela, « l'Étrange destin des écrits de Marie de l'Incarnation », Actes du premier colloque des jeunes chercheurs en littérature québécoise, avril 1993, Paris, Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise, Université Paris VII, p. 11-16. [2599

1995, MENGOLI, Michela, « Marie de l'Incarnation et la Relation de 1654 : une écriture féminine binaire », Francofonia (Université de Cadiz), no 4, p. 223-250. [2600

1997, GIGUÈRE, Herman, « Une voie de l'indicible : le fond de l'âme », Laval théologique et philosophique, vol. 53, no 2, p. 185-198. [2601

1999, MICHEL, Robert, le Milieu familial de Marie Guyard (Marie de l'Incarnation), Tours, Centre de généalogie de Touraine, 115 p. [2602

1999, OURY, Guy-Marie, l'Expérience de Dieu avec Marie de l'Incarnation, Saint-Laurent (Montréal), Fides, 140 p. [2603

2001, GOLDSMITH, Elizabeth C., « Discovering new worlds : Marie de l'Incarnation and the process of autobiography », Publishing women's life stories in France (1647-1720) : from voice to print, Aldershot, Ashgate, p. 12-41. [2604

2001, VANASSE, Claudie, « le Corps de la possédée », Liberté (Montréal), vol. 43, no 2, p. 76-94. [2605

      Sur le sujet de Marie Guyart de l'Incarnation, traité ici fort sérieusement, Liberté fera moins bien, en 2015. Je suis étonné que la revue fondée par Jean-Guy Pilon, que je lisais religieusement dans ma jeunesse, s'intéresse à Marie Guyart-Martin, soeur de l'Incarnation... Le temps a dû passer et manifestement la revue a beaucoup changé.

2003, DESLANDRES, Dominique, « In the shadow of the cloister : reprensentations of female holiness in New France », Colonial Saints : discovering the holy in the Americas (1500-1800), éd. Allan Greer et de Jodi Bilinkoff, New York et London, Routledge, réimp. 2015, xxii-317 p., p. 129-152. [2606

2009, DESLANDRES, Dominique, « Agentivité, voix et voies des Françaises du 17e siècle : le cas de Marie de l'Incarnation (1599-1672) », Interrelations femmes-médias dans l'Amérique française, éd. de Josette Brun, Québec, Presses de l'Université Laval (coll. « Culture française d'Amérique »), 246 p., p. 13-40. [2607

      L'historienne se convertit ici au féminisme. Tableau de l'activité débordante des femmes en France au XVIIe siècle. L'importance des correspondances féminines. Des oeuvres littéraires des femmes. Etc. Il est facile de deviner la suite : notre Marie Guyart en féministe ! (p. 29-35). L'« agentivité » est un terme de précieuses modernes pour désigner ici une femme... d'action.

2010, FERRARO, Alessandra, « Une voix qui perce le voile : émergence de l'écriture autobiographique dans la Relation de 1654 de Marie de l'Incarnation », Ponti/Ponts : langues, littératures, civilisations des pays francophones, no 9, p. 57-69. [2608

2010, DESLANDRES, Dominique, « la Religieuse et ses livres : le cas de Marie Guyart de l'Incarnation au début de la Nouvelle-France », Ad libros, mélanges d'études médiévales offerts à Denise Angers et Joseph-Claude Poulin, éd. Jean-François Cottier, de Martin Gravel et de Sébastien Rossignol, Presses de l'Université de Montréal, 412 p., p. 349-374. [2609

2011, BÉLANGER, Hélène, Marie de l'Incarnation, une femme à découvrir, Montréal, Médiaspaul, 232 p. [2610

*2011, GRÖNE, Maximilian, « vom Wissen um die andere welt : die briefe der Marie de l'Incarnation zwischen kolonialismus und mystik », Nobilitierung vs. divulgierung ? strategien der aufbereitung von Wissen in romanischen dialogen, lehrgedichten und erzähltexten der frähem neuzeit, éd. de Tobias Leuker, München, Martin Meidenbauer, xii-280 p., p. 213-230. [2611

      La Connaissance de l'Autre Monde : la correspondance de Marie Guyart, entre colonialisme et mystique.

2012, CHAMPAGNE, René, Marie de l'Incarnation ou le Chant du coeur, Montréal, Médiaspaul, 165 p., no 1922 (cf. no 2484 [5] [2612

2013, BARBEAU, Thierry, « Étude du contexte » de l'édition des écrits de Marie de l'Incarnation par Claude Martin », édition électronique, no 2465 [2]. [2613

2013, BRODEUR, Raymond, « Marie de l'Incarnation sous le regard d'Henri Bremond », édition électronique, no 2465 [1]. [2614

2013, BRODEUR, Raymond, « l'Évangélisation chez Marie de l'Incarnation », édition électronique, no 2465 [3]. [2615

2013, BUSTARRET, Marie-Caroline, « l'Abandon à Dieu chez Marie de l'Incarnation : une expérience spirituelle féconde », édition électronique, no 2465 [4]. [2616

2013, FERRARO, Alessandra, « Dal discorso mistico all'autobiographafia : le "Relations" (1633-1654) di Marie de l'Incarnation », Lingue e testi delle riforme cattoliche in Europa e nelle Americhe (secc. XVI-XXI) / the Languages and texts of the catholic reforms in Europe and the Americas (XVI-XXI cent.), éd. de R. Librandi, Florence, Cesati, p. 405-417. [2617

2013, FERRARO, Alessandra, « "Ce n'est pas seulement un langage de femme" : la voix féminine étouffée de Marie de l'Incarnation », Oltreocena, no 7, p. 67-81. [2618

2013, PIOFFET, Marie-Christine, « Marie de l'Incarnation devant l'histoire littéraire : une relecture des marges », Relire le patrimoine lettré de l'Amérique française, édition de Sébastien Côté et de Charles Doutrelepont, Québec, Presses de l'Université Laval, xii-262 p., p. 83-96. [2619

2013, TRÉPANIER, Anne, « Refondation matérielle et spirituelle en Nouvelle-France : récits pour une incarnation de l'imaginaire canadien », Relire le patrimoine lettré de l'Amérique française, édition de Sébastien Côté et de Charles Doutrelepont, Québec, Presses de l'Université Laval, xii-262 p., p. 97-118. [2620

      Le tremblement de terre de 1663 et l'incendie de 1682, dans la Basse-Ville de Québec.

2014, BONESSO, Amandine, l'Énonciation troublée dans la Relation de 1654 de Marie de l'Incarnation, thèse de doctorat, département de Langue et littérature étrangère, Université d'Udine, 407 p. [2621

      L'analyse de l'énonciation du discours autobiographique se double de deux formes de l'analyse littéraire, l'étude narrative et l'étude thématique (thèmes concrets, métaphoriques, puis les espaces et les temps). Si l'importante bibliographie, qui a permis de compléter substantiellement la présente section, n'est pas critique, en revanche, la thèse s'ouvre par une série d'états présents des travaux qui mettent les études (ouvrages et articles) en contexte : les études biographiques, les études littéraires et la réception de l'oeuvre.

