Les interventions du redoutable polémiste (nous le sommes tous) restent généralement sans réplique, malheureusement, ses victimes n'éprouvant pas le besoin qu'on mesure davantage la justesse de la critique et c'est bien dommage, cela nous permettrait de rire encore un peu, car si le polémiste est intervenu, c'est évidemment parce que ce n'était pas drôle du tout. La formule : polémique = réplique (pamphlétaire (sans réplique)).
L'éléphant de porcelaine L'arpenteuse du racisme La brouillonnologue de la CGMM Notre critique et sa poésie
Les fulminations de Dominique Deslandres, de René Latourelle et de Robert Toupin contre le « Mythe contemporain Laflèche »

Polémiques II

Guy Laflèche,
Université de Montréal

La Liste de lectures

Réplique à la mise au point de la Direction (*)

      Il y a un an que je tente de faire entendre mon point de vue sur la « Réforme » du programme en cours. On ne peut pas dire que j'ai été beaucoup écouté. Je ne vais donc pas me plaindre maintenant qu'on veuille bien discuter de cette question essentielle. J'avais même proposé à l'adjoint Gilbert David d'ouvrir pour les professeurs une liste de discussion à ce sujet essentiel de l'évaluation de notre programme.

      Bref, je suis tout heureux de reproduire la « réplique » à mon initiative par le directeur du département, Éric Méchoulan. Il n'est jamais trop tard pour entreprendre les discussions. Et, bien entendu, je réplique à sa réplique.

      J'espère que d'autres interventions s'y ajouteront.

      Mais commençons par le commencement, la « réplique » du directeur.

 

Mise au point de la Direction du département

De: Mechoulan Eric
A: Guy Lafleche
Objet: lettre
Date: 11 juin 2004 11:03

Mon cher Guy,

Voici une lettre qui a été envoyée hier aux étudiants des trois cycles. Il a semblé indispensable de mettre les choses au point avec les étudiants comme cela a été fait avec les collègues, afin d'éviter les raccourcis interprétatifs et les rumeurs possibles. Je suis sûr que tu comprendras le bien-fondé de cette lettre qui tâche d'expliquer la position du comité de 1er cycle et de l'assemblée départementale. Je crois qu'eux aussi ont droit à la parole n'est-ce pas ? Cela n'empêche personne d'être en désaccord avec cette position et de l'exprimer à titre personnel.

Cordialement, Éric


Bonjour,

Je me permets de porter à la connaissance de tous nos étudiants quelques éléments d'information sur la réforme en cours dans le programme de 1er cycle (même si elle concerne évidemment les futurs étudiants), dans la mesure où il semble que les tentatives de sondages lancées récemment par un professeur du département pourraient prêter à confusion et à malentendu.

Ce sondage est dû à une initiative personnelle et ne répond à aucun mandat de l'assemblée départementale (1). Il ne répond pas non plus à une déontologie minimale ni à une procédure rigoureuse en matière de sondage (2).

Pour ceux et celles qui ont reçu les questions de ce sondage à propos du « Programme individuel de lectures », il semblerait que l'assemblée départementale en ait voté l'abolition. L'affaire est évidemment plus complexe (3). Il s'agit d'un élément dans une réforme globale du programme et c'est, bien sûr, un non-sens de l'isoler complètement des autres mesures qui ont été prises (4).

Voici donc ce qui a été voté à notre dernière assemblée : la liste de lectures n'est en rien abolie (5), par contre les crédits qui lui étaient alloués et donc l'évaluation qui était alors indispensable (et qui était devenue si problématique) sont supprimés (6). La liste de lectures est maintenue (7) et continuera à circuler parmi nos étudiants (et même dans les cegeps), mais elle sera distribuée dans les cours obligatoires de 1e et de 2e années (8) et elle devra faire l'objet de concertation entre les professeurs responsables de ces cours (voire des cours à option de première année) pour faire en sorte que siècles et genres y soient harmonieusement répartis (9).

