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bibliographie littéraire de la Nouvelle-France
TdM Présentation Errata/addenda Complementum : vol. I, vol. II Index TGdM
 
  Histoire littéraire de la Nouvelle-France  
 
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Bibliographie littéraire de la Nouvelle-France

Guy Laflèche

Bibliographie littéraire de la Nouvelle-France,
Laval, Singulier (coll. « Les cahiers universitaires du Singulier », no 2), 2000.

Complementum II, auteurs (2)

La Brosse, Jean-Baptiste de (5.2.25 tertio)

1984, HÉBERT, Léo-Paul, Histoire ou Légende ? Jean-Baptiste de La Brosse, Montréal, Bellarmin, 546 p. [2683

      Cette biographie du missionnaire et linguiste de l'innu compte parmi les quelques rares chefs-d'oeuvre de l'analyse sérielle sur la Nouvelle-France. Rarement aura-t-on vu un historien et biographe rassembler, classer et présenter aussi rigoureusement les documents sur son « sujet » pour les laisser à l'interprétation du lecteur.

2018, LAMBERT-BRÉTIÈRE, Renée, « Une grammaire innue du XVIIIe siècle », Littoral (Sept-Îles), no 13, p. 79-85. [2684

Lafitau, Joseph-François (5.2.27)

2014, MELANÇON, Robert, « Joseph-François Lafitau, Moeurs des sauvages américains comparées aux moeurs des premiers temps (1724) », Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien : aux origines d'une tradition culturelle, éd. de Claude Corbo, Presses de l'Université de Montréal, 2014, 396 p., p. 107-117. [2685

*2014, GASBARRO, Nicolas, Joseph-François Lafitau : il viaggio della vita, Milan, Il sole 24 ore (coll. « La compagnia de Gesù », no 8), 207 p. [2686

      L'auteur présente l'ouvrage de Lafitau comme un voyage culturel et anthropologique à travers les civilisations, dans une perspective théologique.

2014, VALLÉE, Andréanne, « Dans le sillage du père Joseph-François Lafitau : les Avantures de Claude Le Beau », Jesuit Accounts of the colonial Americas : intercultural transfers, intellectual disputes, and textualities, éd. de Marc André Bernier, de Clorinda Donato et de Hans-Jürgen Lüsebrink, University of Toronto Press, ix-464 p., p. 404-417. [2687

      L'article reprend des « commentaires » déjà parus dans l'édition de 2011, no 1340 (cf. p. 414, n. 1).

2016, MCMURRAN, Mary Helen, « Rethinking superstition : pagan ritual in Lafitau's Moeurs des sauvages », Mind, body, motion, matter : eighteenth-century british and french literary perspectives, éd. de M. H. McMurran et d'Alison Conway, University of Toronto Press, vi-293 p., p. 110-136. [2688

2017, GASBARRO, Nicola, « l'Invention pluriculturelle de Dieu en Nouvelle-France : un récit des relations complexes entre sociétés indigènes et missionnaires jésuites », titre trompeur, puisque les missionnaires en question désignent le seul Lafitau, Présences, résurgences et oublis : du religieux dans les littératures française et québécoise, éd. de Gilles Dupuis, de Klaus-Dieter Ertler et d'Allesandra Ferraro, Frankfurt am Main, Peter Lang, 260 p., p. 45-59. [2689

      L'article, rédigé dans le style et les perspectives de Michel de Certeau, ne porte que sur les Moeurs de Lafitau. Et l'ouvrage livresque est considéré comme l'oeuvre d'un « missionnaire ».

Lahontan, Louis Armand de Lom d'Arce, baron de (5.2.28)

2006, OUELLET, Réal, « les Écrits de la Nouvelle-France : l'inscription du sujet scripteur [sic] dans son texte », De Québec à l'Amérique française : histoire et mémoire, sur Paul Lejeune et le baron de Lahontan, éd. de Thomas Wien, de Cécile Vidal et d'Yves Frenette, Québec, Presses de l'Université Laval, 404 p., p. 29-47. [2690

2008, BERTHIAUME, Pierre, « Anamorphose de "Bon Sauvage", ou Jean Chrysostome, Adario, Zakara et Igli », Écrire des récits de voyage (XVIe-XVIIIe siècles) : esquisse d'une poétique en gestation, actes du colloque de York University (Toronto) organisé par M.-C. Pioffet et Catherine Broué, édition de Marie-Christine Pioffet, avec la collaboration d'Andreas Motsch, Québec, Presses de l'Université Laval, 638 p., p. 347-357. [2691

      La dénonciation ambiguë de la propriété (« le tien et le mien ») par le Sauvage des trois auteurs, l'Adario de Lahontan, le Zakara de Jean-Henri Maubert de Gouvest et l'Igli de Jean Joubert de la Rue.

Note critique

      À mon avis, toutefois, le rapprochement dénature l'oeuvre de Lahontan et, particulièrement, ses Dialogues. Jean Chrysostome est probablement évoqué, nommé et peut-être même cité par Igli, mais il n'a évidemment rien à faire dans l'oeuvre de Lahontan, ni lui ni son personnage n'étant des « philosophes ». Il faut comprendre en effet que Lahontan est un contestataire anarchiste de l'idéologie, de toutes les pensées et des institutions européennes. Ce sont justement les Philosophes du siècle qui s'ouvre qui vont reprendre ses sujets, son personnage et ses formes discursives et narratives, pour s'en faire une arme de combat au service de leur pensée révolutionnaire. Imaginer aussi peu que ce soit que tel est déjà le cas de Lahontan, c'est non seulement trahir l'oeuvre d'un franc-tireur, mais lui enlever son principal intérêt.

      Il faut dire qu'il s'agit malheureusement du premier défaut des études sur l'oeuvre de Lahontan et qu'il s'explique facilement par notre tendance naturelle à mettre de l'ordre où précisément il n'y en a pas. On peut mettre au défi les chercheurs qui oeuvrent sur Lahontan de faire simplement le « plan » d'un des Dialogues avec Adario : ils verront vite que c'est strictement impossible; ils ne pourront, tout au plus, qu'énumérer des idées et des opinions qui n'obéissent à aucun système de pensée. Du point de vue de l'analyse littéraire de l'oeuvre, il s'agit d'une exceptionnelle réussite, puisque cela correspond rigoureusement à la structure de la majorité de nos conversations, d'un côté, et à la radicale contradictoire du discours philosophique, de l'autre. Contre-épreuve : nos chercheurs pourront constater que les « dialogues » des philosophes qui emprunteront la formule à Lahontan sont, tout le contraire, des catéchismes.

2009, CARTMILL, Constance, « l'Ensauvagement comme stratégie rhétorique dans trois relations épistolaires de la Nouvelle-France : La Potherie, Lahontan et Charlevoix », Métis Histories and identities / Histoires et identités métisses, hommage à Gabriel Dumont, éd. de Denis Gagnon, de Denis Combet et de Lise Gaboury-Diallo, Winnipeg, Presses universitaires de Saint-Boniface, 440 p., p. 305-323. [2692

2010, HARVEY, David Allen, « the Noble Savage and the savage noble : philosophy and ethnography in the voyages of the baron de Lahontan ». French Colonial History, vol. 11, no 1, p. 161-191. [2693

*2013, DÖLLING, Corinne M., « Mes amis sauvages » : Die Reiseberichte Louis-Armand de Lahontans als Dokumente der Frühaufklärung, Akademische Verlagsgemeinschaft München, 248 p. [2694

2014, OUELLET, Réal, « Louis Armand de Lom d'Arce, baron de Lahontan, Dialogues avec un Sauvage (1703) », Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien : aux origines d'une tradition culturelle, éd. de Claude Corbo, Presses de l'Université de Montréal, 2014, 396 p., p. 93-104. [2695

2017, LE BORGNE, Françoise, « "Prendre langue" auprès des Sauvages : les enjeux de la parole amérindienne dans l'oeuvre du baron de Lahontan (1702-1703) », Penser l'Amérique : de l'observation à l'inscription, éd. de N. Vuillemin et de T. Wien, Oxford University Studies in the Enlightenment, Voltaire Foundation, xiv-264 p., p. 83-103. [2696

      Survol de l'oeuvre de Lahontan (ou plutôt de sa vie et de son oeuvre), toujours du point de vue de Lahontan lui-même, privilégiant le thème des langues amérindiennes, mais sans prétendre l'étudier en tant que tel.

*2018, NICKEL, Beatrice, « Kolonien und globalisierung : interkulturelle begegnungen und wahrnehmungen von kulturlandschaften in der literatur des 18 jahrhundests », Kultur - Landschaft - Raum : dynamiken literarischer inszenierungen von kuturiandschaften, éd. de Marina Ortrud M. Hertrampf et de Beatrice Nickel, Tübingen, Stauffenburg, 286 p., p. 81-103. [2697

Lebeau, Claude (5.2.30)

2008, Gelléri, Gábor, « Le Beau et le vrai : esthétique du livre de voyage vue par les comptes rendus », Écrire des récits de voyage (XVIe-XVIIIe siècles) : esquisse d'une poétique en gestation, actes du colloque de York University (Toronto) organisé par M.-C. Pioffet et Catherine Broué, édition de Marie-Christine Pioffet, avec la collaboration d'Andreas Motsch, Québec, Presses de l'Université Laval, 638 p., p. 149-158. [2698

      Le « livre de voyage » désigne ici les Aventures de Claude Lebeau et ses comptes rendus sont ceux des Mémoires de Trévoux (octobre 1738, p. 1945-1953) et de Pierre Granet dans ses Réflexions sur les ouvrages de littérature (1738, 5e feuille, vol. 6, p. 97-109).

1014, VALLÉE, Andréanne, « Dans le sillage du père Joseph-François Lafitau : les Avantures de Claude Le Beau », Jesuit Accounts of the colonial Americas : intercultural transfers, intellectual disputes, and textualities, éd. de Marc André Bernier, de Clorinda Donato et de Hans-Jürgen Lüsebrink, University of Toronto Press, ix-464 p., p. 404-417. [2699

      L'article reprend des « commentaires » déjà parus dans l'édition de 2011, no 1340 (cf. p. 414, n. 1).

Leclerc, Chrestien (5.2.31)

2018, OUELLET, Réal, « Pathétique et ethnographie dans la Nouvelle Relation de la Gaspesie (1691) », les Récollets en Nouvelle-France : traces et mémoire, éd. de Paul-André Dubois, Québec, Presses de l'Université Laval, x-560 p., p. 267-277. [2700

Lejeune, Paul (5.2.32)

2006, OUELLET, Réal, « les Écrits de la Nouvelle-France : l'inscription du sujet scripteur [sic] dans son texte », De Québec à l'Amérique française : histoire et mémoire, sur Paul Lejeune et le baron de Lahontan, éd. Thomas Wien, de Cécile Vidal et d'Yves Frenette, Québec, Presses de l'Université Laval, 404 p., p. 29-47. [2701

2013, ANDRÈS, Bernard, « l'Humour "sauvage" : notes sur l'esprit des Montagnais en 1634 », Cahiers des dix, no 67, p. 1-23. [2702

2014, ABÉ, Takao, « the Missionary réductions in New France : an epistemological problem with a popular historical theory », French Colonial History, no 15, p. 111-133. [2703

      Très pertinente analyse critique de la désignation de « réduction » appliquée à quelques villages amérindiens sous la gouverne des jésuites de Nouvelle-France, dont le plus important aura été Sillery.