2014, BONESSO, Amandine, « les Rêves prophétiques de Marie de l'incarnation (1599-1672) », Ponti/Ponts : langues, littératures, civilisations des pays francophones (Milan), vol. 14, p. 95-114. [2622

2014, DESLANDRES, Dominique, « Marie Guyart de l'Incarnation, Relation de 1654 (1654) », Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien : aux origines d'une tradition culturelle, éd. de Claude Corbo, Presses de l'Université de Montréal, 396 p., p. 77-88. [2623

2014, DUNN, Mary, « Introduction », From mother to son : the selected letters of Marie de l'Incarnation to Claude Martin, Oxford University Press, 257 p., p. 1-39. [2624

      Un efficace sommaire de son ouvrage, qui paraîtra en 2016. Le texte s'ouvre, en exergue, sur de spectaculaires extraits qui résument la lettre de Marie Guyart à son fils, le 30 juillet 1669 (Oury, lettre 247) : « N'estes-vous pas bien aise, mon très-cher fils, de ce que je vous ay abandonné... ». Malheureusement, l'objectif est d'ignorer la question, de l'effacer.

2014, FERRARO, Alessandra, « les Récits personnels de Marie de l'Incarnation ou De l'écriture autobiographique détournée », Francofonia (Florence), vol. 34 (no 1), no 66, p. 177-191. [2625

      Analyse de la Lettre aux ursulines de Tours sur la mort de Marie de Saint-Joseph, printemps 1652 (Oury, lettre 140, p. 436-473). Comparaison avec la réécriture de la lettre par Paul Lejeune au chapitre 10 de la Relation de 1652 de Paul Ragueneau (JR, 38: 68-164), réécriture qui comprend une mise en garde contre les défaillances jubilatoires, proches de l'extase (p. 185-186). Sans compter qu'avec le changement de narrateur, le texte de l'ursuline en devient non seulement jésuite, mais, évidemment, « masculin » ! Et, bien entendu, une lettre circulaire (destinée aux ursulines de Tours) n'a pas le même sens ni la même portée qu'un chapitre des RJNF.

*2014, FERRARO, Alessandra, Una voce attraverso il velo : l'alterità del linguaggio mistico e missionario di Marie de l'Incarnation, Venise, La Toletta, 125 p. [2626

2014, GRÉGOIRE, Vincent, « Malentendus culturels rencontrés par les missionnaires ursulines en Nouvelle-France au XVIIe siècle », Seventeenth-century french studies, vol. 36, p. 109-124. [2627

2014, SMART, Patricia, « Écrire le moi et son anéantissement : Marie de l'Incarnation » (chap. 2 de la première partie, « Vivre et écrire pour Dieu : l'ère mystique », qui présente aussi les écrits autobiographiques des religieuses de la Nouvelle-France), De Marie de l'Incarnation à Nelly Arcan : se dire, se faire par l'écriture intime, Montréal, Boréal, 2014, 432 p., p. 51-100. [2628

2015, FERRARO, Alessandra, « Vêtement et nudité dans la correspondance de Marie de l'Incarnation », « La grâce de montrer son âme dans le vêtement » : scrivere di tessutti, abiti, accessori, studi in onore di Liana Nissim, vol. I, Del quattrocento al settecento, éd. de Maria Benedetta Collini, de Marco Modenesi et de Francesca Paraboschi, Milan, Ledizioni, Università degli studi de Milano, xxxv-400 p., p. 177-187. [2629

2015, BONESSO, Amandine, « Marie de l'Incarnation d'après Jean-Daniel Lafond : l'amour d'une sainte contre la barbarie actuelle », Dialogues francophones, vol. 21, p. 185-197. [2630

2015, BRODEUR, Raymond, « S'approprier la langue de l'autre pour catéchiser », Risquer un monde nouveau : 375 ans de vie et d'audace, éd. de Raymond Brodeur et de Gilles Routhier, Québec, Novalis, 355 p., p. 131-139. [2631

      Présentation de la catéchèse exercée par Marie Guyart. R. Brodeur développera cet aspect de l'oeuvre de l'ursuline en 2019, no 2646.

Note critique

      D'un strict point de vue factuel, il faut répéter d'abord que Marie Guyart ne « parle » aucune langue amérindienne, même si elle peut dire quelques mots en montagnais, en algonquin, en huron et en iroquois. Ce sont des « phrases de parler », comme le dit le dictionnaire de Sagard. Les lecteurs de Marie Guyart qui l'imagine « écrire », c'est-à-dire composer, d'innombrables écrits, catéchismes et dictionnaires, dans d'innombrables langues amérindiennes (ici, p. 136-137), comprennent mal les textes de l'ursuline. Elle n'écrit pas, mais transcrit des ouvrages des jésuites, notamment pour en avoir copie pour fin d'étude et d'enseignement. Il faut cinq ans à un jésuite, à temps plein, pour apprendre les rudiments d'une langue amérindienne. Deux ou trois ans d'étude théorique journalière, puis deux ou trois ans d'immersion en milieu amérindien, avec l'accompagnement d'un missionnaire expérimenté. Il faut donc garder le sens des proportions : il ne fait pas de doute que Marie Guyart a une connaissance véritable des mécanismes grammaticaux et des vocabulaires des langues amérindiennes. La preuve en est qu'elle peut recopier les écrits des jésuites dans ce domaine, ce qui n'est pas à la portée de n'importe qui.

2015, NARDOUT-LAFARGE, Élisabeth (« l'Extase et la colonisation » et « "Il faut que ces filles-là soient folles" »), Pierre Nepveu (« Être à côté de soi ») et Alessandra Ferraro (« le Manuscrit oublié de Trois-Rivières »), « Marie de l'Incarnation vue par... », Liberté (Montréal), no 309, chronique « Rétroviseur », p. 77-83. [2632

      Se reporter au premier article de la revue sur Marie Guyart, en 2001. C'était alors un texte « savant ». Ce n'est pas ce qu'on trouve ici.

      De charmantes lectures naïves de textes par des professeurs de littérature qui ne les ont jamais étudiés et dont ils ne connaissent rien des analyses (trop souvent du même genre) qui se sont succédées depuis Samuel Baillargeon (1960, ci-dessus). Je le cite : « Une mystique » (la spiritualité d'une dévote), « Une femme d'action » (la supérieure des ursulines, dirigée par les jésuites dès avant son arrivée en Nouvelle-France, leur secrétaire; forcément, puisque c'est une femme, c'était donc une « féministe ») et « Une femme de lettres » (une bonne soeur sait écrire, forcément, mais à ma connaissance nous n'avons encore aucune étude stylistique de son oeuvre : « Digne contemporaine de madame de Sévigné, la sainte Ursuline est une épistolière brillante. D'une plume souple et spirituelle... », écrivait S. Baillargeon en 1960; c'est « la performance littéraire d'une grammaire de l'âme » (P. Nepveu, en 2015).

      En revanche, A. Ferraro vulgarise, pour les lecteurs de Liberté, la genèse et la destinée de la Relation de 1654, déjà étudiées de près par Albert Jamet et Guy-Marie Oury, dont la copie manuscrite des ursulines de Trois-Rivières (désigné ici comme un « manuscrit oublié »), faite en France vers 1672-1677, sur l'original disparu.

      Et Liberté de nous servir, encadré en rose sur deux belles pages (p. 82-83), de beaux extraits illustrant l'anorexie de la pauvre femme. « Il peut sembler audacieux de considérer comme littérature la prose mystique [sic] d'une ursuline du XVIIe siècle ». Mais non, ce n'est pas audacieux. C'est tout simplement un anachronisme que de réécrire aujourd'hui, textuellement, Samuel Baillargeon.

2016, AMATO, Angelo, Sainte Marie de l'Incarnation, Paris, Parole et Silence (coll. « Saints et bienheureux »), 82 p. [2633

      L'ouvrage accompagne la canonisation (3 avril 2014), suite à la béatification (27 juin 1980) : traduction du discours de Jean-Paul II aux Ursulines, 23 juin 1980 (p. 7-16); traduction de l'homélie du pape François I, 12 octobre 2014, p. 71-77.