Pourquoi une telle mesure ? D'abord, parce qu'il a semblé préférable de faire lire les étudiants dans le cadre de cours qui puissent permettre de véritablement travailler sur les textes, plutôt que de les obliger à lire d'une manière que le temps imparti à chaque livre forçait à demeurer parfaitement superficielle (10). La technique des fiches de lecture qui a été développée pour les fins d'évaluation apparaissait de plus en plus contre-productive (11), alors qu'une lecture partagée, expliquée en fonction des modalités d'un cours et servant à des analyses approfondies de la part des étudiants paraissait beaucoup plus profitable d'un point de vue pédagogique (12). Six crédits de cours alloués à des lectures rapides (13) et à la production (ou reproduction mécanique) de fiches (14) sont moins utiles que six crédits de cours avec des lectures communes et des analyses construites et corrigées (en classe ou sur travaux) avec le contrôle continu d'un professeur (15).

Cela dit, le principe de lectures dans tous les genres et les siècles apparaissait assez important pour qu'il soit maintenu et constitue toujours une part (une part seulement) de l'identité du département. C'est pourquoi ces lectures seront coordonnées par les professeurs responsables des cours obligatoires (Introduction aux études littéraires, Études de textes, Histoire littéraire, Histoire de la langue, Questions d'histoire littéraire, Théories et méthodes critiques), voire de certains cours à option (Classicismes, Modernités) puisque ces ouvrages à lire seront désormais distribués dans ces cours (16).

Par ailleurs, en récupérant ainsi ces 6 crédits alloués jusqu'à présent au programme individuel de lectures, nous pourrons renforcer la formation dans des cours d'analyses de corpus plus ciblés. Là encore, il est plus judicieux pédagogiquement de faire deux cours (par exemple, sur le roman contemporain et le théâtre classique) avec ce que cela suppose de travaux faits en fonction d'outils d'analyse précis et d'une problématique bien circonscrite plutôt que d'avoir lu et rédigé des fiches très générales sur cinq romans et cinq pièces de théâtre (17).

Je ne m'étends pas sur le reste de la structure qui regroupe par nouveaux blocs les cours anciens ou à créer (18). Il suffit de prendre en compte cet ensemble de mesures (19) pour comprendre, d'une part (20), que le département ne renie rien de la formation qu'il proposait jusque-là et de son insistance sur le contact avec les oeuvres elles-mêmes (mais un contact pour lequel il faut donner aux étudiants plus d'outils et de moyens d'analyse qu'auparavant), d'autre part (21), que le travail en classe sur les oeuvres devrait être une meilleure invitation à lire d'autres oeuvres et, du coup, à les aborder de manière moins superficielle (22).

Si vous étiez inquiets pour vos successeurs au département, j'espère que cela vous rassurera. Bien loin de céder aux sirènes du désenchantement de la lecture, nous tâchons de donner à nos étudiants, de la façon qui nous semble la plus judicieuse, encore plus le goût de lire mais aussi les moyens pour savoir lire (23).

Cordialement,

Éric Méchoulan

Commentaires critiques

(*) Mes critiques ne s'adressent pas personnellement à mon collègue Éric Méchoulan, je tiens à le préciser même si c'est bien évident : c'est à titre de directeur du département des études françaises qu'il s'adresse ici aux étudiants de notre département et, par conséquent, son plaidoyer tente de résumer et de défendre aux mieux les arguments des professeurs qui gèrent et appuient la Réforme. À mon avis, ces arguments dont je ne fais qu'une bouchée ne sont pas bons, comme on va le voir, et ne sauraient convaincre personne, en dépit de tout le talent d'Éric Méchoulan.

(1) En effet, ni l'« Assemblée départementale », ni le « Comité » n'a procédé à aucun sondage et pas même comme moi à la moindre consultation. Je ne comprends pas pourquoi Éric Méchoulan ne m'identifie pas nommément dans sa lettre collective. Je suis le seul et unique professeur du département des études françaises présent à la dernière réunion des professeurs à s'être opposé à la suppression du cours obligatoire intitulé Programme individuel de lectures (FRA 1004). Je m'y oppose depuis août dernier (2003) et ce n'est que maintenant qu'elles sont publiques que l'on commence à s'intéresser à mes objections. Je dois toutefois les expliquer, comme on va le voir !... ce qui n'est pas tout à fait normal lorsque des gens en autorité sont déjà responsables de décisions dont ils doivent rendre compte. Car ce n'est évidemment pas une question d'autorité, de mandat ou de pouvoir, mais de compétence.