Note critique

      C'est à Paul Lejeune que nous devons les quatre occurrences désignant le Paraguay dans les écrits de la Nouvelle-France, trois dans les RJNF (dans sa Relation de 1632, JR, 5: 32, sur « le père d'un jeune homme des Paraquais »; dans sa Relation de 1637, JR, 12: 220; et sa Relation de 1638, JR, 15: 126) et une fois encore dans sa correspondance (MHNF, 4: 55) — et chaque fois avec l'orthographe « Paraquay ». L'évocation est généralement liée à la patience qu'il faut avoir vis-à-vis des conversions en Nouvelle-France et les espoirs qu'on place dans l'évangélisation de la Huronie. Le mot « réduction » ne vient apparemment jamais dans les RJNF ni sous la plume de Lejeune (cf. « Mission colonies (reductions) » à l'index de Thwaites, JR, 73: 45). Or, c'est à la supposée « réduction » de Sillery que les historiens associeront le phénomène. Takao Abé étudie très minutieusement la question, pour en venir à la conclusion qu'il s'agit d'une très vague comparaison... de l'historiographie, qui ne correspond à aucun projet missionnaire des jésuites.

      Si l'on voulait prolonger et confirmer l'analyse de Takao Abé, on pourrait recourir à l'ouvrage de Guillermo Furlong, Misiones y sus pueblos de Guaranies (Posadas, imprimerie Lumicop [pour les jésuites de la province de Misiones], 2e éd., 1978, 791 p.). On y verra vite combien T. Abé a raison, tant il est évident que les réductions du Paraguay n'ont jamais eu aucun équivalent en Nouvelle-France et sont sans aucun rapport avec le petit village de Sillery.

      Reste une question toute simple. Paul Lejeune désigne « la Relation de ce qui se passe au Paraquais » (JR, 12: 220). À remarquer la coquille « Paraquais », qui se trouve bien dans le titre de l'ouvrage :

Jacques Rançonier (1600-1636), Relation des insignes progrez de la religion chrestienne, faits au Paraquai, province de l'Amerique meridionale, & dans les vastes regions de Guair & d'Uruaig, nouvellement découvertes par les peres de la Compagnie de Jesus, és années 1626 & 1627 envoyée par le père Nicolas Durán au général Vitelesci, traduite du latin (parue à Anvers, 1636) au français, Paris, Sébastien Cramoisy, 1638, xi-163 p. [2704

      La reprise du titre en tête du texte porte correctement « Paraguai », mais à première vue la coquille fait la preuve que Lejeune désigne bien cet ouvrage.

      Or, la désignation de l'ouvrage dans la Relation de 1637 soulève une question difficile. Cette Relation du « Paraquai(s) » est bien de 1638 : l'Avertissement en tête de l'ouvrage désigne deux fois 1637 comme l'« année dernière ». En revanche, l'Approbation du provincial Estienne Binet est datée du 22 décembre 1635. Pour que Lejeune puisse avoir connu l'ouvrage au plus tard au printemps 1637, il faut imaginer qu'il en ait reçu une copie manuscrite. Or, chez les jésuites du XVIIe siècle, cela est fort plausible. Mais l'explication peut être plus simple. Lejeune devait savoir que l'ouvrage était en cours de traduction, mais avait en main l'original latin, qui porte lui-aussi la coquille sur sa page de titre !

[Jacques Rançonier, édité par Nicolás Durán-Mastrilli], Litterae annuae provinciae Paraquariae (sic) societatis jesu..., Antverpiae, Joannis Meursil, 1636, 168 p. [2705

      À la lecture de cet état présent de 1627, énumérant les missions jésuites d'Argentine et d'Uruguay, personne ne peut avoir une idée concrète de ce qu'étaient les réductions du Paraguay, réductions qui s'étaient pourtant développées depuis un siècle à ce moment. Puisque c'était la « source » de Paul Lejeune, on peut présumer qu'il n'en savait donc rien. D'ailleurs, les ouvrages historiques commencent à peine à paraître (en espagnol) à ce moment : la Conquista espiritual [...] del Paraguay d'Antonio Ruiz de Montoya paraît en 1639. Mais il faudra attendre le XVIIIe siècle pour que l'on ait une idée concrète de ce qu'avaient été les réductions, soit par exemple la publication des oeuvres manuscrites de José Cardiel : la Carta y relación de las misiones del Paraguay (1747), par exemple; voir la réédition de la réécriture de cet ouvrage et l'introduction d'Héctor Sáinz Ollero : José Cardiel, « Breve Relation... », sous le titre las Misiones del Paraguay, Madrid, Historia 16, 1989, 205 p.

2014, FERRARO, Alessandra, « les Récits personnels de Marie de l'Incarnation ou De l'écriture autobiographique détournée », Francofonia (Florence), vol. 34 (no 1), no 66, p. 177-191. [2706

      L'article comprend une étude de la réécriture de la lettre de Marie Guyart-Martin de l'Incarnation sur la mort de Marie de Saint-Joseph (au printemps 1652, Oury, bg. 77, lettre 140, p. 436-473) par Paul Lejeune au chapitre 10 de la Relation de 1652 de Paul Ragueneau (JR, 38: 68-164). Cf. no 2625.

2015, LOPENZINA, Drew, « Le Jeune dreams of moose : altered states among the Montagnais in the Jesuit Relations [sic] of 1634 », Early American Studies (University of Pennsylvania), vol. 13, no 1, p. 3-37. [2707

      Le rêve (impératif) amérindien tel qu'il est présenté par Champlain, puis analysé par Lejeune dans sa Relation de 1634. Le surtitre de l'article vient d'un épisode (largement humoristique) où Lejeune oppose au rêve funeste de Mestigoït (qui annonce la famine, la maladie et la mort du missionnaire) celui qu'il a fait peu de jours auparavant où il voyait deux originaux, annonçant donc le succès de la chasse ! (JR, 7: l18). Cela dit, l'étude du rêve est largement le prétexte d'une lecture critique de la relation, voire d'une critique de l'entreprise civilisatrice du missionnaire.

2016, LE BRAS, Yvon, « Du Canada aux "Îles de l'Amérique" et à la "Terre Ferme" : l'Amérindien dans les Relations des jésuites Paul Lejeune, Jacques Bouton et Pierre Pelleprat », Textes missionnaires dans l'espace francophone, vol. 1, Rencontre, réécriture, mémoire, éd. de Guy Poirier, Québec, Presses de l'Université Laval, viii-184 p., p. 7-21. [2708

      Rapprochements, sur la figure de l'Amérindien, entre les relations de Paul Lejeune et la Relation de la Martinique (1635) de Jacques Bouton (Paris, Cramoisy, 1640, rééd. de Y. Le Bras et de R. Ouellet, PUL, 2012) et la Relation (1651-1654) de Pierre Pelleprat (Paris, Cramoisy, 1655, rééd. dirigée par R. Ouellet, PUL, 2009).

2017, DEROME, Robert, les Portraits du père jésuite Paul Le Jeune, confusions et conversions... < rd.uqam.ca/LeJeune/ >. [2709

      « Portraits de Le Jeune, confondus avec Régis, convertis en Charlevoix gauche, en charlevoix droite, puis en Marquette ! ». Une formidable aventure iconographique qui commence avec la gravure de Paul Lejeune par René Lochon en 1665.

2017, LAFLÈCHE, Guy, Paul Lejeune, missionnaire de Nouvelle-France, le premier linguiste et grammairien de l'innu, Laval, Singulier, 320 p. [2710

2017, LE BRAS, Yvon, « "Hiverner avec les Sauvages..." : la mission volante de Paul Lejeune, premier supérieur jésuite de Québec », l'Errance au XVIIe siècle, « Errances en Nouvelle-France », articles sélectionnés du 45e colloque de la North American Society for seventeenth-century french literature (Québec, 4-6 juin 2015), édition de Lucie Desjardins, de Marie-Christine Pioffet et de Roxanne Roy, Biblio 17, vol. 216, 472 p., p. 71-116, p. 89-96. [2711

      Repris succinctement dans l'article suivant.

——, « le Journal du voyage du père Paul Lejeune sur la rive sud du Saint-Laurent » (dans sa Relation de 1634), Littoral (Sept-Îles), no 13, 2018, p. 88-91. [2712

      Illustre et relance les conclusions de l'étude de G. Laflèche en tête de son édition de la Relation de 1634 en 1973 (bg. 1018).

2018, ANDERSON, Emma, « "the Road not taken", re-examining Pierre-Anthoine Pastedechouan and the recollets », les Récollets en Nouvelle-France : traces et mémoire, éd. de Paul-André Dubois, Québec, Presses de l'Université Laval, x-560 p., p. 207-224. [2713

      Pastedechouan est certes le produit de l'apostolat des récollets qui le conduisent en France où il résidera cinq ans. Mais, avec son retour, en 1632, il devient le professeur d'innu de Paul Lejeune et son personnage principal dans ses Relations de 1633 et de 1634.

2019, LE BRAS, Yvon, « la Parole amérindienne dans les Relations de Paul Lejeune, premier supérieur jésuite de Québec », Voix autochtones dans les écrits de la Nouvelle-France, éd. de Sandrine Tailleur, d'Émilie Urbain et de Luc Vaillancourt, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 372 p., p. 251-264. [2714

      L'article ne met pas en contexte les extraits choisis, de sorte qu'ils ne peuvent pas être évalués rigoureusement. Par exemple, de bons mots de collégiens (pris de la Relation de 1639) sont présentés comme significatifs la « parole discordante de l'Autre » (p. 260).

Leroux, Valentin (5.2.33)

2016, BROUÉ, Catherine, « le Premier Établissement de la foy, une oeuvre collective supervisée ? étude de la réécriture d'un passage de l'Histoire du Canada », Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 77-96. [2715

      Le texte le plus drôle jamais paru dans le domaine des études littéraires sur la Nouvelle-France. Le plus désolant ? Mais non, il faut garder le moral et savoir rire.

      L'article, comme on va le lire ci-dessous, ne concerne pas l'Histoire du Canada, puisque l'extrait choisi ne correspond à aucun passage du Premier Établissement. Pire encore, Catherine Broué ne pouvait mener l'étude proposée par le titre de son article sans que son point de départ ne soit la section que Serge Trudel consacre à Sagard comme source du Premier Établissement dans son étude de genèse : chap. 2, « Les sources de l'information événementielle », section 1.2, « L'Histoire du Canada de Gabriel Sagard (1636) » (bg. 1058, p. 111-117). S'agissant du sujet à l'étude, ces conclusions devaient nécessairement être reprises pour pouvoir être développées. Bref, voilà un inutile exercice de scolastique, le commentaire de texte, à mille lieues de la recherche scientifique. En revanche, les « hypothèses » vraiment farfelues qu'on trouve dans ce pensum doivent être vivement dénoncées. L'expérience montre, particulièrement dans les études littéraires de la Nouvelle-France, que ce sont souvent les idées les plus sottes qui se répandent le plus vite !