2016, BONESSO, Amandine, « Une relation de sang et de foi au XVIIe siècle », Oltreoceano, vol. 11, « l'Identità canadese tra migrazioni, memorie e generazioni », éd. de Silvana Serafin, d'Alessamdra Ferraro et de Daniela Ciani-Forza, p. 141-151. [2634

*2016, BUSTARRET, Marie-Caroline, Marie de l'Incarnation, honorer le singulier : analyse littéraire de la correspondance de Marie Guyart de l'Incarnation, pour une théologie spirituelle, thèse de doctorat, Paris, Centre Sèvres, facultés jésuites de Paris, 350 p. [2635

2016, DUNN, Mary, the Cruelest of all mothers : Marie de l'Incarnation, motherhood, and christian tradition, New York, Fordham University Press (coll. « Catholic practices in North America »), 208 p. [2636

      L'essai joue de la biographie (de Marie Guyart) et de l'autobiographie (de Mary Dunn). Mais l'ouvrage s'emmêle malheureusement dans la nature même du genre biographique. Nous connaissons tous, aujourd'hui, le fameux concept de « biographie autorisée ». Une biographie est, par définition, l'histoire d'un tiers. Mais la biographie « autorisée » est celle qui présente plusieurs degrés d'implication du tiers en question, le sujet de l'analyse, jusqu'à se trouver en face d'une autobiographie en lieu et place d'une biographie, tant le personnage peut exercer d'influence sur l'histoire racontée par son biographe, sur son histoire. Or, justement, l'analyse biographique de Mary Dunn est entièrement construite sur une lecture littérale des deux autobiographies de Marie Guyart. La question fondamentale de l'abandon de son fils Claude est donc une analyse court-circuitée. La preuve en est que si Mary Dunn s'interroge correctement sur la question de l'abandon des enfants par leurs parents du Moyen Âge au XVIIe siècle, jamais elle ne donne l'exemple d'une autre mère que Marie Guyart ayant abandonné son fils, sa fille ou ses enfants pour la plus grande gloire de Dieu, se faisant religieuse...

2016, FREIDEL, Nathalie, « Marie de l'Incarnation, voyageuse immobile en Nouvelle-France », XVIIe / Dix-septième siècle, vol. 68, no 3, p. 533-546. [2637

2017, BONESSO, Amandine, « l'Autoportrait intellectuel ambigu de Marie de l'Incarnation d'après sa Relation de 1654 », Lumen, vol. 36, p. 113-128. [2638

2017, FERRARO, Alessandra, « Récits auto/biographiques de religieuses dans la littérature de la Nouvelle-France (Marie de l'Incarnation et Catherine de Saint-Augustin », Présences, résurgences et oublis : du religieux dans les littératures française et québécoise, éd. de Gilles Dupuis, de Klaus-Dieter Ertler et d'Allesandra Ferraro, Frankfurt am Main, Peter Lang, 260 p., p. 31-44. [2639

      Les écrits, et surtout les spiritualités très différentes des deux religieuses de Nouvelle-France, ont en commun d'avoir été réécrits, repensés, en France, par des hommes, des religieux, respectivement Claude Martin et Paul Ragueneau. Bien entendu, dans une brève communication, l'étude textuelle ne peut qu'être suggérée. Si cette réécriture a déjà été étudiée par Laura Verciani (no 1884), elle n'a jamais été abordée dans le cas de Marie-Christine Simon de Longpré, dite de Saint-Augustin.

2017, FREIDEL, Nathalie, « Du récit de croisade au théâtre de la cruauté : scénographies violentes dans les lettres de Marie de l'Incarnation », Papers on french seventeenth-century literature (Tübingen), vol. 44., p. 86, p. 19-34. [2640

      Portrait de la « femme forte », avec ses apologies des martyrs, du martyre.

2018, BONESSO, Amandine, « Du fond de l'âme au bout du monde : les expériences extrêmes du voyage chez Marie de l'Incarnation (1599-1672) », Scénographie du récit de voyage et imaginaire viatique (XVIe-XVIIIe siècles), éd. Isabelle Bour et Line Cottegnies, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 282 p., p. 235-249. [2641

2018, BUSTARRET, Marie-Caroline, Marie de l'Incarnation : honorer le singulier, Paris, Cerf, 310 p. [2642

      Texte remanié de la thèse de 2016.

2018, BUSTARRET, Marie-Caroline, « Singularité et universalité d'une voix mystique », Études, année 2018, nos 7-8, p. 87-98. [2643

2018, COWAN, Mairi, « Éducation, francisation, and shifting colonial priorities at the ursuline convent in seventeenth-century Québec », Canadian historical review, vol. 99, no 1, p. 1-29. [2644

2019, BONESSO, Amandine, « la Relation de 1654 de Marie de l'Incarnation : de l'écriture autobiographique à l'écriture didactique », Marie Guyart de l'Incarnation : singularité et universalité d'une femme de coeur et de raison, éd. de Raymond Brodeur, de Thérèse Madeau-Lacour et de Philippe Roy-Lysencourt, Québec, Presses de l'Université Laval, 324 p., p. 193-209. [2645

      Le titre de l'article décrit précisément son sujet, portant sur les genres littéraires en cause dans la Relation de 1654. S'y ajoute une importante évaluation des citations bibliques dans la relation en regard de celles de son « enseignement », notamment sur le fameux baiser ouvrant le Cantique des cantiques et, donc, son commentaire inspiré du texte biblique.

2019, BRODEUR, Raymond, « Entre tradition et créativité : la singularité des emplois catéchétiques de Marie Guyart de l'Incarnation », Marie Guyart de l'Incarnation : singularité et universalité d'une femme de coeur et de raison, éd. de Raymond Brodeur, de Thérèse Madeau-Lacour et de Philippe Roy-Lysencourt, Québec, Presses de l'Université Laval, 324 p., p. 253-264. [2646

      Les témoignages de Marie Guyart sur son enseignement de la catéchèse aux novices de Tour dans sa Relation de 1654 et dans sa correspondance. Confrontation de son École sainte, rédigée par les soins de son fils et parue en 1684 (rééditée sous le titre de Catéchisme de Marie de l'Incarnation par P.-F. Richaudeau en 1878), avec le Catéchisme du Concile de Trente (1566), que l'ursuline lisait avant ses catéchèses.

2019, BROUILETTE, André, « Thérèse du Nouveau Monde ? Marie mystique à l'aulne de Thérèse d'Avila », Marie Guyart de l'Incarnation : singularité et universalité d'une femme de coeur et de raison, éd. de Raymond Brodeur, de Thérèse Madeau-Lacour et de Philippe Roy-Lysencourt, Québec, Presses de l'Université Laval, 324 p., p. 49-61. [2647

      N'importe qui peut trouver des ressemblances, des correspondances et de « petites » différences entre la vie et les écrits de Thérèse d'Avila et ceux la « Thérèse du Nouveau Monde ». Et l'article est (négativement) très intéressant sur ce point, car il n'envisage jamais la nature, je ne dis pas des expériences, mais des écrits. Je rappelle que le Château intérieur a été dicté par l'au-delà à la religieuse en transe, ce qui n'a rien à voir avec aucun écrit de notre Marie Guyart. Bref, on ne peut faire de Marie Guyart une mystique, et de ses relations (des autobiographies spirituelles) et encore moins de sa correspondance, des écrits de cet ordre.