(2) Maman ! Évidemment, Éric Mechoulan, directeur du département des études françaises à l'UdeM a tous les moyens financiers de lancer de scientifiques « sondages ». Moi, comme on le sait bien, j'ai lancé une très modeste consultation.

(3) Faux. Le cours obligatoire intitulé Programme individuel de lectures, FRA 1004, a été supprimé de notre programme (du moins du projet qui doit être développé puis soumis aux autorités de la Faculté l'automne prochain).

      À quoi joue Éric Méchoulan en prétendant le contraire ? D'ailleurs, il est curieux que ceux qui sont responsables de la suppression du cours prétendent... qu'il n'est pas supprimé ! On va le voir à l'instant, car la logique ne leur pardonnera rien.

(4) « Un non sens de dire que ». « Isoler quelque chose ».

      Je pense bien qu'il s'agit de la suppression du cours FRA 1004 intitulé Programme individuel de lectures.

(5) On parle, nous, du Programme individuel de lectures, le cours FRA 1004 aboli (tout bibelot...). Le directeur veut peut-être et même sûrement dire que si le cours est aboli, la Liste... Le cours est supprimé et, forcément, son contenu aussi, jusqu'à preuve du contraire, contraire qu'entreprend de nous démontrer Éric Méchoulan...

(6) Je ne pense pas que vous compreniez facilement ce que veut dire le directeur. Il veut dire que le cours FRA 1004 est supprimé, parce que son évaluation était « problématique », mais pas le contenu du cours, c'est-à-dire la Liste de lectures. Miracle !

(7) Maman ! La bibliographie existe toujours... On pourra même la consulter dans les collèges. Il s'agit, si nous comprenons bien, de lire une liste, une bibliographie. — Mai 2012 : le guide de lecture n'a jamais circulé nulle part ni d'aucune manière au département depuis la suppression du Programme de lectures en 2005. En revanche, s'il ne « guide » plus nos étudiants, on peut le consulter dans le présent répertoire, dans sa dernière version (2000).

(8) Pour tous ceux qui connaissent le programme du département des études françaises de l'UdeM, il y a là comme une absurdité d'un haut comique. Je signale à tout hasard que le projet de réforme maintient les cours FRA 2000 et 2001, qui correspondent à un autre programme de lectures, une autre liste de lectures, celle des ouvrages critiques en deuxième année... Et, bien entendu, j'ai déjà expliqué ce que tous les étudiants de l'UdeM savent parfaitement bien : notre Programme individuel de lectures fait partie d'un ensemble de cours totalisant pas moins de 18 crédits de cours obligatoires qui intègrent la lecture des quatre-vingt (80) oeuvres du programme, de sorte qu'en supprimant le temps de lecture du Programme de lectures de 6 crédits, correspondant à environ dix heures de lecture par semaine, on ne peut pas compter le récupérer (le nombre d'oeuvres à lire dans un cours est évidemment compté et ce nombre ne dépasse généralement pas huit livres, maximum). Il n'est pas nécessaire d'être très intelligent pour comprendre les règles de la logique comptant les heures, les heures de lecture. Donc, encore une fois, l'exclamation ébahie devant la logique directoriale : maman !

(9) Maman ! Je m'excuse, mais il me semble que l'on doit tout savoir de cette « proposition » avant d'adopter la suppression du Programme de lectures, vous ne trouvez pas ? On veut donc absolument savoir où, quand et comment les quatre-vingt oeuvres du Programme individuel de lectures seront réparties entre quels cours, quelles oeuvres et comment l'évaluation se fera. La logique veut, la salope, qu'on ne puisse pas approuver la suppression du Programme individuel de lectures AVANT de savoir comment par magie les intentions du directeur prendront forme. Ce n'est pas compliqué : il nous faut la liste des cours et des ouvrages qui y seront distribués (plus loin, la note (16) pose concrètement le problème). Cela commence par la réponse à la question suivante : combien de cours et combien d'oeuvres par cours ? Ensuite, on en veut la liste. Entre nous, la logique n'est pas si écoeurante que cela. Elle demande seulement qu'on la respecte un petit peu.