      Il faut aller plus loin et dénoncer cette propagande moliniste (je m'amuse !) qui fait la promotion d'un obscur traité sur la prédestination d'un certain Hyacinthe Lefebvre. Une scandaleuse horreur. Voici par exemple deux titres impies, du Discours quatrième du traité : « Dieu veut prédestiner tous les hommes » (p. 81) et « Dieu fournit aux hommes les moyens nécessaires à leur prédestination » (p. 84). Manifestement, Catherine Broué nous présente le plus candidement du monde une belle et vieille dissertation savante qui ne faisait pas la différence entre le Père Éternel et le Père Noël. De très nombreuses âmes sensibles pourraient aujourd'hui être victimes de cette pensée, on ne peut plus néfaste, digne des Soldats du Christ, qui n'avaient pas encore compris que Jésus avait ordonné à Pierre de remettre son épée au fourreau. On doit tous être scandalisés de ce comportement immoral de Catherine Broué. Cela dit, le moment de la grâce victorieuse de l'intelligence de la pensée janséniste n'est pas encore venu pour elle et nous devons prier que la Divine Miséricorde ne lui tienne pas rigueur de son aveuglement. Serge Trudel et moi, dans Un janséniste en Nouvelle-France, disons-le, quod debuimus facere facimus : servi inutiles sumus.

Note critique

      Catherine Broué ignore les conclusions établies depuis pas moins de quinze ans sur le Premier Établissement de la foi de Valentin Leroux et tripote les anciens travaux de Raphaël Hamilton de 1976 ! (ce n'est pas d'hier : bg. 1057), pour nous présenter à nouveau un « ouvrage collectif »... Mais tout cela, et bien d'autres idées vraiment surprenantes, se greffe sur une non-étude. En effet, on a d'un côté deux éditions synoptiques en annexe, qui n'ont tout bonnement pas lieu, d'où découlerait un « commentaire de texte » sur les supposés « rapports » entre l'Histoire du Canada (HC) et le Premier Établissement de la foi (PEF). Or, ces textes ne concordent pas du tout. Il faut se reporter à la thèse de Serge Trudel (bg. 1058, p. 264), qui fait autorité dans le dépouillement des sources du PEF (ici, vol. 1, p. 30-35), pour savoir que la source de l'extrait n'est pas Sagard, mais le militaire anonyme qui a préparé pour Valentin Leroux le mémoire intitulé Histoire chronologique de la Nouvelle-France (HCNF, bg. 128). La conclusion de Serge Trudel est claire et nette et ne fait aucun doute : la source de ce passage du premier chapitre du premier volume de PEF étudié ici est, je cite, « HCNF, p. 88-92 ». C'est clair, il me semble. L'HC n'a absolument rien à faire en l'occurrence. Et on ne manquera pas d'être surpris de trouver dans le second annexe de l'article la source de l'extrait du PEF édité dans... le premier annexe ! Bref, cet article n'a pas sa place dans un recueil consacré aux oeuvres attribuées à Gabriel Sagard, puisque Catherine Broué choisit un extrait de PEF dont l'HC n'est pas la source, alors même que Serge Trudel a déjà identifié très précisément les nombreux passages du PEF dont l'HC est justement la source ! Le sujet de l'article se trouve donc là, dans cette thèse, que C. Broué n'a pas su utiliser adéquatement.

      Oh ! ce n'est pas tout. Non seulement cet article n'a aucune valeur parce qu'il est mal informé, mais il est de lui-même une remarquable entreprise de désinformation. Commençons par l'HCNF dont il vient d'être question, car il s'agit de l'affabulation la plus follement délirante de l'article. On sait que ce manuscrit avait été intempestivement attribué au récollet Sixe Le Tac par Eugène Réveillaud en 1888, ce qui est d'autant plus surprenant que le mémoire destiné à Valentin Leroux est très volontairement et explicitement anonyme, tandis que l'auteur s'identifie clairement comme un militaire en poste à Québec au cours de l'hiver 1679. La préface toute simple présente la situation sous le titre « Lettre de l'auteur à un de ses amis ». Comme le manuscrit se trouve aux Archives des récollets de Saint-Denys à Versailles, Réveillaud s'est convaincu qu'il devait être l'oeuvre d'un récollet (ce que dément la lecture du texte). Lorsqu'il lit, en tête de la Lettre, que « le pays est stérile en affaires de guerre dont je fais profession »..., il écrit (p. 1, n. 1) « la phrase est ingénieusement calculée pour faire croire que l'auteur de l'histoire était un officier de l'armée... » ! Cela dit, tout le monde a droit à l'erreur et nous sommes en 1888. Voilà « une petite mise en scène pouvant faire croire qu'un militaire en est l'auteur », réécrit avec la plus belle naïveté Catherine Broué, en 2016 ! (p. 83). Oui, en 2016 ! C'est à mourir de rire, puisque l'on sait depuis longtemps, très longtemps, qu'aucun récollet ne peut avoir rédigé ce mémoire, c'est impossible; il s'agit d'un manuscrit, d'un manuscrit anonyme ! alors pourquoi la désignation de la profession de l'auteur serait-elle une « mise en scène » ? Non seulement il n'y a aucune raison de reprendre l'« hypothèse » justifiée de Réveillaud, en 1888, en ce qu'il croyait, lui, connaître le véritable auteur du mémoire, Sixe Le Tac, mais, aujourd'hui, en 2016, évidemment, il ne s'agit plus d'une hypothèse, mais d'une toute simple faute d'attribution. Maintenir aujourd'hui (en 2016, il faut le répéter ! tant cela est hallucinant) la justification d'une hypothèse qu'on sait totalement fausse est évidemment risible. R-i-s-i-b-l-e. Nous sommes ici dans un exercice d'humour blanc, un sommet encore jamais atteint dans les études littéraires sur la Nouvelle-France.

      L'HCNF est l'oeuvre d'un militaire de Québec, qui tient à l'anonymat, pour des raisons qui apparaissent évidentes à la lecture du manuscrit, manuscrit destiné à Valentin Leroux, qui en fera le canevas du premier tome de son PEF. Catherine Broué ne sait pas cela ? N'importe quel lecteur du Janséniste en Nouvelle-France le sait.

      Mais il n'y a pas que la rigolade. Catherine Broué doit être plus sévèrement corrigée encore sur un autre point qui, celui-là, ne relève pas de l'anachronisme, mais de la (mé)connaissance. Elle s'est en effet mise en frais d'étudier une question relative au jansénisme dont elle n'a manifestement aucune idée. Tout le monde ne peut pas avoir étudié sérieusement la pensée janséniste et personne n'est forcé de comprendre quelque chose à l'essai qui s'intitule justement Un janséniste en Nouvelle-France, ouvrage qui expose pourtant très précisément la pensée janséniste de Valentin Leroux. Sa pensé s'exprime et dans une lettre de lui publiée par Chrestien Leclercq dans sa Nouvelle Relation de la Gaspésie (NRG), lettre de 1679, et dans son PEF de 1691. L'affaire est aussi simple qu'amusante, pour ne pas dire hilarante. Catherine Broué nous sort un ouvrage de Hyacinthe Lefebvre intitulé Traité de la prédestination ou Extraits du livre de vie contenant les moyens nécessaires pour être du nombre des Bienheureux (Paris Thierry, 2 vol., 1678 et 1679), ouvrage qui « présente un vocabulaire commun avec certains passages » du PEF ! (p. 85). On trouvera des dizaines, des centaines d'ouvrages sur la prédestination et il sera très difficile de ne pas leur trouver un « vocabulaire commun » ! Et d'en citer des extraits au hasard pour bien nous montrer que Valentin Leroux s'inspirait certainement de cet ouvrage, s'agissant de deux récollets ! En plus, on pouvait s'y attendre, ses commentaires des extraits du livre de Lefebvre montrent qu'elle ne comprend pas les textes qu'elle cite, exactement comme Leclercq ne comprenait pas la Lettre de Leroux qu'il recopiait... D'ailleurs les « commentaires » de Catherine Broué sont souvent assez difficiles à suivre. Il suffit de poser simplement les thèses en présence. L'ouvrage de Lefebvre sur la prédestination est contradictoire avec la pensée janséniste dès son titre. Pour un janséniste, il n'y a, par définition, aucun « moyen » de se porter au nombre des élus, s'agissant d'une prérogative exclusivement divine. Il faudrait travailler à sa « Prédestination » pour éviter la « Réprobation » ? L'un des plus extraordinaire moyen proposé par Lefebvre est de recourir... à l'intersession de la Sainte Vierge ! Vous imaginez un instant le grand Arnauld, Pascal et notre Leroux adeptes des chapelets en rosaires ? Du point de vue janséniste, l'ouvrage de notre bon père Lefebvre est évidemment une épouvantable niaiserie. Et, pour nous, tout l'intérêt est là : la pensée janséniste de Valentin Leroux est contradictoire avec celle de son confrère Hyacinthe Lefebvre, alors qu'elle est posée dans sa lettre de 1679, éditée dans la NRG en 1691, puis développée dans son PEF, toujours en 1691. Et cette réflexion est d'une remarquable originalité, puisque jamais la pensée janséniste n'avait encore été appliquée aux missions, aux missionnaires; elle est aussi de toute beauté; et, enfin, elle n'a aucun rapport avec aucun traité sur la « prédestination », notamment celui de Lefebvre qui n'a rien de janséniste.

      L'article de Catherine Broué prouve, avec une magistrale naïveté, qu'elle ne comprend rien à tout cela. Voilà bien la preuve que l'ignorance peut être donnée à tous (comme la grâce efficace des molinistes !) et qu'on devrait toujours se méfier de ses prétentions.

      Nous sommes ici en face d'un piètre amalgame qui multiplie les affabulations. Exemples ? Lefebvre a publié deux de ses ouvrages à Lyon, la seconde édition du PEF en 1692 se fait à Lyon, quelle coïncidence ! même s'il s'agit de trois éditeurs différents (p. 85). « Or, voici que l'attribution du [PEF] à Valentin Le Roux [sic] perd tout à coup de sa pertinence » : et vous ne savez pas pourquoi ? parce que « l'hypothèse voulant que Valentin Le Roux, auteur incontesté de sa lettre dans l'ouvrage tout aussi incontesté de Chrestien Leclercq, soit également l'auteur incontestable des deux tomes du [PEF] ne peut tenir si la lettre attribuée à Le Roux dans Leclercq n'est pas de Le Roux ! » (p. 86-87). Vous n'avez pas compris ! Relisez ! Vous ne comprendrez pas plus. En vérité, les concepts « de grâce et de prédestination » dans le PEF ne sont pas « jansénistes par essence » (p. 87), comme on le voit à leur expression dans le livre de Lefebvre. Et C. Broué de nous citer un passage de la lettre de Leroux « parfaitement congruent avec les concepts exposés par Hyacinthe Lefebvre » (p. 87). Conclusion : « en bref, les thèmes traités chez Lefebvre pourraient avoir servi à la rédaction de la "lettre de Le Roux" » (p. 87). Mais on ne saurait en conclure que Lefebvre est en fait l'auteur du PEF, car Leroux pourrait « avoir eu l'occasion de compulser [sic] l'ouvrage » de Lefebvre avant la rédaction de PEF (p. 87), qui est, sachez-le, une oeuvre collective (p. 88). Etc. Nous sommes en plein délire.