      On ne le dira jamais assez : notre ursuline n'est ni une savante, ni une inspirée, et elle doit être jugée à son mérite, l'abandon égoïste de son fils d'un côté, ses réalisations en Nouvelle-France, de l'autre. Aucune mystique là-dedans, sauf de très ponctuelles évocations rétrospectives de quelques rares « visions », dans ses autobiographies spirituelles.

2019, DESLANDRES, Dominique, « De Marie Guyart de l'Incarnation aux femmes "ordinaires" de la Nouvelle-France », Marie Guyart de l'Incarnation : singularité et universalité d'une femme de coeur et de raison, éd. de Raymond Brodeur, de Thérèse Madeau-Lacour et de Philippe Roy-Lysencourt, Québec, Presses de l'Université Laval, 324 p., p. 265-276. [2648

      L'article développe le raisonnement suivant : Marie Guyart-Martin est une femme hors du commun, un génie comparable à Pascal (sic); oui, mais une femme exceptionnelle est tout de même telle en regard des autres femmes de son époque, les « femmes ordinaires » (sic); donc les femmes du XVIIe siècle, l'auteure est heureuse de nous l'apprendre à titre de « féministe » (sic), étaient vraiment extraordinaires. Et l'« historienne » de se faire lexicologue. D'abord, pour le mot génie, elle nous sert très sérieusement la définition du Petit Robert. Ensuite, vraiment savante, elle utilise le mot absolument inconnu de tous nos dictionnaires, agentivité qu'elle définit comme « la puissance d'agir d'un individu » (p. 266), traduction courante en psychologie de l'anglais agency (« action de..., par l'entremise de... »). Il s'agirait de la caractéristique de toutes les femmes (ordinaires) du Grand Siècle. Bref, un vocable digne des précieuses.

      La deuxième note énumère modestement « plusieurs de [ses] textes rédigés depuis 1982 ». Huit des 29 notes de l'article renvoient à ses travaux. Plus de la moitié de ces notes, comme c'est l'habitude de l'historienne, sont des avalanches de références supposées savantes, totalement inutiles lorsqu'il ne s'agit pas de références aux citations (ce qui ne se produit que trois fois avant les cinq dernières références aux lettres de l'ursuline).

2019, DUNN, Mary, « Singularity and universality in la Vie de la vénérable mère Marie de l'Incarnation », Marie Guyart de l'Incarnation : singularité et universalité d'une femme de coeur et de raison, éd. de Raymond Brodeur, de Thérèse Madeau-Lacour et de Philippe Roy-Lysencourt, Québec, Presses de l'Université Laval, 324 p., p. 211-219. [2648

      Réflexion méthodologique, à partir de la Vie de Marie de l'incarnation par son fils, Claude Martin. En quelques pages seulement l'historienne réussit à présenter de manière très dynamique la nature du genre hagiographique d'un côté (soit l'inscription du particulier ou de l'individuel dans le modèle on ne peut plus général des Acta Sanctorum, soit la Legenda ou la Vie du Christ); et sa situation en regard du « genre » historique, qui n'en obéit pas moins à des modèles. Mary Dunn ne l'exprime pas dans ces termes, mais c'est bien la conclusion qui découle de son article : modèle pour modèle, celui de l'hagiographie a le mérite d'être explicite et parfaitement clair. En rédigeant la Vie d'une sainte, c'est bien la biographie de sa mère que raconte son fils et sa propre histoire.

2019, LANDY-HOUILLON, Isabelle, « Marie de l'incarnation écrivaine ? », Marie Guyart de l'Incarnation : singularité et universalité d'une femme de coeur et de raison, éd. de Raymond Brodeur, de Thérèse Madeau-Lacour et de Philippe Roy-Lysencourt, Québec, Presses de l'Université Laval, 324 p., p. 167-192. [2650

      Non-lieu. L'article doit être enregistré ici, dans une bibliographie littéraire sur les écrits de la Nouvelle-France, pour son titre. « Écrivaine », le vocable est entendu au sens strict, dirais-je, comme si un écrivain pouvait être déclaré tel... en plus d'avoir « écrit », c'est-à-dire d'avoir « rédigé » et d'être « publié ».

2019, RACINE, Jean-François, « Des récits du christianisme ancien à l'autobiographie de Marie de l'Incarnation : la fonction des récits de rêves et de visions », Marie Guyart de l'Incarnation : singularité et universalité d'une femme de coeur et de raison, éd. de Raymond Brodeur, de Thérèse Madeau-Lacour et de Philippe Roy-Lysencourt, Québec, Presses de l'Université Laval, 324 p., p. 221-233. [2651

      L'auteur tente de comparer les rêves et les visions de Marie Guyart, avec les rêves qu'on trouve dans les Évangiles. Pour les rêves évangéliques, cela commence mal, avec le songe de la femme de Pilate (Matthieu, 27: 19), une simple énigme. Pour les rêves de notre ursuline, la comparaison n'a pas lieu, le « rêve » moderne apparaissant justement au XVIIe siècle. N'ayant jamais étudié ces rêves (cf. RRR), je ne sais pas dans quelle mesure ils pourraient y participer.

2019, ROY-LYSENCOURT, Philippe, « les Amérindiens dans la pensée et la vie de Marie de l'Incarnation », Marie Guyart de l'Incarnation : singularité et universalité d'une femme de coeur et de raison, éd. de Raymond Brodeur, de Thérèse Madeau-Lacour et de Philippe Roy-Lysencourt, Québec, Presses de l'Université Laval, 324 p., p. 277-292. [2652

      L'étude du thème de l'Amérindien dans les premiers écrits de Marie Guyart découle de sa conversion à la mission, de son projet d'entreprise missionnaire. Ses faits et gestes, auprès des pensionnaires amérindiennes au couvent des ursulines à Québec, nous ramènent évidemment à l'ordre, à l'ordre anthropologique : on ne francise pas une petite huronne facilement ! et ce n'est pas du tout nécessaire pour en faire une chrétienne. Mais bientôt les Amérindiens sont vus par le prisme des écrits des jésuites, de l'apostolat chez les Hurons jusqu'aux guerres des Iroquois, par exemple. Philippe Roy-Lysencourt circonscrit très bien le corpus à l'étude.

Note critique

      Je crois toutefois qu'il faudrait revoir ce corpus et le prolonger de la figure de l'Indien dans l'enseignement, les exhortations et la catéchèse de l'ursuline. Ce serait l'« Amérindien dans les écrits de Marie de l'Incarnation ». Il est né, imaginairement, à Tours. Et, bien entendu, il restera tel quel jusqu'en 1672.

      L'intérêt serait de montrer que la réalité n'y changera jamais rien. Cloîtrée à Québec, Marie Guyart déploie autant d'efforts qu'elle montre d'empathie pour l'enseignement à ses petites Amérindiennes, comme aussi la charité qu'elle et toutes les ursulines manifestent pour les Montagnais malades ou âgés qui doivent rester à Québec, durant l'hiver, sans aide, lors de la période de la chasse. Ce sont les réceptions au parloir, où ces affamés sont accueillis. Sa lettre circulaire du 3 septembre 1640 (éd. Oury, bg. 77, p. 94-101), par exemple, même s'il s'agit d'une campagne de financement proposée à la marraine d'une de ses petites Amérindiennes, illustre l'évidente énergie « missionnaire » de la religieuse, qu'on ne saurait mettre en doute. En revanche, les piètres résultats de sa principale entreprise, la francisation de ces pensionnaires amérindiennes, passagères et très peu nombreuses, est évaluée mathématiquement par Marcel Trudel (Histoire de la Nouvelle-France, bg. 268, vol. 3, tome 2, p. 438-442). Pourtant, aux yeux de ses lecteurs, encore aujourd'hui, l'extraordinaire fondatrice du couvent des ursulines de Québec reste une... missionnaire.