(10) Vous ne voulez pas mon avis, j'espère ? Franchement... Il s'agit d'abolir un Programme INDIVIDUEL de lectures parce qu'il n'est pas COLLECTIF ? Je ne comprends pas bien. Tout le monde doit lire de la même manière ? Le défaut du programme est d'être individuel ? — La lecture, si je ne me trompe pas, est bien la seule chose qui ne s'enseigne ni ne se contrôle à l'université. C'est tout ce qu'il y a d'individuel. Prenons mon exemple favori, les Poésies de Stéphane Mallarmé. Notre Programme individuel de lectures implique que le petit ouvrage se trouve durant une semaine environ sur la table de travail de l'étudiant. Il faudrait supprimer le Programme parce qu'il est impossible d'en faire une « lecture approfondie » ? Il faut, je pense, être vraiment rare pour lancer un tel argument... Oui, bon, vous ne vouliez pas mon avis, espérais-je.

(11) C'est quoi le bozz ? Personnellement, je m'en fiche des fiches. Mais je constate, je dois le dire honnêtement, que ce n'est pas le cas de la très grande majorité des répondants. Au contraire, la consultation m'a appris que ceux qui ont suivi le FRA 1004, doublé du FRA 2001, sont très largement d'accord avec cette « méthode » de travail.

(12) Rien de cela ne saurait être l'objectif du Programme individuel de lectures, notre cours FRA 1004. Vous avez un programme de lectures et vous l'abolissez car vous ne voulez pas de programme de lectures. Vous dites donc que le programme de lectures n'a absolument aucune chance de déboucher sur « des analyses approfondies de la part des étudiants » et que n'importe quel autre cours (et pour cause, puisqu'il s'agit de l'abolir !) sera « beaucoup plus profitable d'un point de vue pédagogique ». Puis-je encore m'écrier : maman !

(13) On n'a plus le droit de lire rapidement ? Et on ne peut plus lire à son rythme ?

(14) On sait maintenant que le sous-entendu est ici inacceptable. Il consiste à argumenter que des étudiants de notre département ont littéralement copié leurs « fiches » et volé les six crédits du Programme de lectures. Il y a là de graves accusations jusqu'ici sans fondement aucun. Pire encore si, comme moi, on se fiche des fiches...

(15) Voilà enfin exprimé clairement l'objectif de la suppression du Programme individuel de lectures. Il s'agit en effet d'enlever aux étudiants leur liberté de lecteur, de contrôler leurs lectures, d'être de bons policiers de la culture. Hors de question de laisser les étudiants lire. Lire, c'est-à-dire se constituer librement, hors de toute influence indue, leur culture littéraire personnelle, sous la conduite des plus grands professeurs qu'on trouvera jamais, les écrivains.

(16) Mathématique : mais d'où le directeur sort-il tous ces cours ? « [1] Introduction aux études littéraires, [2] Études de textes, [3] Histoire littéraire, [4] Histoire de la langue, [5] Questions d'histoire littéraire, [6] Théories et méthodes critiques, voire de certains cours à option, [7] Classicismes, [8] Modernités ». Cela fait huit (8) cours pour un corpus de 80 oeuvres. Mais c'est évidemment trop beau pour être vrai ! C'est même une très peu sérieuse entourloupette. En effet, le dernier cours de l'énumération, en [6], est le programme de lectures critiques de deuxième année ! En plus, il y a dans cette énumération des cours de première et de deuxième années, des cours obligatoires et des cours à option (c'est le « voire » de l'entortillement qui ajoute des cours que tous les étudiants ne suivent pas !). Ce n'est pas sérieux.

      J'aimerais savoir comment les oeuvres obligatoires seront choisies, exploitées et les lectures évaluées dans le cours d'Introduction aux études littéraires que j'ai souvent donné.