      Cela dit, dans toute cette bouillie pour les chats molinistes, il faut en venir à l'essentiel, car on se trouve donc devant exactement trois situations caractéristiques. Celle du récollet janséniste (Leroux) et celle du récollet moliniste (Lefebvre), puis celle du bon père Leclercq et de Catherine Broué qui ne comprennent absolument rien à ces questions de polémiques théologiques.

      Mais revenons-y, et lourdement, puisqu'il faut ici faire preuve de nécessaire pédagogie. Catherine Broué trouve donc ce bel extrait des Extraits (bis) de Lefebvre qui distingue fort bien nos grâces « efficace » et « suffisante ». Je vous recopie l'extrait du bon père Lefebvre cité par notre belle âme, Catherine Broué : « Quoy que Dieu donne sa grâce à toutes les âmes, ce n'est pas en la mesme manière, sa grâce assiste autrement quand elle est offerte que quand elle est reçue, car lors que Dieu offre sa grâce elle assiste en inspirant, lors que l'homme l'accepte, elle assiste en coopérant, elle nous inspire sans nous, mais elle ne nous aide pas sans nous. Ainsi quand elle inspire elle s'appelle prévenante, excitante & suffisante. Quand nous coopérons, elle se nomme convertissante, effective & efficace » (Broué, p. 85-86, Lefebvre, 1: 274, dans son fameux chapitre « De la grâce efficace avec un coeur persuadé » !). Et Catherine Broué, qui n'a jamais lu les Provinciales (ou n'y a rien compris), de faire dans la nuance : « La marge, toutefois, est mince entre la prédestination janséniste et la conception de la prédestination telle que l'explicite Lefebvre, approuvée par Rome » ! (p. 86, « approuvé par Rome » !). Non, ce n'est pas du tout une pure sottise ni l'expression spontanée d'une rare ignorance : c'est tout bonnement un bel effort d'oecuménisme... C'est à mourir de lire/rire, évidemment . Catherine Broué ne se doute pas que la « grâce efficace » est une absurdité, pour les jansénistes, et notamment pour Valentin Leroux, s'agissant de la grâce d'être damné, selon le bon mot du Grand Arnould. Catherine Broué n'a aucune idée de ce qui constitue la pensée janséniste. Elle ne peut en voir la radicale expression par Valentin Leroux dans sa lettre de 1679 et son livre de 1691, ce qui prouve pourtant hors de tout doute que les deux textes sont de la même main.

      Comme on dit couramment, « ouf ! il y en a qui ne comprennent rien à rien ». Redisons-le, peut-être sera-t-on enfin compris : la grâce « convertissante, effective & efficace » du pauvre et naïf Hyacynthe Lefebvre, c'est une monstruosité qui n'a aucun sens. Non ! aucun Indien ne sera jamais converti, comme le croient les jésuites qui se prennent pour Dieu le père, sans que Dieu, le vrai Dieu, intervienne en leur faveur. Il faut attendre le moment de sa grâce. C'est pourtant simple, élémentaire et facile à comprendre. Valentin Leroux est le seul et unique « missionnaire » qui a osé l'écrire et deux fois, en 1679 et 1691. Et tout cela a été expliqué en long et en large dans Un janséniste en Nouvelle-France en 2003...

Léry, Jean de (5.2.34)

      On ne trouve répertoriés ici que les travaux portant sur le récit de voyage au Brésil. Je suppose toutefois que les spécialistes du récit (1578) de son Voyage (en 1556-1558) ne manqueront pas de s'intéresser à toutes les oeuvres de l'auteur, dont son Histoire mémorable de la ville de Sancerre (1574). Ils se reporteront, par exemple, aux travaux récents de la traductrice de l'oeuvre en italien, Bruna Conconi.

2011, BRUYÈRE, Vincent, « Postcolonial Display / early modern disguise : looking back at the Savage », Display and disguise, éd. de Manon Mathias, de Maria O'Sullivan et de Ruth Vorstman, Bern, Peter Lang, (coll. « Modern French Identities », no 95), 227 p., p. 67-85. [2716

*2011, CÔTÉ, Sébastien, « Roman historique et réécriture de Léry au Goncourt en passant par Ruffin » [J.-C. Rufin, Brésil rouge, Gallimard, 2001], les Réécrivains : enjeux transtextuels dans la littérature moderne d'expression française, Bern, Lang (coll. « Littérature de langue française », no 17), vi-234 p., p. 23-37. [2717

2011, LESTRINGANT, Frank, « l'Iconographie de l'Histoire d'un voyage faict en la terre du Bresil (1578-1611) de Jean de Léry : sources et fortunes », le Livre du monde, le monde des livres, mélanges en l'honneur de François Moureau, éd. de Gérard Ferreyroller et de Laurent Versini, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 1168 p., p. 717-755. [2718

      Les cinq belles et simples gravures, très homogènes, de la première édition (1578), les trois nouvelles, aussi complexes que frustres, de la seconde édition (1580).

*2011, SILVER, Suzan K., « Cannibalism, nudity, and nostalgia : Léry and Lévi-Strauss revisit Brazil », Studies in travel writing, vol. 15, no 2, p. 117-133. [2719

2012, HOULLEMARE, Marie, « Justice et éthique dans les récits de voyage français en Amérique au XVIe siècle », Éthique et droit, du Moyen Âge au siècle des lumières, éd. de Bénédicte Boudou et de Bruno Méniel, Paris, Classiques Garnier, 378 p., p. 89-101. [2720

2012, PIOFFET, Marie-Christine, « Dialogisme et relation de voyage : premiers éléments de réflexion tirés des écrits de Jacques Cartier et de Jean de Léry », le Livre du monde, le monde des livres, mélanges en l'honneur de François Moureau, éd. de Gérard Ferreyroller et de Laurent Versini, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 1168 p., p. 701-715. [2721

      Étude thématique de la parole et de la langue autochtones dans les relations des voyages de Cartier et l'Histoire de Léry.

2013, GANNIER, Odile, « le Tupi, le caraïbe et le galibi sans peine : glossaires, manuels et catéchismes à l'usage des voyageurs et missionnaires (XVIe-XVIIe siècles) », Échos des voix, échos des textes, mélanges en l'honneur de Béatrice Périgot, éd. d'O. Gannier et de Véronique Montagne, Paris, Garnier (coll. « Rencontres », no 252), 727 p., p. 439-466. [2722

      Comparaison des exposés de Jean de Léry sur la langue des Tupi avec ceux de Pierre Pelleprat (1609-1667) et d'Antoine Biet (1620-16??) sur la langue des Galibis et de Raymond Breton (1609-1679) sur celle des Caraïbes.

2013, LAJARTE, Philippe de, « Une écriture à hauts risques : l'Histoire d'un voyage en terre du Brésil de Jean de Léry », Réforme, humanisme, renaissance, vol. 39, no 76, p. 87-105. [2723

      « Écriture à hauts risques » ? L'auteur n'explique jamais cette expression dans son article et il faudrait en deviner le sens, à une toute petite allusion. Le scientificité et la modernité de l'Histoire tiendraient à l'observation et à l'expérience, dont il faudrait aller au-delà.

2014, YANDELL, Cathy, « le Corps nu au nouveau monde : métaphore et cognition », le Parcours du comparant : pour une histoire littéraire des métaphores, éd. de Xavier Bonnier, Paris, Classiques Garnier (coll. « Rencontres », no 101), 556 p., p. 137-147. [2724

      Dans l'Histoire d'un voyage de J. de Léry. Image de fraîcheur et de simplicité.

2015, HATZENBERGER, Antoine, « Par-deçà et par-delà : hétérotopie du nouveau monde », l'Hétérogène dans les littératures de langue française, éd. d'Isabelle Chol et de Wafa Ghorbel, Paris, L'Harmattan, 289 p., p. 31-40. [2725

      Par-deçà, c'est l'Europe; par-delà, c'est le nouveau monde merveilleux ou monstrueux.

2015, YANDELL, Cathy, « Cannibalism and cognition in Jean de Léry's Histoire d'un voyage », Memory and community in sixteenth-century France, éd. David P. La Guardia, Farnham, Ashgate, ix-267 p., p. 187-204. [2726

2016, LESTRINGANT, Frank, Jean de Léry ou l'Invention du sauvage : essai sur l'« Histoire d'un voyage faict en la terre du Bresil », Paris, Classiques Garnier (coll. « Études et essais sur la Renaissance », no 62), 333 p. [2727

      Troisième édition. L'ouvrage a paru en 1999 (no 2160) et avait été réédité en 2005 (no 2204).

2018, CARPENTIER, Clément (coordination artistique des événements et directeur de l'orchestre symphonique), avec la prestation de Jordi Salvall, Jean de Léry, humanisme et barbarie, catalogue de l'exposition du Conservatoire de Caen, novembre 2017 - janvier 2018, également au musée des Beaux-Arts et au théâtre de Caen, 131 p. [2728

Lescarbot, Marc (5.2.36)

2006, KING, Donovan, Sinking Neptune (A dramaturgical toolbox), Montréal, Optative Theatrical Laboratories (Radical dramaturgy unit), 54 p. — Notamment « Dramaturgical analysis », p. 4-30. Suivent la traduction d'Eugene et de Renate Benson (In colonial Quebec : french-canadian drama, 1606-1966, éd. d'Anton Wagner et de Richard Plant, vol. 4, Canada's lost plays, 1982, p. 38-43) et la reproduction de l'édition critique de Bernard Émont (no 1257) [2729

2011, CHAPMAN, Sara, « Chroniques du nouveau monde : histoire des colonies françaises selon Marc Lescarbot », Lendemains de guerre civile : réconciliations et restaurations en France sous Henri IV, édition de Michel de Waele, Québec, Presses de l'Université Laval, réimp. Paris, Herman, 2015, 266 p., p. 163-191. [2730

2013, WRIGHT, Kailin, « Politicizing difference : performing (post)colonial historiography in le Théâtre de Neptune en la Nouvelle-France and Sinking Neptune », Studies in canadian literature / Études en littérature canadienne, vol. 38, no 1, p. 7-30. [2731

      Relecture critique de la pièce inaugurale de Lescarbot (1606) par le Montreal's Optative Theatrical Laboraties, Sinking Neptune, spectacle créé le 14 novembre 2006 (Optative.net). Relecture critique développée par l'auteur. Revue de presse de la performance (Dean List, the Daily New; Michael Posnet, the Globe and mail; Carolyn Sloan, NovaNewNow.com, etc., voir le site de l'OTL).