      Bref, la dure réalité américaine est fantasmée (par l'ursuline) au profit d'un enseignement dévot destiné aux correspondantes européennes. Inversement, cet apostolat épistolaire se renverse facilement (par ses lecteurs, encore aujourd'hui) en action missionnaire, au détriment de l'analyse littéraire correcte de la correspondance.

Hennepin, Louis (5.2.21)

2013, BROUÉ, Catherine, « l'OEuvre viatique du récollet Louis Hennepin : un tournant littéraire majeur », Relire le patrimoine lettré de l'Amérique française, édition de Sébastien Côté et de Charles Doutrelepont, Québec, Presses de l'Université Laval, xii-262 p., p. 121-141. [2653

2014, BROUÉ, Catherine, « Une rhétorique du silence : l'oeuvre jésuite dans la Description de la Louisiane du récollets Louis Hennepin », Jesuit Accounts of the colonial Americas : intercultural transfers, intellectual disputes, and textualities, éd. de Marc André Bernier, de Clorinda Donato et de Hans-Jürgen Lüsebrink, University of Toronto Press, ix-464 p., p. 291-304. [2654

2015, BROUÉ, Catherine, « l'Exploration de la Louisiane au XVIIe siècle : un réseau d'influence », Networks, interconnexion, connectivity, selected essays from the 44th North American Society for seventeenth-century french literature conference, 15-17 mai 2014, éd. de Ellen de R. Welch et de Michèle Longino, Tübingen, Narr Francke Attempto Verlag, Biblio 17, vol. 210, 213 p., p. 105-120. [2655

      On n'apprendra à personne que Robert Cavelier de La Salle était en rapport avec de très nombreux correspondants, dont Claude Bernou était un privilégié, comme nous l'apprend sa propre correspondance avec Renaudot. Louis Hennepin connaissait aussi beaucoup de monde... et s'est fait de nombreux ennemis. Et puis ?

Note critique

      On ne saurait rien tirer de cet article qui accumule approximations sur erreurs. Les « graphes », pratiquement illisibles, pour les petits caractères, sont gravement fautifs. La figure 1, distingue Leroux et Leclercq, les « encadrant » tous les deux comme jansénistes (p. 108), ce qui n'a évidemment aucun sens; pas plus que d'« encadrer » ainsi Renaudot et... Bernou ! Leclercq et Bernou « jansénistes » ? C'est dire vraiment n'importe quoi. Par ailleurs, question jansénisme, encore, l'article affirme que « certains récollets » de Nouvelle-France étaient jansénistes (p. 113). Ce n'est pas vrai. Nous ne connaissons qu'un seul et unique récollet s'affichant comme janséniste et c'est Valentin Leroux, l'auteur « anonyme » du PEF, le Premier Établissement de la foi en Nouvelle-France (1691), ce que confirme sa lettre de 1679 à Chrestien Leclercq, qui paraît dans sa Nouvelle Relation de la Gaspésie (1691, également). Enfin, l'attribution du PEF à Leroux par Hennepin ne se trouve nullement à la toute fin de sa Nouvelle Relation (p. 504-505), où il justifie par un évident mensonge son plagiat d'une partie de l'ouvrage en se l'attribuant, mais dans trois fragments qui se complètent successivement, étudiés par G. Laflèche et S. Trudel, Un janséniste, no 2104, p. 33-35. Bref, Catherine Broué improvise au fil de la plume, sans avoir mené aucune recherche préalable.

2015, DEROY-PINEAU, Françoise, « Religieuses et laïques : des réseaux d'apostolat efficaces — un exemple : les réseaux de Marie de l'Incarnation », Risquer un monde nouveau : 375 ans de vie et d'audace, éd. de Raymond Brodeur et de Gilles Routhier, Québec, Novalis, 355 p., p. 55-74. [2656

      La sociologue F. Deroy-Pineau applique ici sa méthode éprouvée sur les deux plus grands événements de la vie de Marie Guyart, soit sa vocation religieuse lors de son entrée chez les ursulines de Tours et sa vocation missionnaire lors de son départ pour le Canada. Cette synthèse socio-historique sera extrêmement utile pour évaluer les récits ultérieurs de ces deux « conversions ».

2015, DESLANDRES, Dominique, « la Rencontre des populations autochtones, d'après le témoignage de Marie de l'Incarnation », Risquer un monde nouveau : 375 ans de vie et d'audace, éd. de Raymond Brodeur et de Gilles Routhier, Québec, Novalis, 355 p., p. 75-86. [2657

      Sur ce sujet, on se reportera plutôt à l'article de Philippe Roy-Lysencourt, no 2652.

2015, GUÉRETTE, Yves, « "Si le Seigneur ne bâtit maison" : passions et passion », comparaison des spiritualités de Marie Guyart de l'Incarnation et Catherine Simon de Longpré de Saint-Augustin, éd. de Raymond Brodeur et de Gilles Routhier, Québec, Novalis, 355 p., p. 141-157. [2658

      À mon avis, il n'y a aucune commune mesure entre les écrits de l'hospitalière et de l'ursuline. À mon avis ? Il faudrait bien entendu reprendre l'analyse pour montrer, très facilement, que cela n'a bien entendu aucun sens. On ne trouvera pas en Nouvelle-France deux spiritualités plus radicalement opposées.

2015, NADEAU-LACOUR, Thérèse, « Un horizon spirituel qui ouvre sur le Nouveau monde : charisme des fondatrices », Risquer un monde nouveau : 375 ans de vie et d'audace, éd. de Raymond Brodeur et de Gilles Routhier, Québec, Novalis, 355 p., p. 17-33. [2659

      Sur le « mysticisme » de Marie Guyart : comparaison avec les écrits de Thérèse d'Avila. Celle-ci n'est jamais citée dans la Correspondance, selon l'index de G.-M. Oury (bg. 77). Je suppose que tel est également le cas dans ses Écrits spirituels et historiques. À remarquer que la comparaison de Jérôme Lalemant, recopiée par Claude Martin et reprise par nul autre que Bossuet, n'était qu'un superlatif pour désigner l'ursuline de Québec comme une grande sainte femme. Bien que très intéressants, les rapprochements proposés ici ne correspondent évidemment pas à une étude rigoureuse de source, de l'ordre de l'analyse textuelle.

2017, BROUÉ, Catherine, « Errance missionnaire, errances documentaires : une relation inédite du père Louis Hennepin ? », l'Errance au XVIIe siècle, « Errances en Nouvelle-France », articles sélectionnés du 45e colloque de la North American Society for seventeenth-century french literature (Québec, 4-6 juin 2015), édition de Lucie Desjardins, de Marie-Christine Pioffet et de Roxanne Roy, Biblio 17, vol. 216, 472 p., p. 71-116, p. 97-116. [2660

      Attribution à Louis Hennepin de la « Relation inédite » (intitulée en fait « Voyage de monsieur de La Salle à la rivière Mississipi », Margry, 2: 93-102), de 1680, attribuée jusqu'ici à Cavelier de La Salle. Or, absolument rien ne permet de contester cette attribution.