      C'est une question simple. La réponse ne l'est pas pour la bonne raison que cela n'a jamais été ni pensé ni programmé, ni même envisagé. Franchement, Classicismes (FRA 1301) et Modernité (FRA 1302), deux cours au choix dans un ensemble d'une quinzaine vont maintenant compter parmi les cours se partageant les oeuvres du programme de lectures ? Je ne comprends pas. D'autant moins que le directeur est censé nous exposer ce que son Comité des études a mis un an à tripatouiller pour justifier ce qu'il est en train de nous « expliquer », la non-abolition de la Liste de lectures survivant au Programme individuel de lectures. Pour vous dire. L'arithmétique, c'est encore plus sot que la logique.

      Donc (car c'est en fait ce que devrait savoir le directeur), quatre cours de première année qui accompagnaient la « Liste de lectures » vont maintenant l'intégrer ? Allons-y ! Douze crédits égaleront dix-huit. Et ce ne sera plus superficiel...

(17) Vous avez tous compris, évidemment. Deux cours valent mieux qu'un Programme individuel de lectures. Logique, mathématique... Je pensais que cette proposition était précisément l'objet de la démonstration. Relisez ce superbe alinéa. En tout cas, il ne s'appliquera jamais à mes cours... si vous n'avez pas d'abord suivi le Programme individuel de lectures.

(18) Cela et tout ce qui suit n'a malheureusement absolument aucun sens ni fondement. Et c'est justement le problème : on a aboli le Programme individuel de lectures et approuvé un ensemble de cours obligatoires sans rien connaître de ce qui sera ou pourra ensuite être proposé par la Comité. Il n'y a actuellement aucun programme de quelque forme que ce soit qui ait l'appui des professeurs du département des études françaises de l'Université de Montréal. Et je vous signale à tout hasard que le pouvoir d'adopter ce programme le département le détient en vertu des Statuts de l'Université de Montréal qui est une loi de l'Assemblée nationale du Québec. Je ne pense donc pas que monsieur Éric Méchoulan ait ici quelque droit que ce soit. Pour l'instant, lui et son comité ont fait approuver l'abolition du Programme individuel de lectures par l'Assemblée du département des études françaises en vue d'une prochaine Réforme du programme des cours. Rien de plus.

(19) Aucun « ensemble de mesures » n'existe ni n'est même proposé encore. Tout au contraire, le programme de cours actuel est construit sur le Programme individuel de lectures. L'abolition de ce programme n'annonce nullement une « réforme », c'est le bon sens qui le dit.

(20) Ce « d'une part » est manifestement de l'ordre du sermon. Il s'agit, je le rappelle, de défendre la soustraction de notre curriculum du Programme individuel de lectures. La suppression ne supprimerait rien, si l'on comprend bien ce « d'une part ». « D'une part, rien n'est supprimé »... D'autre part, le Programme individuel de lectures est maintenu, car les étudiants liront mieux en lisant moins et donc plus ! Il faut bien s'amuser un peu, puisque c'est ce que nous dit en fait toute la lettre d'Éric Méchoulan.

(21) Comme je le dis dans ma note précédente, ce « d'autre part » est toujours du même côté que le « d'une part », ajoutant que les cours qui vont remplacer le programme de lectures vont faire lire. Plus et mieux que le Programme individuel de lectures. Et nous retrouvons la faute de logique qui veut qu'un cours soit un cours, un programme un programme et donc que deux cours (de 3 crédits) valent mieux qu'un programme (de 6 crédits).

(22) Voyez plus haut la remarque (10) sur cette idée un peu saugrenue que la lecture des oeuvres dans le cadre d'un Programme individuel de lectures soit superficielle ! et qu'il faille donc le remplacer par des cours, où la lecture, là, n'est pas superficielle. Rappelons la logique, ce n'est jamais inutile. Un Programme de lectures impliquant quatre-vingts oeuvres, cela correspond souvent, évidemment, à des lectures « superficielles ». Il s'agit de premières lectures d'oeuvres plus ou moins difficiles. Cela consiste tout simplement à prendre un premier contact avec un vaste corpus littéraire. Si l'on milite pour son abolition, le bon sens le plus élémentaire dit qu'on ne le justifiera pas par les cours qu'on veut lui substituer, par exemple les « connaissances approfondies » que peut donner à ses étudiants un professeur dans deux de ses cours. Comme on dit, la question n'est pas là. Ce n'est pas moi, je le rappelle, c'est la logique qui le dit.

(23) ...Mais plus le temps de lire.


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