2014, PIOFFET, Marie-Christine, « Marc Lescarbot, Histoire de la Nouvelle-France (1609) », Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien : aux origines d'une tradition culturelle, éd. de Claude Corbo, Presses de l'Université de Montréal, 2014, 396 p., p. 23-34. [2732

2014, TRUE, Micah, « Strange Bedfellows : Turks, Gauls, and Amerindians in Lescarbot's Histoire de la Nouvelle-France », French Review, vol. 87, no 4, p. 139-151. [2733

2016, GERMAIN-DE FRANCESCHI, Anne-Sophie, « le Nouveau Monde à l'opéra », Romanesques, « Opéra et romanesque », éd. de Camille Guyon-Lecoq, Paris, Classiques Garnier, 221 p., p. 27-41. [2734

2016, LACHANCE, Isabelle, « Guerre, lettres et devenir historique de la Nouvelle-France dans la Défaite des Sauvages armouchiquois de Marc Lescarbot », Tangence, no 111, p. 131-142. [2735

2017, LIGNEREUX, Yann, « Une errance fondatrice aux origines de la Nouvelle-France ? les leçons d'un égarement dans l'Histoire de la Nouvelle France de Marc Lescarbot », l'Errance au XVIIe siècle, « Errances en Nouvelle-France », articles sélectionnés du 45e colloque de la North American Society for seventeenth-century french literature (Québec, 4-6 juin 2015), édition de Lucie Desjardins, de Marie-Christine Pioffet et de Roxanne Roy, Biblio 17, vol. 216, 472 p., p. 71-116, p. 73-88. [2736

      L'article se mérite bien un mauvais jeu de mot : l'errance en question est si difficile à suivre qu'on se demande, finalement, quel est le sujet de l'article.

Millet, Pierre (5.2.38 tertio)

1998, SAINT-ARNAUD, Daniel, Pierre Millet en Iroquoisie au XVIIe siècle : le sachem portait la soutane, Québec, Septentrion, 204 p. [2737

Marquette, Jacques (5.2.38>)

2019, BROUÉ, Catherine, « Sous-entendus, contradictions et silences narratifs : une relecture du récit attribué à Marquette dans Thévenot (1681) », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 72, no 4, p. 61-86. [2738

      « Relecture », vraiment ? La Narration de Marquette de son Voyage de découverte du Mississippi, avec Jolliet en 1673, a paru en 1681. Rien ne permet de changer quoi que ce soit à ces faits qui ne font aucun doute.

Note critique

      À première vue, on pourrait dire que Catherine Broué ne manque pas d'imagination, mais la lecture de cet article donnerait plutôt à penser qu'on se trouve en face d'un cas de TDAH, tellement les hypothèses aussi inutiles qu'incroyables se bousculent cul par dessus tête du début à la fin du texte époustouflant.

      Thévenot publie le récit de Marquette (exploration du Mississippi avec Jolliet en 1673), en un volume suivant de nombreux recueils du même genre, soit un nouveau Recueil de voyages (Paris, Michalet, 1681, p. 1-43, pagination indépendante, en tête du volume). Il s'agit, comme les autres, d'une publication « érudite »; si Thévenot tient cette copie des jésuites de Paris, il ne s'agit manifestement pas d'une publication « jésuite » et on ne saurait y voir autre chose qu'un bref récit de l'exploration. Il y a quelque chose de tordu à imaginer qu'il s'agisse, pour les jésuites, d'assurer leur « prérogative ultérieure sur les territoires découverts » (p. 67)..., prérogative en regard des récollets de La Salle ! Par ailleurs, C. Broué crée des hypothèses romanesques pour répondre à des questions qui ne se posent pas. De nombreux jésuites accompagneraient Jolliet et non le seul Marquette; les explorateurs seraient attendus dans les villages qu'ils visitaient; et ils en visiterait de très nombreux et non quelques-uns; le voyage se serait déroulé sur plus d'un an; les explorateurs auraient suivi sans le dire une partie du Missouri, après leur exploration de la rivière Des Moines; Jolliet n'aurait jamais fait naufrage à son retour et perdu ses journaux, avec les documents de l'expéditions; il serait même le véritable auteur de ce texte. Bref, C. Broué nous en apprend de belles, à l'occasion d'une « lecture littéraire » du document.

      Il est vraiment surprenant de voir paraître en 2019, dans la prestigieuse Revue d'histoire de l'Amérique française, un article qui ignore les conclusions de la remarquable analyse historique et littéraire de Lucien Campeau, qui date pourtant de 1991 (bg. 1124).

Morin, Marie (5.2.39)

2018, PIOFFET, Marie-Christine, « le Désastre de l'île aux OEufs vu par les Hospitalières de Québec et de Montréal », Littoral (Sept-Îles), no 13, p. 115-117. [2739

Pierron, Jean (5.2.40 tertio)

2012, FINET, Thibault, Jean Pierron (1631-1700), missionnaire, diplomate et peintre en Amérique, Université de Montréal, mémoire de maîtrise en histoire, ix-161 p. [2740

      Le missionnaire jésuite, en Nouvelle-France de 1667 à 1678, a mené son apostolat auprès des Agniers. Célèbre pour ses dessins et ses peintures, il l'est encore plus pour ses « explorations » de la Nouvelle-Angleterre, notamment pour l'avoir visitée en habits civils, ce qui nous vaut ce commentaire savoureux de son supérieur, Claude Dablon, dans sa Relation de 1674 : à Boston, « quoiqu'il fût travesti, on se doutait pourtant bien qu'il était Jésuite à cause de la science peu commune qu'il faisait paraître » ! (JR, 59: 72).

      Thibault Finet en propose une biographie fort bien documentée, dont le résultat est étonnant du point de vue des vocations et de la mission personnelle des jésuites dans la colonie française. Le mémoire édite en effet en annexe les pièces documentaires à la source du travail, dont les lettres de Pierron (qui avaient été rassemblées par le jésuite Henri Béchard en 1959). Or, c'est la première de ces lettres (p. 117-118, original latin traduit par Valérie Gamache), adressée au général Goschwin Nickel, à Rome, le 13 janvier 1662), qui présente le projet du jeune séminariste encore à ses études de théologie. Il a fait voeu de venir onze ans en mission auprès des Amérindiens... de la Nouvelle-Angleterre (avant de s'imaginer en Virginie dans sa lettre suivante ! mais le général lui ordonne de renoncer à ce second projet, comme au premier d'ailleurs). Pourtant, onze ans en mission, avec l'objectif de mener son apostolat en Nouvelle-Angleterre, c'est exactement ce qu'il fera, à peu près, sans aucun résultat, il faut dire, du point de vue du « projet » en question, puisque c'est en Nouvelle-France qu'il aura laissé sa marque. On ne connaît aucun projet personnel d'aucun autre missionnaire aussi bien réglé dans toute l'histoire des jésuites de Nouvelle-France.

2016, HARINEN, Julie, « Jean Pierron et les dernières années d'un projet "civilisateur" », Catherine Tekakwitha et la peinture missionnaire : stratégies de conversion en Nouvelle-France au XVIIe siècle, mémoire de maîtrise en histoire de l'art, Université de Montréal, 2016, x-112 p., chap. 1, p. 11-45. [2741

Radisson, Pierre-Esprit (5.2.43)

2014, CARTMILL, Constance, « Métissage rhétorique et duplicité discursive dans les relations de voyage de Pierre-Esprit Radisson », De Pierre-Esprit Radisson à Louis Riel, voyageurs et métis, éd. de Denis Combat, de Luc Côté et de Gilles Lesage, Winnipeg, Presses universitaires de Saint-Boniface, 330 p., p. 25-44. [2742

—— Le titre de la communication au colloque à l'origine de ce recueil, en 1970, était « l'Inscription de l'éloquence sauvage dans les récits de voyage de Pierre-Esprit Radisson : modalités et enjeux ».

2014, FOURNIER, Martin, « Radisson, de l'histoire au roman : pour une analyse complexe des réalités humaines », De Pierre-Esprit Radisson à Louis Riel, voyageurs et métis, éd. de Denis Combat, de Luc Côté et de Gilles Lesage, Winnipeg, Presses universitaires de Saint-Boniface, 330 p., p. 45-56. [2743

Ragueneau, Paul (5.2.44)

2016, CARSON, James Taylor, « Brébeuf was never martyred : reimagining the life and death of Canada's first saint », the Canadian historical review, vol. 97, no 2, p. 222-243. [2744

      Le surtitre de l'article est trompeur, car l'auteur ne prend nullement en considération la canonisation de Brébeuf (1930) en regard du récit inaugural de Ragueneau (1649). Et il en va de même du titre : l'article ne présente aucune réinterprétation de « la vie et la mort » du missionnaire, sinon en traduisant en anglais les réalités et les conceptions amérindiennes. Et les traductions sont forcément approximatives, à peu près comme cela se lit dans le roman de Joseph Boyden.

Note critique

      Bizarre réécriture de la « vie » et de la « mort » de Brébeuf sous les traits d'Echon, son nom huron, comme « Arbre médicinal ». L'auteur ne doit pas savoir lire le français ni maîtriser ses sources historiographiques pour écrire que « in 1988, Guy LaFlèche (sic) celebrated Brébeuf's "heureuse mort" at the hands of "quelques Infidèles", while a 1993 biography [par René Latourelle] asked whether or not Brébeuf was a "superman" » (p. 226). Triplement ridicule. D'abord, les fragments cités ne sont pas de Guy Laflèche, mais de son édition de la relation de 1649 de Paul Ragueneau ! (SMC, 3: 58-59, cité par notre savant historien p. 227, n. 5). Ensuite, cet historien ne connaît évidemment pas le compte rendu critique de Laflèche, en 1996 (!), du livre de René Latourelle (« Victime du supplice du feu au XVIIe siècle, le missionnaire Jean de Brébeuf n'est pas un martyr », bg. 684). Enfin, du point de vue historiographique, l'auteur ne fait pas la différence entre le point de vue « hagiographique » des historiens du Canada français du XIXe siècle, et jusqu'en 1950, et celui, « ethnologique », des historiens canadiens du XXe siècle, dont la caractéristique principale a été de s'ignorer mutuellement.