Note critique

      L'article utilise systématiquement le conditionnel et les hypothèses à l'interrogatif, multipliant les amalgames, les intuitions et les jugements de valeur d'ordre stylistique ou narratif sur les rédactions de Louis Hennepin. À quoi s'ajoute l'étude approximative de la variation des noms et pronoms de la narration, une constante pourtant dans tous les mémoires de La Salle. La nouvelle attribution repose sur le fait que c'est La Motte, accompagné de Hennepin, et non La Salle, qui a mené l'ambassade de Noël 1678 chez les Iroquois, contrairement à ce que laisse entendre le Voyage de 1680. Justement, l'argument en question ne tient pas, pour la bonne raison que le document est un rapport de La Salle sur ses activités, les activités qu'il dirige (ses mémoires ne sont d'ailleurs jamais à proprement parler autobiographiques). D'ailleurs, le document a paru en traduction dans l'édition anglaise de A new discovery de Louis Hennepin lui-même en 1698, clairement attribué à La Salle. En plus, pour l'« attribuer » à Hennepin, il faudrait en changer la date de rédaction, pourtant incontestable. Cela fait beaucoup d'hypothèses complètement inutiles, puisqu'elles ne changent rien à rien.

      En bonne méthodologie, une étude d'attribution s'impose lorsque celle-ci peut et doit être mise en cause. En réalité, personne n'a jamais mis en doute l'attribution de ce rapport d'activités de La Salle destiné à Frontenac, tandis que l'analyse de Catherine Broué ne comprend aucun argument catégorique propre à justifier la simple étude d'une question qui ne se pose donc pas. Délire d'interprétation ? En tout cas l'article mérite d'être relu dans cette toute simple perspective.

2018, BROUÉ, Catherine, « l'OEuvre viatique de Louis Hennepin ou l'Art de lire entre les lignes », les Récollets en Nouvelle-France : traces et mémoire, éd. de Paul-André Dubois, Québec, Presses de l'Université Laval, x-560 p., p. 279-297. [2661

      Le Premier Établissement de la foi (PEF) de Valentin Leroux : « attribué à Chrestien Le Clercq, cet ouvrage est vraisemblablement apocryphe » (p. 296, n. 23). Depuis 2016, la pensée de Catherine Broué a évolué. À ce moment, elle hésitait à attribuer le PEF à Hyacinthe Lefebvre ou à en faire une « oeuvre collective » (no 2715). Maintenant, c'est devenu une oeuvre « apocryphe ». On peut espérer qu'elle finira par comprendre qu'il s'agit d'une rédaction de Valentin Leroux, ce que tout le monde sait depuis 2003 (nos 1333 et 2104), même si cela fait beaucoup de peine, semble-t-il, à l'École de Québec, dont elle fait ainsi partie.

      Cela dit, nous sommes ici dans le domaine de la « critique littéraire », ce qui donne une présentation aussi confuse qu'impressionniste des deux oeuvres de Louis Hennepin, la seconde étant un développement fantaisiste et populaire de la première (1683), en deux volumes (1697 et 1798), dont une bonne partie est recopiée du PEF de Valentin Leroux. Il n'y a pas à tourner longtemps autour des populaires aventures romanesques où le petit moine (Bernou dixit, j'apprécie beaucoup l'expression) s'attribue de la manière la plus comique la découverte de l'embouchure du Mississippi. L'un des intérêts de cette « réécriture », comme l'a bien analysé Marc Rochette en 1994 (bg. 877), est de voir que Louis Hennepin ne comprend pas la pensée janséniste de Leroux qu'il recopie, dans son ouvrage de 1697-1698, pas plus que Chrestien Leclercq naguère, en 1679 !

*2018, BROUÉ, Catherine, et Adrien Dupont, « Morbertine, ou l'identité revisitée de l'écrivain récollet Louis Hennepin », Annales du cercle d'histoire et d'archéologie de la ville d'Ath, vol. 66, p. x-y. [2662

Hospitalières de Québec (5.2.22 bis)

—— Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec (1751) de J.-F. Juchereau et de M.-A. Regnard (bg. 81).

2018, PIOFFET, Marie-Christine, « le Désastre de l'île aux OEufs vu par les Hospitalières de Québec et de Montréal », Littoral (Sept-Îles), no 13, p. 115-117. [2663

Jésuites, relations des jésuites de la Nouvelle-France (5.2.24)

1985, RICHTER, Daniel K., « Iroquois versus Iroquois : jesuit missions and christianity in village politics (1642-1686) », Ethnohistory, vol. 32, no 1, p. 1-16. [2664

2001, GODDARD, Peter A., « Canada in seventeenth-century jesuit thought : backwater or opportunity ? », Decentring the Renaissance : Canada and Europe in multidisciplinary perspective (1500-1700), éd. Germaine Warkentin et de Carolyn Podruchny, University of Toronto Press, 387 p., p. 186-199. [2665

2010, GALLUCCI, John A., « Latin terms and periphrases for native americans in the Jesuit Relations », Latinity and alterity in the early modern period, éd. de Y. Hanskell et de J.-Feros Ruys, Tempe, Arozona Studies in the Middle Ages and the Renaissance, viii-304 p., p. 259-272. [2666

—— « Décrire les "Sauvages" : réflexions sur les manières de désigner les autochtones dans le latin des Relations », trad. Irena Trujic, Tangence, no 99 (2012), « Nova Gallia : recherche sur les écrits latins de Nouvelle-France », édition de Jean-François Cottier, p. 19-34. [2667

      Corpus : Pierre Biard (1612, 1614 et « 1618 » [texte de Philibert Monet, cf. no 2530]), François Ragueneau, 1637, et Isaac Jogues, 1643. Voir les références aux MNF de ces textes rédigés en latin, p. 21, n. 9. Question : comment le sens des mots de la famille silva (« forêt »), comme silvicola, silvestris, etc., passe-t-il de « sauvage » à « barbare » ? À noter qu'en français, les RJNF ont trois « synonymes » pour désigner/qualifier globalement les Amérindiens : Sauvage (positif), Barbare (négatif) et Infidèle (péjoratif). Voir SMC, 5: 294 et 340. Voir aussi la note critique de Patrick Bapst, no 2682, p. 92-93, n. 199. Cela dit, l'analyse « étymologique » de J. A. Gallucci doit rester le point de départ essentiel, pour l'analyse du vocable Sauvage, et le point d'orgue, jusqu'au XIXe siècle.

2014, DESBARATS, Catherine, « les Jésuites, Relations des jésuites (1616-1673) », Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien : aux origines d'une tradition culturelle, éd. de Claude Corbo, Presses de l'Université de Montréal, 396 p., p. 51-62. [2668

2014, ERTLER, Klaus-Dieter, « les Relations des jésuites et la construction de l'observateur européen face au monde indigène », Jesuit Accounts of the colonial Americas : intercultural transfers, intellectual disputes, and textualities, éd. de Marc André Bernier, de Clorinda Donato et de Hans-Jürgen Lüsebrink, University of Toronto Press, ix-464 p., p. 276-290. [2669

2014, MELZER, Sara E., « the Role of culture and art in France's colonial strategy of the seventeenth-century », Jesuit Accounts of the colonial Americas : intercultural transfers, intellectual disputes, and textualities, éd. de Marc André Bernier, de Clorinda Donato et de Hans-Jürgen Lüsebrink, University of Toronto Press, 2014, ix-464 p., p. 169-185. [2670

2014, PIOFFET, Marie-Christine, « La Nouvelle-France dans l'imaginaire jésuite : terre doloris ou Jérusalem céleste ? », Jesuit Accounts of the colonial Americas : intercultural transfers, intellectual disputes, and textualities, éd. de Marc André Bernier, de Clorinda Donato et de Hans-Jürgen Lüsebrink, University of Toronto Press, ix-464 p., p. 326-343. [2671

      Dans ces commentaires de texte, comme naguère dans sa thèse de doctorat (bg. 910), M.-C. Pioffet cite les RJNF dans l'édition portative populaire de Québec en 1858 (bg. 184).