      La partie centrale de l'article est de l'ordre de l'affabulation d'une biographie du missionnaire en Huronie, à partir de son nom huron, dans le cadre d'une rêverie ethnologique qui tourne autour de la pensée magique des Wendats, pour conclure assez vaguement, que les missionnaires jésuites étaient des « colonisateurs », comme si, par définition, convertir n'était pas christianiser, européaniser et civiliser. En revanche, la première et la dernière partie de l'article présentent respectivement l'attaque iroquoise de Taenhatentaron, au matin du 17 mars 1649, et les supplices de Jean de Brébeuf et de Gabriel Lalemant, qui se déroulent au cours de l'après-midi (Lalemant ne mourra que le lendemain). Ces deux textes sont dignes de Joseph Boyden (the Orenda, Toronto, Hamish Hamilton, groupe Pinguin Canada, 2013), aussi bien du point de vue du contenu mythofictif que de leur style romanesque, la narration accumulant les invraisemblances, .

      Si le romancier J. Boyden nous a inventé, parmi bien d'autres fantaisies (car j'ai beaucoup apprécié les hosties empoisonnées par le missionnaire désespéré, chap. [26], « This is my body, which is for you », p. 459-462), a inventé, donc, un guerrier huron qui épouse (de sa propre autorité) sa captive iroquoise, dont il a massacré les parents, ce qui peut se justifier dans un roman populaire, J. T. Carson imagine que l'armée de « mille » guerriers « Mohawks and Senecas » (sic) comprend des femmes, des épouses et des soeurs (sic)... pour faire la cuisine ! Une armée tapageuse que les habitants du village de Taenhatentaron n'ont même pas entendu venir, ces imprudents n'ayant pas eu la bonne idée européenne de poster des sentinelles...

      En plus, ce discours est appuyé d'avalanches de « références » disparates à la toute fin de chacun des cinq premiers alinéas, et de nombreuses autres, ce qui n'a aucun sens dans un exposé scientifique. Et le discours en question est parsemé de belles reformulations en anglais de noms supposés amérindiens. Exactement comme dans le roman de Joseph Boyden.

      Et la Canadian historical review de frapper la page couverture du numéro d'une belle reproduction de la gravure de Huret sur la carte de Bressany en 1657.

2017, CLAIR, Muriel, « le Manuscrit de 1652 sur les martyrs jésuites canadiens en deçà d'une perspective hagiographique et ethnologique », Penser l'Amérique : de l'observation à l'inscription, éd. de N. Vuillemin et de T. Wien, Oxford University Studies in the Enlightenment, Voltaire Foundation, xiv-264 p., p. 43-55. [2745

      Présentation et lecture du Mémoire touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues, Anne de Nouë, Antoine Daniel, Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Noël Chabanel et un séculier, René Goupil, éd. de Paul Ragueneau, Manuscrit de 1652 (bg. 212).

      L'étude, ou plutôt la présentation générale, du Manuscrit de 1652 (comme aussi son édition manuscrite officielle, soit le Manuscrit de 1653), conduit à la conclusion qu'à l'opposé des RJNF, destinées à la publication, cet ensemble disparate n'a pas de portée hagiographique ni ethnologique; au contraire, il présenterait la réalité brute de la mort des missionnaires jésuites en Iroquoisie et en Huronie, de 1643 à 1649. C'est tout à fait juste, puisqu'il s'agit d'un amalgames de textes narratifs et de mémoires factuels donnés hors contexte. On ne trouve là rien d'homogène. Par exemple, le recueil juxtapose des extraits des RJNF et des textes qui en ont été à la source, comme le Narré de Buteux sur la Vie, le supplice et l'assassinat d'Isaac Jogues, le tout accompagné de la première partie du texte autobiographique de Jogues sur sa captivité à Ossernonon. Et il faut préciser : et cetera !

      Mais Muriel Clair fait elle-même une lecture brute de la pièce d'archives qu'elle n'évalue pas correctement. Elle imagine que le recueil aurait été réalisé pour les familles (toutes en France !), les confrères jésuites, voire la « population locale » (p. 45). Tel n'est pas le cas. Il s'agit au sens strict d'une « pièce d'archives », un ensemble documentaire destiné rigoureusement aux archives des jésuites de la Nouvelle-France, à Québec (je souligne : non pas d'une pièce qu'on garde en archives, mais qu'on produit pour y être conservée). Le recueil est édité par le supérieur Paul Ragueneau et réalise de fait l'enquête priliminaire pro domo. L'enquête épiscopale en béatification est lancée dès l'année suivante, avec le Manuscrit de 1653, comme elle sera relancée, avec le même manuscrit, en 1763. Les deux opérations ont évidemment tourné court, mais le document, original de Québec, réécrit, constituera la pièce maîtresse du procès en béatification qui se terminera positivement en 1925 (mais à ce moment, ce ne sont plus des martyrs jésuites qu'on destine à la canonisation, mais les « saints Martyrs canadiens »).

      C'est sur cette base que le recueil peut être analysé. Il n'a jamais été destiné à la lecture; on y trouve les sources principales des rédactions de Jérôme Lalemant dans sa Relation de 1647; tandis que des chapitres entiers sont arrachés des relations de Paul Ragueneau, si je puis dire; tout cela devient des « documents » destinés à enregistrer et à authentifier les portraits ou les Vies de ces missionnaires et les descriptions les plus factuelles possibles de leur mort. La pièce d'archives doit préserver la mémoire des faits et en garantir l'autenticité. Elle n'a aucune autre fonction. Il est donc naturel que Muriel Clair trouve que le document, dans son ensemble, est « illisible », sans valeur hagiographique ni ethnologique, en particulier. Il faudra attendre sa publication en 1925 pour que les historiens remettent peu à peu ces textes très divers en contexte.

2017, PASCHOUD, Adrien, « Du récit à la gravure : les missions jésuites de la Nouvelle-France à la lumière du martyrologe de Matthias Tanner », Penser l'Amérique : de l'observation à l'inscription, éd. de N. Vuillemin et de T. Wien, Oxford University Studies in the Enlightenment, Voltaire Foundation, xiv-264 p., p. 27-41. [2746

      Le titre ne correspond pas au contenu de l'article. L'auteur n'étudie nullement les missions jésuites de la colonie française, mais simplement une notice du compilateur Matthias Tanner présentant les martyres de Jean de Brébeuf et de Gabriel Lallemant, avec la gravure correspondante. Le surtitre convient encore moins, car même après lecture de l'article, on ne sait pas ce que désigne ici le mot « récit » : s'agit-il du portrait qui se dégage de la notice de Tanner ou celui qui lui viendrait du mémoire de Christophe Regnault ? L'auteur suppose en effet, de la manière la plus anachronique, que le mémoire de Regnault serait la source de la notice de Tanner et de sa gravure.

Note critique

      Manifestement, Adrien Paschoud est un lecteur de livre de poche. Cela peut suffire aux critiques littéraires. Mais dans le cas des travaux de recherche, il faut apprendre à travailler en bibliothèque. Justement, Matthias Tanner n'est pas, lui non plus, un savant chercheur, mais un « compilateur ». À la suite de nombreux autres (Alegambre et Nadasi, par exemple), il a produit une somme considérable énumérant les martyrs jésuites des origines à ses jours, un fabuleux ouvrage illustré de 550 pages (SMC, 1: 170, no 360). Il s'agit, on s'en doute, d'un ouvrage de vulgarisation populaire, dont la source principale, sur la Nouvelle-France, est le livre de Ducreux (1664, bg. 209, p. 547-555, que Tanner recopie encore textuellement). Par ailleurs, il faudrait confronter l'ouvrage aux compilations d'Alagambre et de Nadasi, et de nombreux autres, si l'on veut vraiment mener une analyse scientifique des filiations de ces compilations populaires.

      Imaginer un instant que le mémoire de Christophe Regnault puisse être une « source » de Tanner relève bien évidemment de la lecture de livres de poche, Adrien Paschoud ayant trouvé abruptement le mémoire dans la petite anthologie de Gilles Thérien (1996, bg. 206). Manifestement, il ignore tout de ce mémoire découvert en 1885, par un heureux hasard. Cela a été alors un événement considérable (SMC, 1: 166-167, nos 331-336, et 275-277) dans le développement du mythe des saints Martyrs canadiens. Or, cela a été également une avancée considérable pour l'étude littéraire de la Relation de 1649 de Paul Ragueneau, puisqu'on découvrait ainsi une source importante dans la rédaction de ce chef-d'oeuvre (SMC, 3: 107, Ts2, avec l'annotation du chap. 10, p. 171-258, qui suit pas à pas l'utilisation et souvent la réécriture de ce texte). — Je signale que la référence à SMC, 3: 190 (p. 38, n. 30) est aberrante : il s'agit manifestement d'une addition éditoriale fautive. Et pour double cause ! A. Paschoud ignore complètement cet ouvrage, c'est évident, tandis que ses éditeurs ont tenté maladroitement de faire bonne figure.

      Je pense qu'il n'y a rien à tirer de cet article, même en ce qui concerne l'analyse de l'ouvrage populaire de Tanner. Je ne vois pas trop l'intérêt d'étudier une seule des quatre notices et des quatre gravures portant sur les martyrs jésuites; je ne vois pas ce que l'on peut tirer d'un si petit corpus d'un ouvrage « monumental », sans tenir compte, je l'ai dit, de la série des ouvrages dont il fait partie (voir la bibliographie, SMC, 1: « Les livres », p. 80-227).

      Abruptement, l'auteur nous sort pour finir une page construite sur une citation de seconde main, soit la citation de Louis Hennepin par Gilbert Chinard. Nous sommes encore un peu dans l'ordre du livre de poche, si je puis dire ! La citation de G. Chinard est exacte : Hennepin, les Nouveaux Voyages (1698, bg. 119, p. 146). Sauf que ce texte n'est pas du récollet Hennepin, mais du « récollet janséniste » Valentin Leroux dans le Premier Établissement de la foi dans la Nouvelle-France (1691, bg. 133, vol. 1: 283), qui l'attribue à Joseph Le Caron, dont il invente les fameux Fragments de 1624 construits à partir de la Relation de 1634 de Paul Lejeune. Non, cet extrait incendiaire ne représente nullement la pensée des récollets, comme le dit Adrien Paschoud. Il s'agit d'une composition du janséniste anti-moliniste Valentin Leroux reprise tout innocemment par Louis Hennepin, qui n'en comprend pas la signification (cf. Marc Rochette, bg. 877).

Récollets, écrits des récollets de Nouvelle-France (5.2.44 tertio)

2004, GODDARD, Peter, « Two kinds of conversion ("medieval" and "modern") among the Hurons of New France », the Spiritual conversion of the Americas, éd. de James Muldoon, University Press of Florida, viii-273 p., p. 57-77. Voir no 2458. [2747

      On comprend tout de suite, évidemment, que la pensée médiévale est celle des récollets, tandis que les jésuites seront les modernes. Le problème qui se pose toutefois, c'est que les récollets n'ont jamais eu de mission huronne comparable à celle des jésuites. Joseph Le Caron accompagne Champlain en Huronie durant l'hiver 1615-1616. Après cette « mission exploratoire », la mission huronne des récollets est lancée en 1623; les jésuites s'y joignent en 1626; et cette mission prend fin en 1629. Au total, le personnel missionnaire récollet se résumera aux séjours de Le Caron (1623-1624), Viel (1623-1625), Sagard (1623-1624) et La Roche d'Aillon (1626-1628). Cela n'a aucune commune mesure avec la mission jésuite qui se développera sur plus de 15 ans (1635-1650) et comptera des dizaines de missionnaires. De plus, le Grand Voyage, avec son « dictionnaire » huron, et l'Histoire du Canada ne se comparent pas aux RJNF sur la Huronie (d'ailleurs très peu utilisées ici). Bref, la présentation de l'« attitude missionnaire » des récollets en Huronie, idéaliste, opposée au pragmatisme des jésuites conduit à une cascade de questions forcément sans réponse.

2009, KAUPP, Dorothée, « "Nos premiers missionnaires" : l'histoire des récollets dans les ouvrages franciscains au Canada (XIXe-XXe siècle) », Études d'histoire religieuse, vol. 75, p. 25-38. [2748

2016, HEBBINCKUYS, Nicolas, « les Échos de Marc Lescarbot dans l'oeuvre de Gabriel Sagard », Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 23-37. [2749

2017, LAFLÈCHE, Guy, « Comme les interprètes, les récollets ont baragouiné l'innu durant dix ans », Paul Lejeune, missionnaire de Nouvelle-France, le premier linguiste et grammairien de l'innu, chap. 3, « Le baragouinage », Laval, Singulier, 320 p., p. 77-105. [2750

2018, BERTHIAUME, Pierre, « Recollecta strategica : une architectonie indicale », les Récollets en Nouvelle-France : traces et mémoire, éd. de Paul-André Dubois, Québec, Presses de l'Université Laval, x-560 p., p. 299-315. [2751

      L'article étudie les textes publiés sous les noms de Gabriel Sagard (1632 et 1636) et de Chrestien Leclerc (deux en 1691), avec l'Histoire chronologique rédigée par un militaire à Québec en 1689-1690 pour Valentin Leroux. Il présente ce corpus comme des « écrits des récollets » de Nouvelle-France, comme on a des « écrits des jésuites ». Pierre Berthiaume étudie trois dénominateurs communs de ces textes : la polémique anti-jésuite, la soumission à la volonté divine et la « primauté » de l'apostolat des récollets. Ce dernier thème est une reconstruction de Valentin Leroux, le PREMIER établissement de la foi dans la Nouvelle-France (PEF), tandis que la lecture traditionnelle des publications des récollets de la colonie (toutes présupposées anti-jésuites) est toujours faite rétrospectivement à partir de cet ouvrage, le PEF donc, position qu'il partage en effet avec l'Histoire chronologique écrite pour Leroux dans cette perspective, ce qui ne correspond nullement à l'Histoire du Canada, qui n'est pas anti-jésuite, et encore moins au Grand Voyage, qui n'a rien de polémique.

      Anecdote amusante : ainsi Pierre Berthiaume en vient-il à créditer le Grand Voyage d'une pointe supposée « anti-jésuite », qu'on trouve en fait en tête de l'Histoire du Canada (p. 8), opposant les araignées, les « envieux et langues médisantes », qui n'ont dans cet ouvrage rien de particulièrement jésuites, aux abeilles récollettes (voyez l'article, p. 304).

Ribault, Jean (5.2.45 bis)

2018, HEBBINCKUYS, Nicolas, « Quelques exemples de scénographies viatiques dans trois récits fondateurs de la Nouvelle-France », sur le voyage de Verrazano, le premier voyage de Cartier et celui de Jean Ribault, Scénographie du récit de voyage et imaginaire viatique (XVIe-XVIIIe siècles), éd. d'Isabelle Bour et de Line Cottegnies, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 282 p., p. 13-37. [2752

Sagard, Gabriel Théodat (5.2.47)

2013, GOMEZ-GÉRAUD, Marie-Christine, « Entre savoir expérimental et science livresque... », cf. no 2510. [2753

2014, BEAULIEU, Alain, « Gabriel Sagard, le Grand Voyage du pays des Hurons (1632) », Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien : aux origines d'une tradition culturelle, éd. de Claude Corbo, Presses de l'Université de Montréal, 2014, 396 p., p. 65-74. [2754

2016, BROUÉ, Catherine, « le Premier Établissement de la foy, une oeuvre collective supervisée ? étude de la réécriture d'un passage de l'Histoire du Canada », Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 77-96. [2755

      Article sans aucun intérêt pour l'étude des oeuvres attribuées à Gabriel Sagard. Voir le no 2607.

2016, CÔTÉ, Sébastien, « "Du reste il nous apprend peu de choses intéressantes" : des (in)fortunes littéraires de Gabriel Sagard », Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 129-144. [2756

      Poursuit de manière très pertinente le dépouillement d'Alain Beaulieu (ci-dessus, 2014) des références aux oeuvres attribuées à Sagard dans les travaux du XVIIIe siècle (par Bayle, Locke, Lafitau, Buffon, par exemple). Prolonge également l'étude de Stéphanie Girard (2016, ci-dessous) sur la réception de ces ouvrages dans les histoires littéraires.

2016, GIRARD, Stéphanie, « Gabriel Sagard dans les histoires du Canada après la Conquête : une réception ambivalente », Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 109-128. [2757

      Bien entendu, défoncer des portes ouvertes, ce n'est pas très spectaculaire. En revanche, prouver l'évidence, qui n'avait donc pas besoin de preuve, cela peut-être gratifiant, si l'on s'adresse à des lecteurs qui n'en savent rien. Bref, les historiens jésuites, Ducreux, Charlevoix, jusqu'à Campeau (qui n'occupe pas la place qui lui revient ici) ignorent, voire dénigrent les oeuvres attribuées à Sagard; au contraire, les historiens de l'« épopée mystique », lui font une bonne place; tandis qu'il prendra la vedette chez les ethno-anthropologues, du moins avec le Grand Voyage. Tout le monde sait cela.

Note critique

      L'article commence toutefois sur deux fausses notes.

      En introduction, Stéphanie Girard parle du Premier Établissement de la foy dans la Nouvelle-France de Valentin Leroux (qu'elle attribue explicitement à Chrestien Leclercq !), ouvrage, déclare-t-elle pourtant, « dont la paternité demeure contestée » (p. 109). Contestée par qui ? C'est Serge Trudel qui a découvert que Valentin Leroux était l'auteur du PEF, dans sa thèse de 1997 (bg. 197). Guy Laflèche et S. Trudel ont ensuite consacré un essai à cette découverte spectaculaire, l'étudiant de plusieurs points de vue (études de sources, statistique lexicale, bibliographie matérielle et analyse de son inspiration rigoureusement janséniste) : Un janséniste en Nouvelle-France, en 2003 (no 2104). Depuis, personne, absolument personne, n'a contesté cette découverte extrêmement importante dans l'historiographie de la Nouvelle-France. Cette « paternité » n'a donc jamais été contestée depuis près de vingt ans; affirmer le contraire, qui n'est pas vrai, c'est soit de l'ignorance, soit de la désinformation (malveillante), ou les deux.

      Par ailleurs, contrairement à ce que laisse croire le titre de son ouvrage (Historiae Canadensis, seu Novae Franciae), Francois Ducreux n'a jamais eu l'intention de rédiger une histoire du Canada (« auteur de la première histoire de la Nouvelle-France en latin » !), ni une histoire des missions de la Nouvelle-France, mais bien une histoire de la mission jésuite dirigée à partir de Québec, qui commence en 1625. Dans sa « Préface », il dit quelques mots de la mission jésuite d'Acadie, puis de celle des récollets de Québec. « L'histoire des missions de la Nouvelle-France commence réellement pour lui en 1625, avec l'arrivée des premiers jésuites » (p. 109, n. 2). C'est faux. C'est l'histoire des missions jésuites (je souligne !) de Nouvelle-France qui commence en 1625, à Québec, ce qui est incontestable, incontestablement vrai.

2016, HEBBINCKUYS, Nicolas, « les Échos de Marc Lescarbot dans l'oeuvre de Gabriel Sagard », Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 23-37. [2758

      L'auteur ignore que les sources du Grand Voyage (mais pas de l'Histoire) ont été identifiées et étudiées par Ugo Piscopo dans sa traduction italienne commentée du Grande Viaggio nel paese degli Huroni en 1972 (bg. 71), rapprochements qui ont été plagiés et édulcorés par un assistant de recherche pour se retrouver dans l'édition de la « Bibliothèque québécoise » (1990), mais dont Jack Warwick (pourtant co-auteur, avec Réal Ouellet, de cette édition commentée) n'a tenu aucun compte dans son édition critique (1999).

      Un état présent des études de sources du Grand Voyage devrait donc tenir compte du chapitre « le Fonti dell'opera » (p. 81-93, analyse qui se poursuit au fil de l'annotation), qui caractérise la réécriture de Lescarbot par Sagard, sans compter celle de Cartier, Champlain et... Jean de Léry ! par les deux auteurs.

2016, MURVAI, Peter, « "Qui harangue le mieux est le mieux obey" : la parole "sauvage" dans l'Histoire du Canada de Sagard », Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 65-76. Cf. no 2511. [2759

2016, PARÉ, François, et Sarah Reilly, « Indices de l'enfance et de la filiation dans les écrits ethnographiques de Gabriel Sagard » (étude des chapitres 12 et 13 du Grand Voyage), Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 51-64 [2760

2016, PIOFFET, Marie-Christine, « Gabriel Sagard, l'insoumis : une archéologie d'une historiographie polémique », Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 39-50. [2761

2016, POIRIER, Guy, « Charlevoix, lecteur de Sagard », Études littéraires, « Autour de Gabriel Sagard », éd. de M.-C. Pioffet, vol. 47, no 1, p. 97-107. [2762

      Le lecteur de l'analyse ne manquera pas de s'interroger : et si les critiques de Charlevoix vis-à-vis de Sagard, et même des récollets en général, étaient justifiées ? L'auteur, lui, ne se pose jamais la question.

2018, BERRY, Lynn, « Gabriel and the hummingbird », les Récollets en Nouvelle-France : traces et mémoire, éd. de Paul-André Dubois, Québec, Presses de l'Université Laval, x-560 p., p. 239-251. [2763

2018, KELLMAN, Jordan, « Récollet Naturalism and the colonial order in seventeenth-century New France », les Récollets en Nouvelle-France : traces et mémoire, éd. de Paul-André Dubois, Québec, Presses de l'Université Laval, x-560 p., p. 225-238. [2764

      Étudie la spiritualité séculaire des franciscains, dans l'oeuvre de Hennepin, mais surtout et principalement dans le Grand Voyage de Sagard.