2016, TRUE, Micah, « From Quebec to Paris and back : the Jesuit Relations and a decentered reading of France », Networks, interconnexion, connectivity, selected essays from the 44th North American Society for seventeenth-century french literature conference, 15-17 mai 2014, éd. de Ellen R. Welch et de Michèle Longino, Tübingen, Narr Francke Attempto Verlag, Biblio 17, vol. 210, 213 p., p. 95-104. [2672

      En fait, car le titre de l'article n'est pas très clair, il faut comprendre que les écrits de la Nouvelle-France ne sont pas toujours un circuit de voyageurs français écrivant aux Français (Paris-Québec-Paris). Dans le cas des RJNF, en particulier, on a de nombreuses réactions des jésuites à l'édition de leurs relations en France, leur publication de lettres reçues de France et de nombreux livres qui viennent aussi de France ([Paris]-Québec-Paris-Québec). Si rien de cela n'est une découverte, il importait de l'exposer clairement.

2015, TRUE, Micah, Masters and students : jesuit mission ethnography in seventeenth-century New France, Montréal et Kingston, McGill et Queen's University Press, xviii-242 p. [2673

      S'agissant d'ethnologie, les premiers chapitres (2 et 3) de l'ouvrage présentent la thématique de l'apprentissage des langues amérindiennes par les missionnaires et la description de ces langues dans leurs relations. Les deux derniers exposent respectivement la thématique de la religion (chap. 6, mais l'ouvrage prend pour acquis que les Montagnais avaient bel et bien une religion, alors qu'il s'agit d'une pure invention des missionnaires en regard des pratiques magiques) et le genre (littéraire) de la relation missionnaire (chap. 7).

Note critique

      Contre toute attente, question « ethnologique », le chapitre central (chap. 4, « Religious conversion and amerindian cruelty in the jesuit Relations », p. 83-112) est une lecture « anachronique » du chapitre 2 de la Relation huronne de 1637 de François Lemercier (JR, 13: 36-82). Le thème de l'étude est tout simple : comment concilier l'objectif missionnaire et les moeurs guerrières des Amérindiens et, notamment, le supplice archaïque, le rituel mettant à mort quelques captifs ? Aucune contradiction, d'abord parce que Lemercier raconte comment les missionnaires convertissent et baptisent un guerrier iroquois, avant son supplice, et l'assiste tout au long du rituel qui durera plusieurs jours. Ensuite, parce que l'auteur prétend que la description de la cruauté dans les RJNF fait en même temps la preuve de la capacité des Amérindiens à recevoir l'enseignement religieux... L'analyse porte sur un texte très important pour l'étude du supplice archaïque iroquoien. Mais il est surprenant de voir Micah True étudier ce texte en le lisant au premier degré, comme pouvait le faire le public dévot des jésuites de Paris en 1638. Et on parle bien d'un public « dévot » qui sera édifié par cette mascarade de conversion et cette parodie du rituel du baptême sans en être profondément choqué. Baptiser des nourrissons en danger de mort à l'insu de leurs parents, voilà un cas qui a dû être soumis à la Sorbonne et qui a été vertement condamné; voir « convertir » et « baptiser » Joseph (!) un Iroquois, alors même qu'il est soumis au supplice archaïque, par un missionnaire qui doit faire tout cela en huron par interprète interposé, c'est assez hallucinant. Comment étudier ce texte en faisant abstraction des superstitions religieuses des missionnaires et du manque d'esprit critique de leurs lecteurs dévots, surtout si l'étude porte sur la « conversion religieuse » : d'ailleurs, quelle conversion ? (« thoughtful conversion » !, p. 84). Tandis que voilà le baptême réduit à un passeport pour le Ciel ! N'a-t-on pas là une illustration du caractère superficiel de la pensée et de l'action religieuses de nombreux missionnaires jésuites de la Nouvelle-France ? Et quel est le rôle respectif du professeur Brébeuf et de son jeune étudiant Lemercier dans cette histoire ? (pour détourner le titre de l'ouvrage qui ne prend pas la question en considération).

2016, HOLZ, Grégoire, « l'OEil du diable ? les relations des missionnaires lues par les libertins », Textes missionnaires dans l'espace francophone, vol. 1, Rencontre, réécriture, mémoire, éd. de Guy Poirier, Québec, Presses de l'Université Laval, viii-184 p., p. 123-144. [2674

      L'article est enregistré ici à titre de non-lieu : en tout et pour tout, Grégoire Holz ne trouve qu'une seule et unique référence aux RJNF chez les libertins, une toute petite allusion à la Relation de 1636 de Brébeuf par La Mothe Le Vayer (cf. p. 128) : selon quelques Hurons, les âmes des morts, lors de la fête des morts, se changent en tourterelles, mais on croit plus généralement qu'elles gagnent le Village des morts après cette cérémonie (JR, 10: 142). Même Cyrano de Bergerac, censé pourtant atterrir en Nouvelle-France, ne parle pas des RJNF. Le constat est important : contrairement aux relations missionnaires de Chine ou du Japon, les RJNF sont totalement ignorées des intellectuels français. Il faut attendre Antoine Arnauld pour qu'elles soient dénoncées (dans sa Morale pratique des jésuites en 1693). Et il ne sera jamais plus question ensuite des RJNF, avant qu'on ne les réédite à Québec au XIXe siècle.

2016, LIGNEREUX, Yann, « Une mission périlleuse ou le péril colonial jésuite dans la France de Louis XIV : Sainte-Marie des Iroquois (1649-1665) », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 69, no 4, p. 5-26. [2675

      L'analyse contextuelle de « l'imprudente mission chez l'ennemi et le retour miraculeux » (bg. 59) est le point de départ d'une présentation des rapports de forces entre les Iroquois et les Français dans la colonie. Cette étude historique pourra servir d'antidote au fabuleux (et passionnant) récit romanesque des RJNF (dont l'historien Marcel Trudel a fait Onontagué, drame historique en trois actes, toujours inédit).

2017, ERTLER, Klaus-Dieter, « Formes du discours religieux dans les Relations de la Nouvelle-France (1611-1673) », présente succinctement les RJNF de Biard, Lejeune et de Brébeuf, Présences, résurgences et oublis : du religieux dans les littératures française et québécoise, éd. de Gilles Dupuis, Klaus-Dieter Ertler et Allesandra Ferraro, Frankfurt am Main, Peter Lang, 260 p., p. 15-29. [2676

2017, MELZER, Sara E., « Comment écrire l'histoire de la rencontre franco-amérindienne ? », Voyages, rencontres, échanges au XVIIe siècle : Marseille carrefour, actes du colloque annuel de la North American Society for seventeenth-century french literature (5-8 juin 2013), éd. de Sylvie Requemora-Gros, Tübigen, Narr Franck Attemto Verlag, Biblio 17, vol. 211, 575 p., p. 63-71. [2677

      Enseignement inexistant dans le système scolaire français. L'objectif colonial français de civiliser les Amérindiens, projet que l'on trouve abondamment illustré dans les RJNF.

2017, PASCHOUD, Adrien, « Du récit à la gravure : les missions jésuites de la Nouvelle-France à la lumière du martyrologe de Matthias Tanner », Penser l'Amérique : de l'observation à l'inscription, éd. de N. Vuillemin et de T. Wien, Oxford University Studies in the Enlightenment, Voltaire Foundation, xiv-264 p., p. 27-41. [2678

      Cf. no 2746.

2019, RÉGENT SUSINI, Anne, « Dépaysement et détours d'une scénographie édifiante : le converti des relations jésuites, un prédicateur sans ministère », Voix autochtones dans les écrits de la Nouvelle-France, éd. de Sandrine Tailleur, d'Émilie Urbain et de Luc Vaillancourt, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 372 p., p. 265-290. [2679

      Le commentaire d'extraits des RJNF rassemblés intuitivement sur le thème des prédications « amérindiennes » est intéressant, s'agissant de notes de lectures, mais l'étude ne saurait commencer sans une mise en contexte rigoureuse des extraits sous analyse. Cela participe de la critique littéraire de la Chaire de Chicoutimi. En voici un exemple tout simple (p. 278) : parmi les faits d'édification retenus par « un père » de la Résidence de Saint-Joseph, à la dernière phrase du chapitre 4 de la Relation de 1642 (JR, 22: 112), on lit (1) la présentation du missionnaire de (2) l'invocation du Montagnais qu'on baptise Augustin et, pour finir, la conclusion généralisante du missionnaire avec une (3) citation biblique, en latin, qui se traduit ainsi : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël de ce qu'il a visité et racheté son peuple » (Luc, 1: 68-69). Aucun Sauvage ici ne parle latin... Même remarque des deux citations latines qui précèdent (p. 277). Or, cela s'applique globalement au chapelet de citations qui constitue l'ensemble de l'article : chacune d'entre elles aurait besoin d'une « explication de texte ». Et cela devrait commencer par une appréciation correcte des compétences linguistiques des missionnaires jésuites, car il n'y a pour eux aucune « barrière linguistique » (p. 286), n'ayant besoin d'aucun interprète (p. 275).

2019, ROUXEL, Pierre, « les Relations inédites de la Nouvelle-France et la Côte-Nord (1672-1678 », Littoral (Sept-Îles), no 14, p. 30-46, dont une liste des chapitres des RJNF sur les missions de Tadoussac, du Saguenay et de la Côte-Nord (p. 41-42); avec aussi un répertoire biographique des trente jésuites du Saguenay, conçu à partir de l'ouvrage d'Antonio Dragon édité par Adrien Pouliot (no 2443), p. 43-46. Le tout suivi d'« Extraits des Relations inédites », p. 61-75. [2680

Jésuites, Lettres édifiantes et curieuses (5.2.24 bis )

2013, POIRIER, Guy, « Une Nouvelle-France déjà oubliée : les préfaces des Lettres édifiantes et curieuses (1703-1776) », Relire le patrimoine lettré de l'Amérique française, édition de Sébastien Côté et de Charles Doutrelepont, Québec, Presses de l'Université Laval, xii-262 p., p. 219-231. [2681

Jogues, Isaac (5.2.24 tertio)

2013, BAPST, Patrick, « Étude de cas : la lettre d'Isaac Jogues au Provincial » (5 août 1643), « Alter orbis litteratum » ou Une littérature coloniale historicisée : le statut des textes latins dans le contexte missionnaire de la Nouvelle-France (1608-1763), Mémoire de maîtrise, Faculté des Lettres, université de Lausanne, 151 p., chap. 5, p. 87-109. [2682

      Sur le texte à l'étude, cf. SMC, 2: 133, Ts(1), et 172-173, n. 10. P. Bapst ajoute à ces dépouillements deux copies, dont l'une a été éditée par Lucien Campeau (MNF, 5: 592-625) : Archives de la Société de Jésus de la Province de Lyon (ALSI), coll. Prat, anc. Compagnie, vol. 9, p. 359-392), maintenant aux AFSI, à Vanves. En fait, L. Campeau reproduit le manuscrit A, mais ne dit rien du manuscrit B qui suit (Bapst, p. 14, n. 20).

Note critique

      La thèse de Patrick Bapst est un panorama interrogeant les écrits latins des jésuites de/sur la Nouvelle-France. On a vu plus haut (no 2508) qu'il tentait en vain de créer ainsi, avec quelques latinistes, un nouveau domaine de recherche, inexistant, une « littérature latine » de Nouvelle-France, celui des « écrits coloniaux des jésuites de la Nouvelle-France ». Il est vrai que l'étude des écrits latins des jésuites de/sur la Nouvelle-France mérite d'être enfin menée de manière systématique et scientifique et je pense que ce mémoire contribuera à la réalisation de cette entreprise.

      Cela dit, je dois exprimer mon total désaccord avec la perspective que ces latinistes veulent imprimer à ces travaux. Ils prétendent mettre au jour la culture et la langue classiques de nos jésuites de Nouvelle-France, alors que cela n'a manifestement pas lieu. Il est évident, il ne fait aucun doute, que les jésuites n'expriment jamais d'autres traits de culture classique que ce qui leur vient soit de leurs études, soit de leur enseignement. Sur les 56 RJNF parues de 1632 à 1672, on ne trouvera pas plus de 100 ou 150 très vagues allusions à la littérature classique, chaque fois de l'ordre de la « citation » scolaire convenue.

      Or, voici de Patrick Bapst en fait magistralement la preuve. Dans la longue lettre latine à son Provincial, il a trouvé exactement et précisément deux, je souligne, d-e-u-x, deux formulations d'Isaac Jogues qui viennent de ses études latines ou de son enseignement. Il s'agit chaque fois de quatre ou cinq mots qui lui sont soufflés de ses souvenirs scolaires. Un petit syntagme pris de l'Énéide, « Exoriare aliquis nostris ex assibus ultor ! » (« que de mes ossements il naisse un vengeur » (Énéide, 4: 625; trad. Roustang, p. 216); et un autre extrait des Tristes d'Ovide, « non cibus utilis aegro » (« le malade n'a pas besoin de nourriture »). Et le latiniste de nous exposer les contextes de ces deux « citations » et de les mettre en parallèle avec leur sens dans le texte de Jogues, pour aboutir à des interprétations vraiment tirées par les cheveux (Énée en missionnaire chrétien et Didon en Sauvagesse !), et surtout contradictoires avec leur sens immédiat (la déclaration d'Eustache lors de son supplice, qui n'a pas dit, selon la coutume, que de ses ossements sortirait un vengeur, correspond rigoureusement à un fait socio-ethnologique, le supplicié chrétien adoptant un comportement contraire à la traditionnelle attitude de défi des guerriers amérindiens dans ce cas).

      Cela dit, le travail de Patrick Bapst est d'une lecture passionnante. Je ne sais pas si l'on fait souvent à l'Université de Lausanne des mémoires de maîtrise qui ne mettent pas en place un sujet ou un projet de recherche (qui pourra être lancé à l'occasion d'un travail de doctorat), mais on trouve ici un très original panorama qui circonscrit un corpus sous des angles très nombreux. Quelle est sa principale qualité, en dépit de mes critiques ? Ce petit ouvrage est captivant et se lit avec profit, s'agissant d'une introduction vivante aux écrits (en latin) de la Nouvelle-France.

      Une vétille pour finir ? Nos « saints Martyrs canadiens » n'ont jamais été canonisés au sens théologique chrétien, celui de « témoin, témoignage » (p. 91). Ce n'est pas vrai. Ils ont été canonisés au sens strict, non seulement comme saints, mais également comme martyrs, par un procès de canonisation, alors que c'est là une pure affabulation.


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