2018, PIOFFET, Marie-Christine, « Réécrire les mémoires des missions récollettes : l'exemple singulier de l'Histoire du Canada signée par Gabriel Sagard », les Récollets en Nouvelle-France : traces et mémoire, éd. de Paul-André Dubois, Québec, Presses de l'Université Laval, x-560 p., p. 253-166. [2765

      On lira cet article si l'on est intéressé à la personne de Marie-Christine Pioffet, qui propose encore une « critique littéraire » sur les deux oeuvres attribuées au frère Gabriel Sagard. Il ne fait pas de doute qu'il soit le rédacteur du Grand Voyage (1632), oeuvre du père Joseph Le Caron, je le répète, car on ne revient pas d'un séjour de quelques mois en Huronie avec une somme pareille, tandis qu'il faudrait une « étude littéraire » (on serait loin alors de la « critique »), notamment une étude de genèse et de rédaction, pour évaluer son éventuelle participation à la rédaction de l'Histoire du Canada (1636). Et ce rédacteur, s'il a poursuivi une ébauche de développement de Sagard, est unique, comme le montre l'uniformité dans la rédaction des additions et développements, généralement faits à partir des RJNF.

2018, GIRARD, Stéphanie, et Marie-Christine Pioffet, « Samuel de Champlain, Gabriel Sagard et les mémoires des missions récollettes en Nouvelle-France », Textes missionnaires dans l'espace francophone, éd. de Guy Poirier, vol. 2, « L'envers du décor », Québec, Presses de l'Université Laval, 196 p., p. 11-30. [2766

      Les auteures envisagent quelques passages de l'Histoire du Canada (1636), attribuée à Sagard, qui seraient des répliques à de supposés critiques de Champlain à l'égard des récollets dans sa Relation de 1632.

2019, PIOFFET, Marie-Christine (avec la collaboration de Peter Murvai), « Comment disent les Amérindiens ? Gabriel Sagard et les langues autochtones », Voix autochtones dans les écrits de la Nouvelle-France, éd. de Sandrine Tailleur, d'Émilie Urbain et de Luc Vaillancourt, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 372 p., p. 233-250. [2767

      Chapelet de commentaires insignifiants sur des vocables pris ici et là des oeuvres des récollets attribués à Sagard, le GV et l'HC.

      S'agissant de vocables hurons et montagnais, on peut s'amuser de l'ignorance commentant comme un mot huron un vocable montagnais parfaitement transparent, Ca Iscoueouacopet (p. 241) : ka, « celui-qui », iskueu, « de femme », akup, « vêtement », -et, participe présent = « qui porte un vêtement de femme », « qui porte une robe », « qui porte une soutane », « un récollet ». L'information doit être de Joseph Le Caron. Le mot est pris pour un vocable huron, de sorte que son analyse est de l'ordre de l'élucubration. Avec, en note un retour au montagnais, au sens de « je retrousse ma robe » ! Tandis que la « périphrase huronne » manifesterait le « mépris » (p. 241, toujours) des Hurons pour les récollets. Que cette bouilli pour les chats vienne le plus sérieusement du monde dans une publication de la Chaire de recherche sur la parole autochtone de l'Université du Québec à Chicoutimi prouve hors de tout doute que des linguistes des langues amérindiennes devraient y participer et qu'on devrait se méfier des « critiques littéraires » qui ont l'art d'improviser au fil de la plume.

      Par ailleurs, je ne vois pas de raison de lire de telles improvisations inspirées, toujours ici et là, des savantes analyses du spécialiste des langues iroquoïennes, Johm Steckley. Est-ce que la Chaire sur la parole amérindienne ne pourrait pas donner la parole au spécialiste sur la parole iroquoienne ?

      Pour finir, disons que ce n'est pas avec cet article qu'on comprendra que les récollets ont baragouiné les langues amérindiennes durant dix ans (no 2750, p. 78-105

Simon de Longpré, Marie-Catherine de, soeur de Saint-Augustin (5.2.47 bis)

2015, GUÉRETTE, Yves, « "Si le Seigneur ne bâtit maison" : passions et passion », comparaison des spiritualités de Marie Guyart de l'Incarnation et de Catherine Simon de Longpré de Saint-Augustin, éd. de Raymond Brodeur et de Gilles Routhier, Québec, Novalis, 355 p., p. 141-157. [2768

      Cf. no 2658.

2017, FERRARO, Alessandra, « Récits auto/biographiques de religieuses dans la littérature de la Nouvelle-France (Marie de l'Incarnation et Catherine de Saint-Augustin) », Présences, résurgences et oublis : du religieux dans les littératures française et québécoise, éd. de Gilles Dupuis, de Klaus-Dieter Ertler et d'Allesandra Ferraro, Frankfurt am Main, Peter Lang, 260 p., p. 31-44. [2769

   Voir no 2639.

Staden, Hans (5.2.48 tertio)

      Le récit de Hans Staden sur ses deux séjours au Brésil et sur sa captivité chez les Tupinambas accompagne et précède les relations de la « Nouvelle-France » du Brésil, notamment celles de Thevet et de Léry. L'impact de cette publication (et de son iconographie) a été tel qu'il est nécessaire d'en tenir compte dans la chronologie des premières relations de voyage au Brésil.

      Les études ethno-anthropologiques sur les Tupinambas (et les tribus apparentées, amies ou ennemies) sont nombreuses. Voir la bibliographie de J.-P. Duviols, no 1302 . J'enregistre ici les analyses susceptibles de se rapprocher des études littéraires (essentiellement à partir de l'article de Patricia Gravatt).

1991, NEUBER, Wolfgang, Fremde Welt in europäischen horizont : zur topik der deutschen amerika-reiseberichte des frühen neuzeit, Berlin, Schmidt. [2770

1995, MENNINGER, Annerose, Die Marcht der Augenzeugen : Neue Welt und kannibalen-mythos (1492-1600), Stuttgart, Steiner. [2771

1996, MENNINGER, Annerose, « Hans Stadens "Wahrhaftige Historia" : zur genese eines bestsellers des reiseliteratur », Geschichte in Wissenschaft und unterricht, vol. 47, no 9, p. 509-526. [2772

      « On ne s'intéresse pas ici à établir si Staden est réellement l'auteur de l'ouvrage qu'il signe. Un certain nombre de critiques pensent que [Johannes] Dryandet [1500-1560], professeur de médecine à Marbourg et auteur de la préface du livre de Staden, serait l'auteur du récit de voyage ». Voir les travaux de Neuber et de Menninger désignés ci-dessus. Note de P. Gravatt, 2008, p. 264, n. 3. Par ailleurs, A. Menninger présente un dépouillement des sources d'Hans Staden. Voir plus bas l'article de 2001.

1999, GASIOR, Bonnie, « Stereotype and religion as theorical strategies in Hans Staden'Verdadera Historia de un país de salvajes : desnudos, feroces, y caníbales », Romance Languages Annual, vol. 10, p. 595-599. [2773

2008, GRAVATT, Patricia, « les Voyages de Hans Staden au Nouveau Monde », Écrire des récits de voyage (XVIe-XVIIIe siècles) : esquisse d'une poétique en gestation, actes du colloque de York University (Toronto) organisé par M.-C. Pioffet et Catherine Broué, édition de Marie-Christine Pioffet, avec la collaboration d'Andreas Motsch, Québec, Presses de l'Université Laval, 638 p., p. 263-277. [2774

2000, WHITEHEAD, Neil L., « Hans Staden and the cultural politics of cannibalism », Hispanic American Historical Review, vol. 80, no 4, p. 721-751. [2775

      Le titre rend bien compte de l'objet de l'article, présentant le cannibalisme sous l'angle d'une pratique, voire d'une politique culturelle. Voir toutefois l'article suivant, en ce qui concerne l'évaluation de l'Histoire véritable.

2001, SCHMÖLZ-HÄBERLEIN, Michaela, et Mark Häberlein, « Hans Staden, Neil L. Whitehead, and the cultural politics of scholarly publishing », Hispanic American Historical Review, vol. 81, nos 3-4, p. 745-751. [2776

      Cette virulente critique de l'article de Neil L. Whitehead est en même temps une présentation des travaux d'A. Menninger dont l'auteur (qui prépare avec son collègue Michael Harbsmeier une nouvelle édition et une nouvelle traduction anglaise du récit de Staden) n'a tenu aucun compte, en plus de présenter Staden comme le premier écrivain sur les Tupinambas.

Thevet, André (5.2.50)

2015, HATZENBERGER, Antoine, « Par-deçà et par-delà : hétérotopie du nouveau monde », l'Hétérogène dans les littératures de langue française, éd. d'Isabelle Chol et de Wafa Ghorbel, Paris, L'Harmattan, 289 p., p. 31-40. [2777

      Par-deçà, c'est l'Europe; par-delà, c'est le nouveau monde merveilleux ou monstrueux.

2015, MASSON, Peter, « André Thevet, Pierre Belon and Americana in the embroideries of Mary Queen of Scots », Journal of the Warbury and Courtauld Institutes (London), vol. 78, p. 207-221. [2778

      Pierre Belon du Mans, l'Histoire de la nature des oyseaux, Paris, 1555; Thevet, ses Singularités, Paris, 1558... Voilà des gravures américaines qui se retrouvent dans les broderies de la reine d'Écosse ! Premier exemple illustré (p. 210-211) : le toucan, oiseau d'Amérique. « Illustration » des rapports entre la France et l'Écosse, où Thevet joue un rôle important, à travers un réseau de nombreux contacts diplomatiques.

Thiboult, Thomas (5.2.50 bis

2016 DOUTRELEPONT, Charles, « Pour une célébration mariale de 1711 : deux cantiques de jésuites sur un air d'opéra », Textes missionnaires dans l'espace francophone, vol. 1, Rencontre, réécriture, mémoire, éd. de Guy Poirier, Québec, Presses de l'Université Laval, viii-184 p., p. 55-81. [2779

Tonti, Henri de (5.2.51)

*2017, BROUÉ, Catherine, « Écriture et réécriture de l'exploration de la Louisiane : le cas des Dernières Découvertes de l'Amérique septentrionale de M. de la Sale mises au jour par le chevalier de Tonti (1687) », Odysseys/Odyssées : travel narrative in french / récits de voyage en français, éd. de Jeanne Garane, Leiden et Boston, Brill et Radopi, x-243 p., p. 42-59. [2780

      L'article impliquerait La Salle, Hennepin, Pierre Boucher, François de Callières, Charlevoix et Nicolas Denys.

Verrazzano, Giovanni da (5.2.52 bis)

2018, HEBBINCKUYS, Nicolas, « Quelques exemples de scénographies viatiques dans trois récits fondateurs de la Nouvelle-France », sur le voyage de Verrazano, le premier voyage de Cartier et celui de Jean Ribault,Scénographie du récit de voyage et imaginaire viatique (XVIe-XVIIIe siècles), éd. Isabelle Bour et Line Cottegnies, Paris, Hermann (coll. « République des lettres »), 282 p., p. 13-37. [2781

Villette, Louis de (5.2.53)

2016 DOUTRELEPONT, Charles, « Pour une célébration mariale de 1711 : deux cantiques de jésuites sur un air d'opéra », Textes missionnaires dans l'espace francophone, vol. 1, Rencontre, réécriture, mémoire, éd. de Guy Poirier, Québec, Presses de l'Université Laval, viii-184 p., p. 55-81. [2782

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